MENU
Accueil
"Lost in Traplanta" : rencontre avec le réalisateur de la série qui recherche Outkast à Atlanta
Écouter le direct
Lost in Traplanta
Lost in Traplanta

"Lost in Traplanta" : rencontre avec le réalisateur de la série qui recherche Outkast à Atlanta

Larry vient de se faire larguer par sa copine et doit reformer Outkast pour la récupérer. Il part donc à la recherche du groupe à Atlanta, en rencontrant tous les acteurs de la scène musicale de la ville. Un pitch atypique pour une série géniale. Entretien avec Mathieu Rochet le réalisateur.

Mouv' : Comment tu définirais le concept de ta série ? 

Mathieu Rochet : J’ai essayé de reprendre la formule de Borat (Avec Sacha Baron Cohen) et de l’appliquer au hip-hop, car Borat en plus d’être une comédie c’est un super documentaire sur l’âme américaine, sur l’hospitalité des gens, leur patience mais aussi sur leur racisme et l’hostilité. J’ai voulu donc l’appliquer à la ville d’Atlanta et confronter les gens à quelqu’un d’assez naïf, un peu à côté de la plaque comme Larry (joué par l’humoriste belge Kody), le français qui débarque et qui n'y connait rien. Et petit à petit, il commence à s'intéresser, à comprendre, jusqu’à la fin où il se noie un peu dedans. 

Et tout s’est bien passé avec les personnes que vous avez rencontré ? Ils savaient que c’était mi-fiction mi-doc ? 

Sur 10 épisodes, il doit y avoir 3 rencontres par épisode et l’immense majorité n’était pas au courant, pour avoir des vraies réactions fraîches. On devait complètement les préserver du dispositif et on leur disait que c’était juste une interview. Et puis Kody arrivait, il faisait tomber des trucs et les gars se disaient “Bah normal c’est un français, il est chelou !. Il y avait deux trois personnes dans la confidence pour faire des scènes un peu plus relevées que d’autres, mais il y en a qui le faisait même sans savoir. J’avais juste envie de faire quelque chose d'immersif avec quelqu’un de drôle et de touchant. 

Vous les avez choisi en amont les intervenants ?

Je suis parti du principe que c’était pas qui on allait voir, mais plutôt quel type de personne. J’avais besoin d’un jeune producteur de trap, puis un ancien, un crackhead etc… Et puis à Atlanta les choses bougent vachement vite, on sait quasiment jamais avec qui on va tourner le lendemain. En fait, on était dans un van et on a sillonné la ville à fond la caisse pendant 2 semaines !

Comment t’as trouvé Kody, qui joue Larry ?

J’ai mis plus d’un an de casting ! C’était le plus dur à trouver car je voulais un comédien à la fois drôle, qui parle anglais, qui sache faire des interviews. Et puis je regardais des bêtisiers sur YouTube et là je tombe sur Kody qui imitait Jean Claude Van Damme, et je l’ai trouvé dingue ! 

Lost in Traplanta
Lost in Traplanta

Et pourquoi Outkast ?

Atlanta sans parler d’Outkast c’est impossible. C’est eux qui ont mis Atlanta sur la carte du rap, car à l’époque il n’y avait que New York ou Los Angeles. Il y avait des rappeurs qui avaient des succès régionaux, et grâce à Outkast ils ont eu un écho national et international. C’est vraiment à partir de 2005 et avec tous les succès du duo qu’Atlanta est devenue la ville numéro 1 du rap et aujourd’hui la terre entière fait la trap d’Atlanta. 

Il y a vraiment une nouvelle génération de rappeurs qui viennent de là-bas.

Totalement c’est assez dingue. Entre Future qui est devenu une référence, les Migos qui ont tous leur propre flow, Gucci Mane qui est dans son monde… On a vraiment l’impression que c’est là-bas que tout se fait maintenant, plus du tout à New-York. 

Et vous les avez trouvé les membres d’Outkast ? 

Je vais pas spoiler mais pour la petite anecdote : la trame de la série c’est donc de chercher Outkast (Andre 3000 et Bigboi), et le premier jour de tournage je vais aux toilettes, et là je croise direct Bigboi ! 

C’est quoi l’ambiance dans la ville d’Atlanta ?

Il y a une effervescence qui est dingue là bas ! Beaucoup de gens déménagent dans cette ville maintenant car la ville est super étendue, les loyers coûtent rien, et beaucoup d’afro-américains y viennent aussi pour l’éducation parce qu’il y a toutes les premières facultés noires américaines là-bas. Et évidemment la musique attire aussi, tous les soirs de la semaine il y a des soirées de dingue avec 2000 personnes pour écouter du son, même le dimanche ! C’est 24h/24 et 7 jours/7. Quand t’aimes bien le rap c’est vraiment la ville à aller voir. 

Pour regarder les épisodes, c'est ici !