MENU
Accueil
Écouter le direct
The Defiant Ones (photo : HBO)
The Defiant Ones (photo : HBO)

Netflix & Chill, version rap

Cela fait maintenant plusieurs années que la plateforme de streaming produit et diffuse des programmes en rapport direct avec l’univers du rap. Petit guide qui peut servir pendant cette période de confinement.

Hip-Hop Evolution

Série documentaire de (pour l’instant) quatre saisons de quatre épisodes, Hip-Hop Evolution, repose sur un mélange d’images d’archives triées sur le volet (on a droit à pas mal de perles et de raretés) et d’interviews d’activistes qui partagent leurs souvenirs. Pour le coup on remonte aux origines, jusqu’aux années 70, pour arriver jusqu’à l’époque contemporaine. On peut retrouver des pionniers comme Run DMC, Melle Mel, Chuck D (Public Enemy), Ice-T, Ice Cube, Rakim, LL Cool J, 2 Live Crew, Too Short, Three Six Mafia et bien d’autres. Le but est de mettre en perspective l’hégémonie actuelle de cette musique avec ses balbutiements, quand rien de tout ça n’était évident, depuis la façon de mixer et scratcher, jusqu’aux lyrics jugés trop explicites.

Rapture

Produit par Nas via son média Mass Appeal, Rapture est à nouveau réalisé par Sasha Jenkins et cette fois le parti pris est basique : chaque épisode se concentre sur un rappeur en particulier, dans le but d’obtenir à la fin une vision d’ensemble de toutes les facettes de cette musique et son succès à travers les époques. On retrouve ainsi des profils assez variés : Logic, T.I, Rapsody, Nas et Dave East, G-Eazy, Just Blaze, 2 Chainz ou encore A Boogie Wit Da Hoodie. Tous se livrent gentiment même si la série n’a pas forcément le temps d’approfondir le cas de chacun.

The Defiant Ones

Le principe de la série documentaire The Defiant Ones (à la base conçue par HBO) est simple : rappeler qu’à la base, tout était très loin d’être gagné pour les deux piliers de l’industrie que sont Dr. Dre et le producteur Jimmy Iovine. Même si c’est moins évident de l’imaginer maintenant, la rencontre entre Iovine et Dre correspond à une période où tout le monde doutait du bon docteur : l’image du gangsta rap était un frein, artistiquement il commençait à douter, et vu son passif avec Death Row, il fallait tout reconstruire à partir de rien. Outre les deux principaux intéressés, on retrouve bien évidemment Eminem, Snoop Dogg et bien d’autres qui ont fait un bout de chemin avec le label Aftermath.

Coach Snoop

Le plus improbable du lot, mais si vous êtes fan du bonhomme ça vaut le coup d’oeil. Vous avez déjà connu Snoop rappeur, Snoop producteur de porno, Snoop acteur, Snoop rasta, eh bien désormais voici Snoop entraîneur d’une équipe de football US. En fait, le rappeur a fondé en 2005 une ligue de foot pour jeunes à problèmes. Le but est de les canaliser et de leur éviter de tomber dans les pièges et les tentations de la vie de rue. La série suit donc Snoop en tant que narrateur mais aussi quelques gosses au quotidien plus que difficile et leur épanouissement via le sport.

The Get Down

Baz Luhrmann, Grandmaster Flash et Nas : un trio assez étonnant à l’origine d’une série désormais annulée par Netflix. Le réalisateur australien s’est adjoint les services des deux rappeurs pour être sûr de ne pas dévier de son sujet et toujours rester fidèle à la réalité. Le résultat est The Get Down, série qui dépeint le Bronx des années 70, autrement dit le berceau du hiphop, quand personne ne pouvait encore imaginer ce qui allait arriver ensuite. En adoptant le regard d’un personnage fictif qui va être amené à croiser des figures historiques, The Get Down a fait le choix classique de raconter la grande Histoire par le biais de la petite. Malheureusement le résultat n’a pas suffisamment convaincu.

Roxanne, Roxanne

C’était un biopic que certains n’avaient pas vu venir. Produit par Pharell Williams, Roxanne, Roxanne nous dépeint la vie de Roxanne Shanté, une légende du rap New Yorkais. En effet la jeune femme est tout bonnement devenue une star dès ses 14 ans avec le morceau Roxanne’s Revenge, qui était une réponse au morceau Roxanne, Roxanne, du groupe U.T.F.O. S’en est suivi un gros succès et d’autres affrontements via micro interposé.

Fresh Dressed

Fresh Dressed ne s’intéresse pas directement à la musique mais à l’évolution de la mode dans le rap. Comme chacun sait, le style devait toujours se décliner visuellement, au point qu’on peut presque dire que la culture hiphop englobe un peu les vêtements. Le documentaire de Sacha Jenkins, au travers des commentaires d’artistes et d’icônes mais aussi de créateurs de mode (Pharrell Williams, Damon Dash, André Leon Talley, Marc Ecko, Nas, Kanye West…), démontre à quel point la mode a fait partie intégrante du mouvement, à quel point elle a changé au fil du temps. Cela permet également de comprendre certaines transformations progressives, comme l’attrait des marques de luxe qui semblait pourtant impensable il fut un temps.

Unsolved : The Murders of Tupac & The Notorious BIG

A l'origine développée pour USA Network, la série diffusée par Netflix France revient sur le meurtre non résolu de The Notorious B.I.G. en 1997 (et par conséquent sur celui de 2Pac qui l'a précédé) et la réouverture de l'enquête en 2006 suite à la plainte déposée parla mère de Biggie contre la police de Los Angeles. La série prend un angle pertinent en se concentrant sur le détective Russell Poole. Elle s'avère solide, plutôt bien jouée  et parvient à mélanger différentes timelines et à aborder toutes les théories sans qu'on s'y perde, ce qui est un petit exploit. Seul hic, on n'entend pas les musiques originales des artistes mais ce n'est finalement pas l'essentiel.

Luke Cage

Bien qu’étant avant tout une série Marvel, Luke Cage fait la part belle au rap, en nommant tous ses épisodes d’après la discographie de Gang Starr pour la saison 1 puis Pete Rock et CL Smooth pour la saison 2. Il faut ensuite ajouter la B.O composée par Ali Shaheed Muhammad du groupe A Tribe Called Quest, sans oublier les guests : Method Man, Raphael Saadiq, Charles Bradley, Jidenna, Faith Evans et Rakim qui lâche carrément un inédit pour l’occasion.

Le gros inconvénient c’est qu’avant de pouvoir commencer à apprécier tous ces aspects, il faut quand même se taper une série au rabais avec des intrigues pour enfant et une direction d’acteurs assez cheap. C’est balot.

Stretch and Bobbito: Radio that changed lives

Là c’est la catégorie Devoir de mémoire : Stretch Armstrong et Bobbito Garcia sont des animateurs incontournables de l’histoire du rap des 90’s. Tout le rap game de l’époque est venu poser un freestyle de légende dans leur émission de radio, élue depuis meilleure émission hip-hop de tous les temps par le magazine The Source. Pour le coup l’ambiance est à l’oeil dans le rétro. Le documentaire est plus un recueil de souvenirs émus qu’autre chose… Mais quels souvenirs ! JayZ, Fat Joe, Nas, Busta Rhymes, Common ou encore Raekwon ont répondu à l’invitation et se replongent dans l’ambiance de l’époque, leurs ambitions, l’importance d’aller précisément poser son ou ses couplets les plus chauds à cette émission en particulier, ce que ça leur a apporté, etc.

The After party

On finit sur une note plus légère. The After Party est un film de fiction, où l’on suit le parcours initiatique d’un jeune homme qui veut devenir une star du rap. Il a la chance de faire un petit live où tout le monde est séduit par son talent sauf que, le stress et la weed ne faisant pas bon ménage, il gâche tout en vomissant. Sur Wiz Khalifa. Devant une vingtaine de smartphones qui filment. Abattu, il se laisse convaincre par son pote-wannabe-manager de s’incruster à une after party où le gratin du rap se trouve, pour retenter sa chance et décrocher un contrat. Vous l’aurez compris on est dans de la comédie pure, mais c’est l’occasion de retrouver de vrais artistes en guest dans leur propre rôle : Wiz Khalifa, DJ Khaled, French Montana, Desiigner, Jadakiss, Pusha T et Teyana Taylor.

Bonus : American Vandal

American Vandal est un mockumentary, un faux-documentaire parodique, qui suit Sam et Peter, des lycéens en train de mener une enquête pour savoir qui a dessiné des pénis sur les voitures des professeurs, afin d’innocenter Dylan, le coupable désigné d’office par l’établissement.

Là vous allez dire « gneugneugneu ça n’a aucun rapport avec le hiphop » mais c’est faux, à un moment il y a une soirée et les jeunes écoutent du rap. Alors foncez, c’est très drôle et beaucoup moins chiant que la majorité des programmes de la liste.

Maintenant la grande question que certains aficionados français se posent c’est : à quand la même chose avec la scène française ?