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"The Batman" : 10 raisons d'y croire (ou pas)
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Robert Pattinson -  Marrakech International Film Festival en 2018 (Stephane Cardinale - Corbis)
Robert Pattinson - Marrakech International Film Festival en 2018 (Stephane Cardinale - Corbis)

"The Batman" : 10 raisons d'y croire (ou pas)

Le tournage du nouveau chapitre des aventures du Chevalier Noir a débuté depuis quelques semaines. On prend les paris.

Ok, le long-métrage est prévu pour seulement 2021, mais pas mal d’infos sont déjà tombées, et en plus c’est quand même Batman, et on ne parlera jamais assez de Batman. Ce nouveau départ sobrement intitulé The Batman enthousiasme certains fans autant qu’il en désespère d’autres. Retour tout ça en 10 points.

Le casting 

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Pourquoi : Si l’on prend les rôles principaux, ça nous donneZoe Kravitz, Andy Serkis, Jeffrey Wright, Paul Dano, Colin Farell, John Turturro ou encore Peter Sarsgaard. Un savant mélange de talents célèbres et d’acteurs moins souvent exposés, mais tous ont déjà été dans un blockbuster à gros budget et grand spectacle : Kravitz dans X-Men First Class, Serkis dans la saga Seigneur des Anneaux, Farell dans Minority Report et l’affreux Daredevil, Jeffrey Wright dans les derniers James Bond, Sarsgaard dans l’infâme Green Lantern. Dans le même temps, tous sont des comédiens confirmés qui ont déjà prouvé leurs capacités dans des films plus confidentiels. Il semble donc que ce soit ce type de profil que le film privilégie plutôt que les super stars bankables à tout prix.

Sauf que : Malheureusement un bon casting n’a jamais été la garantie d’un bon film, sinon Captain Marvel serait un chef-d’œuvre. En plus, une portion non négligeable du public friand des adaptations de comics est constituée d’attardés de compétition. Ça n’a donc pas loupé, ils ont hurlé au blackwashing concernant les personnages de Catwoman et de Gordon. Mais c’était plus teigneux concernant Gordon, d’une part parce qu’il a déjà existé des versions précédentes de Catwoman basanée sur papier et dans des adaptations précédentes, d’autre part parce qu’une partie du cerveau de ces détracteurs bien particuliers ne peut sans doute pas s’empêcher de trouver Zoe Kravitz "sexy as fuck" avec les cheveux courts. 

Les méchants

Pourquoi : la Catwoman et le Pingouin de Tim Burton étaient incroyables, mais c’était une version très propre au cinéaste. Avoir une Catwoman physiquement proche de ce que l’on voit dans la BD culte Batman Year One (le côté réaliste de la version d’Anne Hathaway allait dans ce sens mais elle était trop secondaire pour que l’on puisse pleinement l’exploiter) et un Pingouin chef mafieux peut être intéressant. Quant au Riddler, c’était rigolo de voir les grimaces et la gestuelle de Jim Carrey dans Batman Forever mais ça n’avait pas d’autres intérêt, donc Paul Dano pourra en livrer une nouvelle version à sa guise. A noter que par-dessus le marché la présence de Falcone indique qu’ici le crime organisée classique côtoiera les persos plus hauts en couleur, et pourquoi pas.

Sauf que : ils sont peut-être trop nombreux, c’est toujours assez compliqué de faire coexister des antagonistes quand ils sont plus de deux, cf Spider-Man 3 et The Amazing Spider-Man 2. On peut anticiper le fait que Catwoman sera plus une anti-héroïne qu’une vraie ennemie, mais malgré tout ça fait trois personnages forts à introduire en plus du héros. Autre bémol : après autant d’adaptations déjà sorties, on aurait pu espérer des méchants encore inédits sur grand écran, ce n’est pas comme si ça manquait dans l’univers de Batou.

La déconnexion du DCEU 

Pourquoi : c’était une belle aventure (non) mais l’idéal du DC Exented Universe, sorte d’équivalent Warner-DC au Marvel Cinematic Universe de Disney a foiré dans les grandes largeurs, les films de groupe (Suicide Squad et Justice League) ont été désavoués, les solos qui marchent (Wonder Woman) ne concernent pas du tout l’univers de Gotham. Autant limiter la casse et repartir sur de nouvelles bases.

Sauf que : il y a un côté "circulez, y’a rien à voir" quand on balaie d’un revers de main ce qui a été fait précédemment, c’est un peu la facilité. En outre on se retrouve en à peine 3 ans avec 3 timelines parallèles différentes, chacune possédant une version différente de Bruce Wayne : celle du DCEU, celle du film Joker, et celle-ci. Ça peut rendre le tout un peu confus et lasser les spectateurs les moins geeks.

Matt Reeves

Pourquoi : le réalisateur s’est entouré d’une équipe qu’il connaît, a déjà fait ses preuves sur les deux derniers volets de La Planète des Singes où il savait ménager action et scènes plus intimistes et émouvantes. 

Sauf que : excepté une comédie romantique (Le Porteur de Cercueil), Reeves a signé des films de commande : 2 opus d’une saga (Planète des singes), un projet chapeauté par J.J. Abrams (Cloverfield) et un remake (Laisse-moi entrer). Personne ne sait vraiment ce dont il est capable s’il est seul au commande.

L’acteur principal

Pourquoi : Robert Pattinson a fait des choix de carrière assez intelligents ces dernières années, il ne sélectionne pas n’importe quel film et a impressionné pas mal de monde dans Cosmopolis, Life ou encore Good Time qu’il portait presque entièrement sur ses épaules. En plus il a déjà lâché en interview qu’aucune critique ne pouvait être plus dure avec lui que… lui-même, tellement il avait pris l’habitude de juger durement ses propres prestations. En gros il a dit "personne ne me hait plus que je me hais moi-même", et ça c’est clairement une réflexion que Batman pourrait avoir.

Sauf que : Là encore, avoir un bon acteur principal ne garantit pas un bon film, sinon Wolverine, premier du nom, serait un chef-d’œuvre. En plus, ça n’a pas loupé, les débuts de Pattinson en vampire niais dans l’atroce saga Twilight lui valent toujours une image trop lisse auprès des fans même si elle est désormais injustifiée. Enfin, cela sonne comme un gâchis pour Ben Affleck qui n’aura jamais eu le temps de profiter de son rôle dans un film dédié alors qu’il était un des (le seul?) point fort du DCEU*.

Les influences

Pourquoi : Que ce soit du côté du réalisateur et grand geek devant l’éternel Kevin Smith ou de nombreux amateurs de comics, le film lorgne de plus en plus vers une intrigue qui ferait écho à celle de la saga Long Halloween. Il s’agit d’une série de comics considérée comme faisant partie des classiques de la mythologie Batman, où la psychologie des personnages et le mystère compte plus que tout le reste.

Sauf que : absolument personne n’a véritablement confirmé les sources d’inspiration du film, déjà parce qu’il est trop tôt et sans doute aussi pour éviter la propagation de théories de fans qui se révéleraient être des spoilers. Par exemple la saga Long Halloween tourne en partie autour de la transformation d’Harvey Dent en Double-Face, or le procureur joué par Peter Sarsgaard se nomme Gil Colson. Cela peut être un leurre, mais bon.

Le style

Pourquoi : Selon Colin Farell, le script est celui d’un "très beau film noir", et il faut avouer que ça changerait de ce que l’on retrouve actuellement dans les adaptations de comics. Adopter un ton adulte proche du polar est une bonne nouvelle. Et en plus ça permet de ne pas jouer dans la même cour que Marvel, qui eux ont choisi un ton qui privilégie l’action et la comédie.

Sauf que : D’une part Matt Reeves n’a jamais signé quoi que ce soit qui se rapproche d’un film noir, on ne sait pas ce qu’il peut donner là-dedans. D’autre part, ça reste un projet Batman, même en souhaitant orienter le long-métrage dans telle ou telle direction, le super héros peut écraser tout le reste et devenir un handicap.

Batman détective

Pourquoi : C’est la volonté du film. On a déjà eu du Batman gothique (Burton), du Carnaval de Rio (Schumacher), du tourmenté et un ersatz de Batman contre des forces surnaturelles (Batman V Superman et Justice League) mais l’aspect enquêteur n’a jamais pris la place centrale du début à la fin d’un film. Il est temps.

Sauf que si le comics Batman est réputé pour être un détective hors-pair, dans les faits on parle quand même d’un type qui vit dans une ville où habitent une trentaine de super-méchants, donc ce n’est pas non plus très difficile. Et surtout, cet aspect marche moins sur grand écran à moins de changer le personnage en une sorte d’Hercule Poirot junior, et aucun spectateur ne veut voir ça.

Ils ont pris leur temps

Pourquoi : c’est toujours mieux de savoir que le projet n’a pas été rushé en confondant vitesse et précipitation, que du soin a pu être apporté au choix du cast, au script, etc. Et c’est malheureusement de plus en plus rare dans ce type de productions.

Sauf que : déjà ça ne les empêche pas de sortir une énième version du super héros moins de 4 ans après la dernière en salles. Mais surtout le laps de temps s’explique par des galères de prod :  The Batman devait initialement être lié au DCEU avec Affleck, on a jeté le scénario, tout a été remanié, Matt Reeves a d’abord refusé avant d’accepter.

Le côté one-shot 

Pourquoi : le film est vendu comme un "stand alone movie". C’est-à-dire un film indépendant des autres continuités mais aussi qui n’appelle pas forcément de suite. Niveau gestion des attentes et écriture, c’est mieux et ça enlève de la pression. Ils ont également précisé que même si leur Batman est jeune, ce ne sera pas une origin story, ce qui libère encore plus de place pour raconter une vraie histoire.

Sauf que: le film est pour l’instant vendu comme un one-shot mais en fonction du succès ça peut changer, mêmeJoker a fait apparemment l’objet de discussions pour d’éventuelles suites. Sans compter que Warner ne passera jamais à côté d’une occasion de capitaliser sur le succès d’un film Batman.

*D’ailleurs on pourrait dire la même chose de Jeremy Irons qui est dans la même situation pour le rôle d’Alfred, sauf que Irons dans la vraie vie, c’est déjà Alfred. Il vit dans un château, dresse des chevaux et lit des livres pendant qu’on lui joue du violon. Jeremy Irons n’en a rien à foutre.