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"Mental" : la série nécessaire et juste sur les troubles psychiques des ados
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"Mental" : la série nécessaire et juste sur les troubles psychiques des ados

La nouvelle pépite de France Tv Slash a débuté vendredi avec les deux premiers épisodes disponibles sur la plateforme et sur Youtube. Entretien avec le réalisateur de la série Slimane-Baptiste Berhoun.

Mouv : Mental c'est d'abord un pitch très original, est-ce que tu peux nous raconter l'histoire de la série ? 

Slimane : C’est l’histoire de quatre adolescents atteints de troubles psychiques qui sont en unité de soin de pédopsychiatrie. La série commence avec l’arrivée de Marvin, un jeune délinquant qui ne sait pas ce qu’il fait là, et au fur et à mesure il va se rendre compte qu’il y a plein de gens en souffrance autour de lui et que celle-ci va les réunir. C’est leur point faible mais aussi leur super-pouvoir cette souffrance !

Comment tu la définirais dans le genre ? On la qualifie de “série pour ado” mais c’est vraiment le terme ?

Je dirais que c’est une série pour ado mais pas que. Evidemment elle s’adresse en priorité aux ados car le but de la série est avant tout de décomplexer la parole et de se dire que ce n’est pas grave d’aller mal parce qu’il y a des solutions qui existent… Et que l’on est surtout pas seul, et qu’on peut en parler. Mais c’est aussi une série qui parle aux parents, on s’en est d’ailleurs aperçu en projection. Mais en fait, l’attachement qu’on a pour ces quatre personnages transcende l'âge qu’ils ont. 

En tant que réalisateur, comment as-tu appréhendé le tournage  ? 

J’ai vraiment souhaité y apporter de la légèreté et de la comédie. Pour moi il y avait tout à fait la place pour ça dans cette série, car ce sont des ados malades certes, mais c’est aussi des jeunes qui font les quatre cent coups et des conneries ! Et c’est aussi ça qu’on a envie de voir car c’est la réalité de la vie. J’avais donc envie qu’on ressente ce fun, sans pour autant qu’il court-circuite le drame, la justesse et la vérité du propos. 

En parlant de vérité, vous avez d’ailleurs travaillé avec de vrais pédopsychiatres pour la série ?

Oui, ça a d’abord été un travail des scénaristes Marine Maugrain-Legagneur et Victor Lockwood qui ont rencontré deux pédopsychiatres. Ils sont allés en unité de pédopsychiatrie pour voir les soignants et récolter beaucoup d’informations. Il y a eu tout un travail de documentation et des échanges avec les pédopsychiatres sur le scénario. Moi-même j’y suis aussi allé pour assister à une réunion de service et voir comment ça se passe, comment ils parlent des patients. Et pour finir les pédopsychiatres sont venus une fois qu’on avait fini le casting, pour faire une lecture avec les comédiens qui ont donc pu s’appuyer sur une vraie expertise professionnelle. 

C’était quelque chose de nécessaire pour la série ?

Totalement, c’était même indispensable parce qu’il y a tellement de bêtises qui peuvent être dites sur le sujet. Ça aurait été totalement contre productif et insultant pour les personnes concernées de dépeindre une réalité qui n’est pas la leur surtout en terme de personnage et de pathologie. On a pris des libertés c’est sur car on reste une fiction comme par exemple le fait que le personnel soignant tutoie les jeunes dans la série alors qu’il les vouvoie dans la réalité. On l’a fait pour avoir une chaleur qu’on avait envie de montrer, pareil pour l’institut qui est beaucoup moins glauque que ceux qui existent réellement. Mais sur le fond du propos, le maître mot c’était la justesse. 

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Les acteurs d’ailleurs sont hyper bons, très touchants et justes. Le casting a été long ?

Très ! En fait on essayait de résoudre une équation très difficile qui était : il nous faut des gens très jeunes mais avec de l’expérience parce qu’on va leur demander de tourner plus de 10 séquences par jour dans n’importe quel ordre. Et pour ça forcément il faut être très pros, très concentrés tout en ayant de la fraîcheur et du professionnalisme. C’est donc des profils hyper particuliers 

Le format dit de “web série” que l’on voit de plus en plus émerger, par exemple avec l’autre série de FranceTv Slash SKAM, c’est le renouveau de la série pour les ados ?

Déjà je n’aime pas le terme de “web série” car il donne une fausse image de l’ambition et de la qualité du programme, une vision low-cost voire parfois amateur. On a fait une série qui est l’équivalent d’une production OCS en terme de temps de tournage, de budget etc… On est vraiment sur de la série digitale et ça apporte une autre ambition, une liberté de ton en terme de transgression par rapport à ce qui peut être fait à l’antenne. Et c’est surtout la ligne édito de Slash qui fabrique des fictions nouvelles, plus modernes et qui s’adressent à un public connecté. 

Une saison 2 est déjà prévue ?

C’est un peu tôt pour en parler, ce qui est sûr c’est que pour le moment les indicateurs sont plutôt au vert étant donné que les retours sont très bons ! Mais on est qu’au tout début donc on va attendre la décision qui appartient à France télé !

Mental, tous les vendredis à partir de 18h sur Youtube et  France TV Slash