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L’impact du Coronavirus sur le cinéma français
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Les Visiteurs : la révolution - Bande-annonce (photo : Gaumont)
Les Visiteurs : la révolution - Bande-annonce (photo : Gaumont)

L’impact du Coronavirus sur le cinéma français

On a réuni notre équipe d’experts (non) et ils se sont penchés sur les répercussions de la crise actuelle sur le cinéma français. Ça va être moche.

La crise sanitaire liée au Coronavirus a un impact et des répercussions sur tous les pans de la société, y compris sur l’industrie du spectacle. Comme il n’y a pas que la musique dans la vie, on s’est intéressés aux conséquences de la pandémie sur le cinéma français. Et nos projections sont pour le moins alarmantes.

La revanche des femmes et des noirs sur les Césars

La 45e cérémonie des Césars du cinéma s’est tenue à Paris dans la salle Pleyel le 28 février de cette année. Sachant que la France a mis du temps à comprendre que le vilain virus était là, on peut partir du principe que des gens dans la salle étaient infectés sans même le savoir. Or entre les allées et venues, le buffet, le tour des médias dans la salle de presse, les serrages de mains, les bises, les embrassades, les fellations dans les toilettes et simplement la proximité des personnes présentes entre elles, on peut penser qu’un certain nombre de gens présents ce soir là ont été contaminés. Donc avec un peu de chance, ils vont tous mourir et une nouvelle génération plus saine de corps et d’esprit va prendre le relais.

Un rajeunissement du paysage

On le sait désormais, le virus ne partira pas d’un coup mais assez progressivement, en fonction de l’avancée des traitements mais aussi du respect du confinement par la population. Or parmi les gens considérés comme « à risques », il y a évidemment les personnes âgées. Et dans le cinéma français, que ce soit devant ou derrière la caméra, il y a vraiment plein de vieux. Qui n’auront donc l’autorisation de sortir sans risquer de finir sous respirateur que très tard, en dernier a priori. Du coup ce sont les plus jeunes qui seront les premiers à pouvoir reprendre les tournages. Pourquoi pas.

Djal va être sacrifié pour la cause

Avec la crise sanitaire actuelle, tous les cinémas sont fermés et l’ensemble des distributeurs (Sony, Universal, Warner, Disney, SND et tous les autres) a repoussé l’intégralité des sorties de fin mars, avril et mai. Le 25 mars était censé sortir Opération Portugal, le film tiré du sketch de Djal. Si le reste des sorties sont pour la plupart décalées à minimum fin juin-début juillet, Opération Portugal de son côté a été annoncé pour une reprogrammation le 17 juin. C’est le plus « rapproché » des reports pour l’instant. Donc de deux choses l’une : soit ce film et son public vont servir d’éclaireurs pour voir si les salles se remplissent à nouveau normalement, soit Djal et son public vont sortir beaucoup trop tôt, être infecté, et mourir à petit feu, un peu comme les pauvres âmes qui tentent de franchir avant tout le monde le périmètre de sécurité dans un film catastrophe. Il est également possible que ce soit depuis le début un plan très élaboré pour tuer le public de Djal mais ce serait un peu mesquin et surtout très coûteux.

Une version réaliste des faits sera refusée par les studios

Et oui, il y aura forcément un voire des cinéastes qui vont vouloir rendre compte de la situation qu’ils ont vue et vécue. Sauf qu’aucun studio sérieux ne peut produire ça. Soyons réalistes deux minutes, à quoi ressemblerait ce script ? Une histoire qui commence avec un Chinois qui mange une soupe de chauve-souris ou de pangolin avant d’être infecté par un nouveau virus inconnu, une épidémie mondiale en à peine quelques semaines parce que tous les pays font n’importe quoi, des populations locales qui ne comprennent rien à rien, des parisiens qui n’écoutent strictement aucune consigne et qui partent contaminer tout le reste de la France, le pouvoir officiel qui incite les gens à aller voter malgré la pandémie, les policiers qui en profitent pour tabasser des jeunes dans les quartiers, la hausse des violences conjugales en confinement, les champions qui font des réserves de PQ, les déclarations de plus en plus stupides des responsables politiques, les hôpitaux qui se révèlent dépassés et impuissants parce que personne ne les écoutaient quand ils se plaignaient du manque de moyens et un système économique complètement à la ramasse face à une crise pareille.

Ca ce n’est pas un drame, c’est juste une série Z comique avec beaucoup trop de clichés, et une morale de fin qui fait beaucoup trop SJW. Personne ne signera.

Des productions fauchées 

Les chiffres sont tombés, l’industrie du cinéma dans sa globalité va tout bonnement perdre entre 5 et 7 milliards de dollars. Entre les sorties repoussées, les tournages interrompus, les projets annulés, la fermeture des salles, les festivals impossibles à maintenir et l’argent perdu dans de la promo pour des films qui ne sortiront finalement pas, l’avenir proche est loin d’être radieux. Ca veut donc dire que l’on va avoir un retour aux productions plus modestes, voire fauchées, voire au système D. Ca implique des tournages avec des lumières naturelles, uniquement en intérieur, et de préférence avec un côté huis-clos. Le point positif c’est que les youtubeurs pourront enfin conquérir les salles obscures puisque se filmer tout seul dans un appart c’est quand même leur spécialité.

Moins de prise de risque

Conséquence directe du manque à gagner : il va falloir renflouer les caisses. Et pour ça, la solution la plus classique et surtout la plus simple est de faire des bons films. Non, plus sérieusement, c’est de se reposer sur ce qui est considéré comme des valeurs sûres à la fois par les producteurs, les distributeurs et le public. Ca implique un énorme recul en terme de prise de risque, l’heure n’est plus aux expériences nouvelles mais aux bonnes vieilles recettes de grand-mère.

Là logiquement vous devez vous demander comment le cinéma français pourrait prendre encore moins de risque qu’actuellement, mais c’est bien mal connaître l’exception culturelle franchouillarde : quand on veut, on peut toujours. Préparons-nous donc pour encore plus de suites de gros succès ringards, un peu plus d’adaptations de succès en librairie, toujours plus de biopics complaisants et tout un tas de comédies dont le scénario tient sur une feuille de papier toilette. 

Un film (ou une série) nul sur Netflix France

casting : on s’en fout

pitch : la plateforme sait parfois se montrer très réactive par rapport à l’actualité, en tout cas plus que la moyenne générale des productions françaises. En revanche elle ne sait pas produire de la qualité pour le moment, de Mortel à Marseille en passant par Plan Cœur. Du coup la suite on la connaît : feuilleton pour millennials centré sur une bande d’amis censés représenter la diversité mais plus proches du casting d’une pub pour parfum qu’autre chose, du gros forcing à tous les niveaux, des dialogues à la fois mal écrits et mal joués, et sûrement un inconnu qui n’en demandait pas tant en premier rôle.

Les Masques Invisibles, par Guillaume Canet

casting : Marion Cotillard, François Cluzet, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Valérie Bonneton, Pascale Arbillot, Laurent Lafitte, José Garcia, bref on va pas tous les faire mais ce sera exactement les mêmes que dans Les Petits Mouchoirs et Nous finirons ensemble.

pitch : Notre fine équipe de super copains raclettistes se réunit pour des vacances au Cap Ferret ou dans une autre destination adaptée à leur mode de vie. Au beau milieu d’un dîner où ils se félicitent de la suppression de l’ISF tout en ayant une pensée pour les plus démunis, l’info tombe : il faut se confiner. Étant tous très éloignés de leur résidence principale, ils décident de rester tous ensemble sur place. Seulement voilà, les vacances tournent vite au vinaigre quand elles deviennent forcées à ce point : Max rêve secrètement de s’enfuir seul, Vincent ne quitte plus son masque même pour dormir, Marie devient une maniaque de la propreté, Eric soupçonne Antoine de ne pas respecter les consignes de sécurité et commence à le pister pour vérifier qu’il n’oublie pas de se laver les mains alors que c’est Isabelle qui est en réalité infectée, même si elle arrive à le dissimuler au reste de la troupe. Au fil du temps l’ambiance devient de plus en plus lourde et glaicale, au point que l’on se pose la question : et si les véritables masques, c’était ceux qu’on utilise pour cacher ses sentiments ?

Pandemia, par Luc Besson

casting : une top-model d’Europe de l’Est et des américains

pitch : Dans un laboratoire secret, une expérience tourne affreusement mal. Alors qu’il pensait travailler sur un vaccin contre le cancer et le sida, le docteur MacFloyd réalise qu’il a été manipulé pour créer une arme chimique, un virus mortel et incroyablement contagieux : une combinaison foudroyante entre VIH, cancer du pancréas et tourista. Se sentant en danger car il en sait trop, le chercheur ne parvient malheureusement pas à faire parvenir l’antidote aux autorités et le virus se répand ; ses employeurs le rattrapent et le tuent avant qu’il ait pu faire quoi que ce soit. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que MacFloyd a une nièce, Natalia, tueuse à gages d’à peine 20 ans surentraînée. C’est à elle que le scientifique avait injecté la formule qui au contact de son ADN, mutera pour neutraliser le virus. Une course contre la montre s’engage alors entre Natalia et les vilains méchants. Et à la fin elle se transforme en clé USB.

Dernière Vague, par Mathieu Kassovitz

casting : Mathieu Kassovitz

pitch : Luc, aide-soignant à l’hôpital de Mulhouse, a dû malgré lui assister à la mort de centaines de patients pendant la crise du Coronavirus, totalement impuissant à cause du non-respect des règles de sécurité, du manque de moyens, de personnel et de matériel. Quelques années plus tard, une vague de meurtres terrifie le pays. Des hauts responsables, qu’ils soient préfets, anciens porte-paroles du gouvernement, anciens ministres, mais aussi des anonymes de la région de Mulhouse, sont retrouvés assassinés. Le mode opératoire est le même, ils sont tous asphyxiés et ne semblent pas avoir souffert. Et à côté de leur cadavre se trouve un post-it sur lequel est écrit simplement « covid ». Luc n’a pas oublié. Luc n’a pas pardonné.

Camping 4 : Confining, par Fabien Onteniente

casting : Frank Dubosc et toute la clique de d’habitude

pitch : Patrick Chirac s’apprête à retrouver ses amis comme chaque année au camping des Flots Bleus. Seulement voilà, cette fois tout se complique : la France entière est confinée à cause d’un virus ! Qu’à cela ne tienne, les habitués du coin prennent l’initiative de s’organiser entre eux pour venir en catimini aux Flots Bleus, en faisant attention de ne pas faire trop de bruit pour ne pas alerter les autorités, qui croient le camping fermé. Après tout, ce n’est pas un petit virus de rien du tout qui va les empêcher de vivre !

Dos à dos, par Philippe de Chauveron 

casting : Christian Clavier et des comédiens issus du stand-up

pitch : Ernest-Antoine est un architecte qui a réussi sa vie. Du moins professionnellement. Sur un plan personnel il reste un homme assez seul et surtout il est odieux avec ses employés de maison dans son immense résidence secondaire, du jardinier (antillais et gay) au cuisinier (malien et sourd-muet) en passant par la femme de ménage (algérienne et musulmane), qui le lui rendent bien. Lorsque le gouvernement ordonne à tout le monde de ne pas quitter son logement, se pose un dilemme : Ernest-Antoine a beau mépriser tout le monde, il ne peut pas les mettre à la porte car sa belle maison de campagne se situe au milieu d’un cluster. Ils vont donc devoir apprendre à se supporter les uns les autres, bon gré mal gré.

Quaranteen, par Lionel Steketee

casting : Kev Adams et des sales jeunes

pitch : Alexandre est un jeune homme qui a le coeur brisé suite à sa séparation avec sa copine. Et pour le coup, la crise du coronavirus tombe plutôt bien : son ex est isolée, donc elle ne peut pas faire de nouvelles rencontres ! Alex va tenter de tirer avantage de la situation en la draguant via ses réseaux sociaux avec un faux profil. Sauf que le plan réussit trop bien et elle tomber réellement amoureuse à distance, d’un homme qui n’existe pas. Seulement voilà, le confinement va bientôt arriver à sa fin, et il ne sait absolument pas comment lui dire la vérité...

La Ch’tite épidémie, par Dany Boon

casting : Dany Boon, Lyne Renaud et n’importe qui pouvant imiter un accent horrible

pitch : Dans un petit village du nord de la France, le quotidien des habitants est bouleversé par les consignes de confinement qu’ils doivent désormais respecter. Difficile de perdre ses bonnes vieilles habitudes d’un seul coup. D’autant que cela met en péril tous les petits commerces, comme le bistrot du village ou le tabac (qui est aussi dans le bistrot). Petit à petit les habitants vont s’organiser pour s’entraider avec le bon coeur qui les caractérise. Alors ok ça n’a rien à voir avec la maladie ou la crise sanitaire en général puisque la zone était sinistrée depuis longtemps, mais de toute façon tous les films de Dany Boon tournent autour des ch’tis donc peu importe le contexte. Et il y aura une séquence inspirée de cette anecdote avec des gendarmes qui courent derrière une poule. Un peu comme ça, mais en moins bien, forcément.

L’enfer c’est les autres, par Eric Toledano et Olivier Nakache

casting : Omar Sy et des gens avec des têtes gentilles

pitch : Momo, un ex-taulard atteint de troubles mentaux et en quête de rédemption, doit justifier d’une activité légale dans le cadre de sa réinsertion. Il rejoint un organisme qui s’occupe de sans-papiers handicapés et tente de leur rendre la vie plus facile en leur évitant d’être enfermés dans un centre de rétention. Seulement voilà, le confinement rend les choses de plus en plus difficiles. Mais c’est finalement dans l’adversité que Momo trouvera l’amour, un nouveau sens à sa vie, et il gagnera au loto aussi.

Con(s)finés, par Philippe Lacheau 

casting : la bande à Fifi

pitch : Timothée, étudiant un peu (beaucoup) branleur, ne vit que pour une chose : faire la fête. Il enchaîne les soirées sans discontinuer, à l’opposé de son meilleur pote Nicolas, bien plus sage et ça depuis leur plus tendre enfance. Ca ne les empêche pas d’être très proche, mais avec le nouveau métier à responsabilité de Nico (il a développé une application de rencontre amoureuse entre vegans), Tim craint qu’il ne s’éloigne de lui. Du coup, il s’est lancé un défi, à savoir organiser LA soirée du siècle pour fêter les trente ans de son ami de toujours. Mais comment faire ça en période de confinement ? Ca semble impossible, mais impossible ne fait pas partie du vocabulaire de Tim : il fera tout pour que cette soirée ait lieu, quoi qu’il lui en coûte et quels que soient tous les stratagèmes à mettre en place.