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"Joker" : les pires exploits de l'un des plus grands méchants de la pop culture
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Image de "Joker", le film de Todd Phillips (Warner Bros)
Image de "Joker", le film de Todd Phillips (Warner Bros)

"Joker" : les pires exploits de l'un des plus grands méchants de la pop culture

À l’occasion de la sortie du nouveau film qui lui est consacré, petit retour sur le palmarès de Joker.

Le clown prince of crime fait beaucoup parler de lui ces temps-ci, et déchaîne les passions. Il faut dire qu’il s’agit d’un des personnages de fiction les plus marquants en terme de comics, et fatalement, cette fascination s’est prolongée dans toutes les adaptations (série télévisée, dessins animés, films, jeux vidéo…). Dans l’inconscient collectif, il est souvent en très bonne place dans la course au plus grand méchant de fiction. On va voir si c’est mérité en nous intéressant à son CV de plus près. Quels sont exactement les pires méfaits du loustic ?

Exterminer la Chine

Dans cette histoire le Joker arrive à posséder des pouvoirs magiques qui font plus ou moins de lui un dieu sur Terre. Comme chacun peut s’y attendre, l’usage que le bonhomme fait de ses nouvelles capacités est pour le moins… particulier. Il devient illico un dictateur et se fait appeler Empereur Joker, ça c’est la base. Ensuite, il tourmente le monde entier mais plus particulièrement Batman, qu’il tue chaque jour avant de le ressusciter pour le re-tuer, chaque fois d’une nouvelle façon toujours plus inventive et cruelle (dévoré par des vautours, enterré vivant, on en passe). Ah, et il y a aussi un passage où il "veut bouffer chinois", ce qui l’amène logiquement à transformer l’intégralité de la population de Chine en nourriture avant de les manger. Avec des baguettes.

Tuer les parents de Batman

C’est une variante imaginée par le film de Tim Burton pour lier son héros avec son antagoniste. Dans ce long-métrage, avant de devenir le Joker, le type est un gangster nommé Jack Napier et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a la gâchette facile. Et ça ne loupe pas, dans un flashback, c’est bien lui, la version jeune qui agresse et exécute Thomas et Martha Wayne, les parents de Bruce. On remarque d’ailleurs que sans son complice qui lui demande de partir, le joyeux luron aurait également assassiné l’enfant sans le moindre remords.

L’acharnement sur les Gordon

Dans Killing Joke, le criminel s’est fixé une mission : prouver qu’un homme normal peut devenir fou en l’espace d’une seule journée s’il subit suffisamment d’événements traumatisants. Pour sa démonstration, il choisit Jim Gordon, le fameux commissaire de Gotham City. Il se présente donc chez lui, tire à bout portant sur sa fille Barbara (qui est aussi Batgirl) ce qui la cloue sur un fauteuil roulant pour le restant de ses jours, la déshabille, la prend en photo, et torture physiquement et mentalement son père (d’où les photos) pour le faire craquer.

Tuer robin

Pour être plus précis, il s’agit déjà du second assistant de Batman, un dénommé Jason Todd. Concrètement le Joker a l’avantage sur lui et en profite pour le battre à mort à coups de barre de fer. C’est déjà assez brutal mais le psychopathe ne s’arrête pas en si bon chemin et enferme le jeune homme agonisant avec sa mère et leur place une jolie bombe à retardement à proximité. Cela peut sembler assez excessif mais il est à noter que cette fois ce sont les fans de l’époque qui avaient opté pour la mort du personnage de Robin, suite à un vote organisé par DC Comics. Les fans sont parfois cruels et ça c’est une bonne nouvelle.

Manipuler Superman

Mister J ne fait pas que pourrir la vie de Batman, il peut aussi s’amuser avec ses collègues. C’est ce qu’il fait quand il contamine Loïs Lane avec un virus inconnu. La copine de Superman tombe donc dans le coma et le Joker annonce tranquillement au justicier de Metropolis que s’il veut la sauver il doit… le tuer. Batman convainc Superman de ne pas céder et de garder intact ses principes. Du coup il se résout à laisser mourir sa bien aimée et la regarde s’éteindre à l’hôpital. Sauf que non, elle se réveille et il s’avère que tout ça n’était qu’une farce du Joker pour mettre à mal le couple (parce qu’évidemment Loïs et Clark se séparent une fois que la première apprend la décision qu’a prise le second). On a une version bien plus glauque dans Injustice, l’histoire qui vient justifier les jeux vidéo du même nom. Cette fois, le Joker utilise un gaz hallucinogène pour faire croire à Superman que Loïs (enceinte) est un de ses ennemis jurés. Du coup Clark la tue, et suite à ça une bombe nucléaire anéantit la ville de Metropolis. Plutôt sympa.

Prendre des bébés en otage

À la fin d’une saga intitulée No man’s land, le Joker kidnappe pas mal de bébés et tout le monde s’attend forcément au pire. C’est Sarah Essen, seconde femme du commissaire Gordon (on vous avait bien dit qu’il avait cette famille à la bonne) et policière elle aussi, qui parvient la première à trouver la cachette du clown. Elle l’a même tenu en joue sauf que, bien sûr, le fou tient déjà un bébé dans ses bras et il lui jette dessus. L’inspectrice arrête de le braquer pour mieux rattraper l’enfant, et le Joker lui tire ensuite une balle dans la tête. C’est d’ailleurs un des rares moments où il semble assez blasé de ce qui vient de se passer et n’éclate pas de rire après le meurtre.

Maltraiter Harley Quinn

Depuis la création de son side-kick féminin, le Joker n’a jamais éprouvé de l’amour pour Harley Quinn, tout au plus un sentiment de propriété. On a ici une des relations les plus tordues du monde des super-héros puisque dès le départ, le cinglé l’a manipulée : alors qu’elle était psy à l’asile psychiatrique d’Arkham, le J repère sa fragilité et lui ment pour mieux la séduire. Une fois qu’elle est ralliée à sa cause et complètement sous son emprise psychologique, il la traite continuellement comme une sorte de larbin, la tabasse régulièrement, tente de la tuer plusieurs fois, etc. Dans les comics il l’a déjà enfermée dans une pièce remplie de squelettes en lui précisant que les ossements appartenaient aux "anciennes Harley" (ce qui était faux, mais ça l’amusait de lui faire croire ça). Une vie de couple trépidante.

Bonus – provoquer des réactions stupides

Le film a été jugé problématique car le personnage serait un "incel". Les incels sont des losers qui détestent les femmes et certains ont déjà tué pour ça, en gros c’est comme si le personnage de puceau des Petites Annonces d’Elie Semoun comprenait qu’il n’aurait jamais sa blonde à forte poitrine et allait se venger en tirant sur des gens au pif.

Des bourrins ont répliqué avec la carte "vous êtes des fragiles on peut plus rien dire", un grand classique indémodable depuis que les blagues ratées existent.

Des articles très sérieux ont dénoncé les conséquences potentielles du film qui pourraient encourager des tueries. Celle-ci est un peu technique donc on va la refaire au ralenti : des gens qui habitent un pays où on achète plus facilement une arme à feu qu’une clé USB ont sérieusement estimé qu’une œuvre de fiction pouvait avoir une responsabilité directe dans des tueries de masse.

A partir de ce trailer, des gens ont arbitrairement opposé le film au futur long-métrage Birds of prey centré sur Harley Quinn, essentiellement parce qu’Harley a un vagin donc si elle tue des gens c’est forcément positif ; en plus il y a le mot « émancipation » dans le titre, c’est donc un chef d’œuvre.

Des fans ont décrété que la performance de Joaquin Phoenix était forcément supérieure à absolument tous les autres acteurs passés et à venir dans le rôle alors même que l’équipe du film n’a cessé d’expliquer que le personnage n’avait rien à voir.

Des gens n’ont pas compris que Joker était déconnecté des autres film DC et se sont demandés où était la version adulte de Batman, d’autres se sont étonnés que ce ne soit pas le même Joker que dans Suicide Squad.

De nombreux médias US ont expliqué en boucle que suite à la tuerie d’Aurora en 2012, l’armée américaine et le FBI craignaient que cela se reproduise pour Joker. Pour rappel, la tuerie d’Aurora c’est un type qui a débarqué pendant une séance de The Dark Knight Rises pour tirer sur les spectateurs. La légende urbaine raconte qu’il se prenait pour le Joker, ce qui a été totalement démenti par les autorités à l’époque, mais ça n’intéresse personne.

Les prières des présentateurs de JT ont été exaucées et des cinglés ont passé des appels anonymes pour menacer des cinémas.

La police de New York encadre les séances du film.

Un "penseur" a compris le film comme une ode aux gilets jaunes.

Le meilleur pour la fin : les recherches Joker sur les sites pornos ont explosé.