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Et si la mode des prequels envahissait le cinéma français ?
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La Vérité si je mens : les débuts - affiche
La Vérité si je mens : les débuts - affiche

Et si la mode des prequels envahissait le cinéma français ?

Puisque le cinéma français nous offre des projets étranges comme le prequel de "La Vérité si je mens", on a imaginé avec notre équipe de scénaristes d’élite quels autres dérivés de comédies françaises pourraient voir le jour.

Cette semaine sort le film La vérité si je mens – Les débuts. Le concept est simple : montrer la jeunesse de Patrick, Dov, Yvan et Serge, des années avant l’intrigue du tout premier film. Concrètement quelqu’un a dû se dire « on a essoré la saga et on n’a plus d’idées, alors autant faire comme les américains et se lancer sur les prequels » et sans doute qu’un producteur consciencieux a dû ajouter « en plus des acteurs jeunes et inconnus nous coûteront moins cher ».

Si la mode des prequels, des spin-off, des reboots et des remakes est monnaie courante outre-atlantique, ce n’est pas encore le cas dans le cinéma hexagonal. Mais comme tout le reste, le phénomène risque d’arriver chez nous avec un peu de retard. Alors préparons-nous au pire.

Qu'est-ce qu'on avait fait au bon Dieu

Dans Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu, on sait que le couple des Verneuil (Claude joué par Christian Clavier et Marie jouée par Chantal Lauby) est plutôt récalcitrant à l’idée de voir leurs filles mariées respectivement à un noir, un arabe, un juif et un asiatique, des soucis qui se prolongent déjà dans la suite Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu, parce que ce serait con d’être original quand on a atteint ce niveau de perfection. Le prequel évident serait donc d’aller dans le passé, bien avant l’irruption de tous ces basanés et affiliés, pour se concentrer sur la rencontre des parents pendant leur folle jeunesse. On découvrirait alors que Claude a eu un mal fou à convaincre les parents de Marie de lui accorder sa main, et pour cause : il est catholique, or la famille de sa bien-aimée sont des protestants. Après moult péripéties, il parvient à ses fins et on a droit au meilleur happy end de tous les temps avec un dîner de famille où le beau-père porte un toast qui s’achève par un iconique « et puis après tout ça pourrait être pire, imaginez si ma fille nous avait ramené un bougnoule ». Clin d’œil au spectateur qui connaît la suite des événements, rire général et clap de fin. 

Touchables

Bien avant la rencontre entre le riche Philippe et le jeune Driss, on suit leurs parcours en parallèle. Dans le film Intouchables d’Eric Toledano et Olivier Nakache on a quelques infos sur leurs passés respectifs. Il suffit de les étirer à fond pour les exploiter et en tirer un film entier. Simple comme un jeu d’enfant : on a la vie de Philippe quand il est encore valide et insouciant, puis le climax arrive avec son accident de parapente, et on le voit découvrir la vie d’handicapé tétraplégique, d’abord dans le déni, puis la colère, puis l’acceptation, etc. En parallèle, on a la vie de délinquant de Driss, et on découvre plus précisément ce qui l’a amené à faire un séjour en prison, avant de le suivre quand il est incarcéré.

Là vous allez dire « mais c’est pas marrant du tout comme histoire » et c’est l’occasion de vous rappeler une vérité essentielle de notre cinéma : les comédies françaises n’ont pas besoin d’être drôles pour bien fonctionner en salles.

La Soupe aux choux - Remake

Pour rappel, le film La Soupe aux choux date de 1981 et racontait l’histoire de deux campagnards ivrognes qui attirent sans le vouloir un extra-terrestre suite à un concours de pets (ne posez pas de question) : la créature goûte ensuite la soupe aux choux, ça lui plaît, il l’emmène sur sa planète, ça plaît aussi là-bas, à un moment il ressuscite la femme décédée d’un des deux campagnards parce que pourquoi pas, bref c’est aussi ça qu’on doit appeler l’exception culturelle française. Il est grand temps d’offrir à cette histoire les moyens et les effets spéciaux actuels pour lui apporter le rayonnement qu’elle mérite. Vu que Luc Besson est un pro de la science-fiction et qu’il n’a que très peu d’exigence qualité en matière de script (Lucy qui finit en clé USB, tout ça), cela pourrait lui parler. Et puis ce sera toujours mieux que son actu du moment qui parle essentiellement de zizi-panpan non consenti. Côté casting, il nous faut des valeurs sûres de l’humour actuel, donc les deux pochtrons seront bien entendu joués par Dany Boon et Gad Elmaleh tandis que l’extraterrestre sera interprété par Michael Youn.

Bienvenue chez les ch'tis - Le commencement

C’est clairement un truc auquel les producteurs ont déjà dû penser puisqu’il y a déjà eu un remake italien (Benvenuti al sud, qui a d’ailleurs eu une suite Benvenuti al nord) et des déclinaisons du même thème dans La Ch’tite Famille, sans parler des nombreux chefs d’oeuvre que nous offre régulièrement la télévision avec Les Ch'tis à Ibiza, Les Ch'tis font du ski, Les Ch'tis débarquent à Mykonos, Les Ch'tis à Las Vegas, Les Ch'tis à Hollywood, Les Ch'tis dans la Jet Set, Les Ch’tis dans ton cul, Les Ch'tis font leur tour de France, Les Ch'tis vs les Marseillais, etc, etc. Du coup dans l’esprit « on change pas une équipe qui gagne », autant faire directement un prequel sur la jeunesse trépidante d’Antoine Bailleul à Bergues. On le suivrait par exemple apprendre à faire du vélo ou en train préparer le concours de la fonction publique pour entrer à la poste, avec toutes les difficultés que ça lui pose niveau élocution pour l’examen oral (on n’a pas vérifié s’il y a une épreuve orale dans ce concours mais c’est du cinéma). Bien évidemment rien de tout ça ne présente le moindre intérêt d’un point de vue cinématographique, mais c’était déjà le cas du premier film et il a tapé 27 millions d’entrées.

Patrick (camping begins)

Forcément. Comment Patrick Chirac est devenu le kéké des plages qu’il est dans la trilogie de Fabien Onteniente et Franck Dubosc ? Le film se focalisera sur toute la jeunesse de Patrick en ville, où il ne se sent pas à sa place, jamais accepté. On le verra essayer de se fondre dans la masse, lutter contre sa vraie nature, mettre des costumes, des cravates et essayer de ne pas lâcher de blague de beauf toutes les 5 minutes mais quelque chose cloche. Chaque plan montre qu’il lutte contre sa vraie nature, le vrai Patrick qui sommeille en lui et qui est un adepte du combo marcel-slip-claquettes. Puis vient le moment fatidique. Après s’être trouvé une femme, la première mais aussi la seule et unique de sa vie, avec qui il s’est empressé de se marier, elle lui propose des vacances super classes à Cuba. Après une longue réflexion filmée en gros plan, Patrick Chirac objecte d’un ton sans appel « je préférerais aller au camping des Flots Bleus ». Et c’est la fin. Bref vous l’aurez compris, Camping Begins sera à Patrick ce que le film Joker est au méchant de Batman.

BONUS - Le lancement officiel du Christian Clavier Cinematic Universe

Générateur Christian Clavier
Générateur Christian Clavier

C’est quelque chose que tout le monde pressent depuis pas mal de temps : Christian Clavier joue toujours le même rôle dans la plupart des comédies auxquelles il participe ces dernières années. Bourgeois qui se fait emmerder par des minorités dans Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu 1 et 2, bourgeois qui se fait emmerder par un handicapé dans Momo, bourgeois qui se fait emmerder par des Roms dans A bras ouverts, médecin (bourgeois, faut pas déconner) qui se fait emmerder par une femme avec un pénis dans Si j’étais un homme, bourgeois qui se fait emmerder par des jeunes dans Ibiza, et notre champion continue de repousser ses limites avec une abnégation qui force le respect puisqu’il jouera prochainement un bourgeois qui se fait emmerder par une tribu africaine primitive dans Rendez-vous chez les Malawas. Normalement les plus attentifs auront repéré un certain schéma légèrement récurrent. Au point qu’il existe d’ailleurs un générateur automatique de pitch de films avec l’acteur. Il est grand temps d’assumer au grand jour que malgré les changements de nom, il s’agit systématiquement du même personnage. Quelque part, c’est notre Stan Lee à nous. On a le cinéma qu’on mérite.