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Les super-anti-héros : focus sur les meilleurs phénomènes
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Watchmen (Photo : DC Comics)
Watchmen (Photo : DC Comics)

Les super-anti-héros : focus sur les meilleurs phénomènes

Quand les super-héros ont des défauts voire sont des enfoirés finis, ça donne souvent des résultats surprenants. Suivez le guide.

Si le genre super-héroïque est à la mode, il engendre régulièrement des vilains petits canards (coucou Howard). Plus précisément ils essaient avec plus ou moins de succès de détourner les codes mis en place par les personnages sans peur et sans reproche pour en offrir une version complètement déglinguée. Cela peut donner des œuvres plus sombres et moralement ambiguës, des tonalités carrément tristes ou au contraire des parodies assumées. Petit tour du phénomène.

Watchmen

Supports : comics, film, série

Leur histoire : à la base les Watchmen sont écrits comme une critique de fond des superhéros classiques. Ils ont donc tous les travers qui accompagnent le pouvoir exercé par des mégalos.

En quoi ce sont des super-anti-héros : Certains sont imbus d’eux-même, d’autres complètement cinglés, d’autres encore ont des méthodes de fachos, d’autres méprisent le reste du monde sans parler des maniaques sexuels et des meurtriers en puissance. Attention, il y a également des « bons » parmi eux, mais toujours dans la nuance.

Verdict ? Il est toujours délicat d’adapter une œuvre d’Alan Moore, du coup Zack Snyder en a tiré un film visuellement très soigné mais qui passe à côté du propos. A l’inverse la série HBO a fait le choix de situer son intrigue dans le même univers que l’oeuvre d’origine, mais 30 ans plus tard. Cela leur permet d’assumer certaines libertés et d’aborder des problématiques encore plus actuelles.

The Boys

Supports : comics, série

Leur histoire : dans ce monde les « superhéros » bossent tous pour une agence qui leur permet de vivre au-dessus des lois et d’échapper à toutes les conséquences de leurs actes, quels qu’ils soient.

En quoi ce sont des super-anti-héros : bien qu’il leur arrive de sauver des gens, ils n’ont plus rien d’héroïque, comptent dans leur rang des drogués, des violeurs, et sont littéralement tous des assassins au service d’une société privée.

Verdict ? En fait les comics de base sont assez hardcores. Parfois juste pour le plaisir de l’être, comme une sympathique scène où le héros fait un cunnilingus à sa copine alors qu’elle a ses règles, parfois pour bien montrer la cruauté des personnages (viol collectif, etc). La série est donc édulcorée, un peu entre les deux.

Le Punisher

Supports : comics, films, séries

Son histoire : Frank Castle a décidé de se faire justice lui-même suite au meurtre de toute sa petite famille par des vilains pas beaux. Étant déjà un soldat surentraîné, il décide tout simplement d’exécuter tous les criminels qu’il rencontre.

En quoi c’est un super-anti-héros : Techniquement le Punisher appartient au monde des superhéros Marvel mais c’est plutôt un vigilante dont les méthodes sont condamnées par la plupart des autres personnages. Ce qui ne l’empêche de faire temporairement équipe avec plusieurs d’entre eux quand les circonstances l’exigent.

Verdict ? Bien que le personnage soit très intéressant sur le papier, il a souffert de pas mal d’adaptations ratées au cinéma ou au mieux en demi-teinte niveau séries. Respectez-vous et préférez les comics sur ce coup là. Ou au pire, le court-métrage ci-dessus.

Kick-Ass et Hit-Girl

Supports : comics, films

Leur histoire : Le premier est un ado qui se rêve en superhéros et finit par sauter le pas en s’achetant un costume. Problème : il est nul, un peu bête, ne sait pas se battre, etc. La seconde est une gamine entraînée par son cinglé de père depuis sa plus tendre enfance pour devenir une machine à tuer.

En quoi ce sont des super-anti-héros : Kick-Ass commet des incroyables maladresses tandis que Hit-Girl tue froidement tout ce qui se trouve en travers de sa route sans la moindre hésitation.

Verdict ? Le premier film c’est oui, le second est dispensable.

Hancock

Supports : film

Son histoire : malgré ses bonnes actions, Hancock a une image déplorable auprès des habitants tellement il enchaîne les fiascos, sans parler de son attitude déplorable. Il va donc essayer de se racheter.

En quoi c’est un super-anti-héros : le type a les pouvoirs de Superman mais il est vulgaire, menaçant, dépressif, alcoolique, vit plus ou moins comme un clochard et a du mal à faire face à sa solitude. Fatalement il multiplie les gaffes même lors de ses sauvetages où il provoque souvent des dégâts.

Verdict ? Le long-métrage a survendu le côté dézingué du personnage mais cela disparaît trop vite et on se retrouve avec un superhéros plutôt classique.

Defendor

Supports : film

Son histoire : Arthur Poppington est un handicapé mental qui veut combattre un méchant fantasmé sauf qu’après avoir aidé une prostituée il se retrouve embarqué dans une embrouille contre des flics ripoux et un vrai réseau mafieux.

En quoi c’est un super-anti-héros : Arthur est un énorme gaffeur, se fait tabasser à plusieurs reprises, complique le travail de la police, n’hésite pas à torturer quelqu’un pour lui faire cracher des noms et n’a pas vraiment droit à un happy end au sens traditionnel du terme.

Verdict ? A sa façon Arthur est un des plus touchants de la liste puisque lorsqu’il est confronté à LA question fatidique sur la raison pour laquelle il se déguise en superhéros, il répond candidement « quand je suis Defendor, je ne suis plus Arthur, je suis 100 000 fois meilleur, j’ai l’impression que plus personne ne se moque de moi et ça fait du bien ». Ce à quoi la prostituée qui a posé la question répondra évidemment « ah ouais moi c’est pareil quand je fume du crack ».

The Mystery Men

Supports : film

Leur histoire : les Mystery Men sont un groupe de superhéros au rabais, sauf que suite à la disparition du justicier masqué le plus compétent de la ville, ce sont eux qui doivent combattre un super méchant.

En quoi ce sont des super-anti-héros : ils sont plus ou moins tous parodiques à leur façon. L’un ne peut devenir invisible que si personne ne le regarde, l’autre est simplement un type normal avec une pelle, l’une lance une sorte de boule de bowling magique, on en passe.

Verdict ? Le film n’a pas forcément bien vieilli mais la stupidité de certains personnages et autres gags est intemporelle.

Jeeg Robot

Supports : film

Son histoire : un petit voleur minable qui suite à une exposition à des produits chimiques devient ultra résistant et doté d’une force surhumaine.

En quoi c’est un super-anti-héros : parce que dans un premier temps, il utilise ses pouvoirs uniquement pour voler de l’argent. Ah et il viole aussi une fille à un moment, mais après il regrette et il comprend que c’est pas cool.

Verdict ? Vous avez été nombreux à ne jamais vous poser la question « que se passerait-il si on ajoutait des superpouvoirs dans l’univers de Gomorra » et c’est pourtant à ça que le film répond. Le côté ghetto italien avec ses prostituées et ses petits truands change carrément la donne et donne un charme assez inédit au long-métrage.

Spawn

Supports : comics, film, série animée

Son histoire : Al Simmons était un mercenaire qui s’est fait trahir, tuer mais qui a conclu un deal avec le diable pour revenir sur Terre se venger.

En quoi c’est un super-anti-héros : C’est un démon/damné/envoyé de l’enfer, dans le genre anti-héros ça se pose là quand même. Même s’il désobéit à Malebogia (l’équivalent du diable) ses méthodes face aux ennemis restent extrêmement violentes.

Verdict ? Le film était honteux mais la série animée vaut le détour. Âmes sensibles s’abstenir, forcément.

The Crimson Bolt et Boltie

Supports : film

Son histoire : Suite à une rupture, Frank pète un câble et s’imagine que dieu lui ordonne de jouer les vengeurs masqués (il a réellement des visions et entend des voix). Il s’associe malgré lui à une jeune vendeuse de comics elle-même bien ravagée et c’est le début d’une belle aventure entre cinglés.

En quoi ce sont des super-anti-héros : il n’ont pas de pouvoir, utilisent des armes à feu, des lames et des outils de bricolages pour défoncer le crâne de leurs ennemis (qui vont du dealer du coin au mafieux en passant par un type qui le double dans une file d’attente ou un gars qui « aurait peut-être abîmé la voiture d’une pote »)

Verdict ? Malgré la ressemblance avec Kick-Ass, le film s’en éloigne tranquillement pour offrir un spectacle complètement perché. A noter que le réalisateur enchaînera avec les Gardiens de la galaxie quelques années plus tard.

Logan

Supports : comics, films, séries animées

Son histoire : bah c’est Wolverine quoi.

En quoi c’est un super-anti-héros : mutant de son état, Logan voit régulièrement ses proches disparaître, cultive sa solitude et a pour fâcheuse habitude de trancher des membres ou planter ses griffes dans le corps des messieurs qui l’embêtent.

Verdict ? Si dans les comics son côté badass et tourmenté est revendiqué et se reflète dans ses actes, toutes les adaptations ont allégé cet aspect pour le rendre plus grand public. Sauf l’ultime film Logan qui s’inscrit comme un dernier baroud d’honneur pour Hugh Jackman. C’est là qu’on le voit vieilli, aigri, dépressif, alcoolique, au bout du rouleau… et plus émouvant que jamais.