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L'industrie du préservatif est victime du coronavirus : doit-on s'attendre à une pénurie ?
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Des préservatifs viendront peut-être à manquer... - Rafael Classen
Des préservatifs viendront peut-être à manquer... - Rafael Classen ©Getty

L'industrie du préservatif est victime du coronavirus : doit-on s'attendre à une pénurie ?

Le coronavirus s'invite dans tous les aspects de notre quotidien, la plus grande usine de capote est quasiment à l'arrêt depuis l'annonce des mesures de confinement, et cela risque d'avoir des conséquences très graves sur la santé de la population.

Une pénurie de préservatifs est envisagée et redoutée, la plus grande usine de fabrication de préservatifs : Karex Berhad, basée en Malaisie, a suspendu, depuis fin mars, les activités de ses trois usines en raison de l'épidémie de coronavirus. 

La production devait être à l'arrêt jusqu'au 14 avril mais finalement elle a redémarrée avec 50% du personnel. De plus, la fermeture des frontières a affecté le transport et la production dans plusieurs pays. La situation est très inquiétante.

La société Karex Berhad produit plus de 5 milliards de préservatifs par an, ce qui représente 1 préservatif sur 5 vendu dans le monde.

Karex : Un atelier de fabrication de préservatifs - Capture Twitter Karex
Karex : Un atelier de fabrication de préservatifs - Capture Twitter Karex

Le directeur général de Karex, Goh Miah Kiat, a déclaré à l'AFP : 

Le monde connaîtra certainement une pénurie de préservatifs : 200 millions de préservatifs n'ont pas pu être fabriqués. 

Le DG a ajouté : "C'est un défi, mais nous faisons de notre mieux en ce moment pour faire tout ce que nous pouvons. C'est sans aucun doute une préoccupation majeure , le préservatif est un dispositif médical essentiel. Alors que nous luttons contre la pandémie de COVID-19, nous devons également nous pencher sur d'autres problèmes graves.

Une pénurie de préservatifs aurait des conséquences désastreuses

Le porte-parole du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) est inquiet car seulement 50 à 60 % de ses livraisons habituelles de préservatifs pourront être réalisées :

"Une pénurie de préservatifs, ou de tout autre contraceptif, pourrait entraîner une augmentation des grossesses non désirées, avec des conséquences sanitaires et sociales potentiellement dévastatrices pour les adolescentes, les femmes et leurs partenaires et familles__"

Karex fournit des capotes à de nombreuses compagnies et gouvernements ainsi qu’à des programmes humanitaires, qui les redistribuent aux populations où l'accès au préservatif est difficile, ainsi, il pourrait avoir une augmentation des avortements à risque et un risque accru d'infections sexuellement transmissibles et de VIH.

L'industrie de la capote se mobilise 

C'est en Chine, que deux entreprises de fabrication se sont portées volontaires pour faire partie de la solution : HBM Productions, qui fournit 1 milliard de préservatifs par an et qui propose de tripler le nombre de ses lignes de fabrication d'ici à la fin de l'année 2020.  

Et Shanghai Mingbang Rubber Products qui est prête à augmenter les exportations de préservatifs (elles ne représentent que 10% de sa production). Le dirigeant du groupe a déclaré : "Si les marchés internationaux rencontrent de tels problèmes, nous serions d’accord pour exporter plus".