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Incendies en Australie : les pompiers privilégient les maisons aux animaux
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Incendie en Australie
Incendie en Australie ©Getty

Incendies en Australie : les pompiers privilégient les maisons aux animaux

Depuis le mois de septembre les pompiers travaillent sans relâche pour vaincre le "monstre", ils ne peuvent pas mener toutes les batailles et se concentrent maintenant sur les habitants et leurs biens.

On assiste à une catastrophe sans précédent, l'Australie se consume depuis quatre mois. Le bilan est lourd avec 24 personnes qui ont perdu la vie et plus de 6 millions d'hectares brûlés (soit une surface représentant deux fois la Belgique). La faune paie aussi un lourd tribu, près de 500 millions d'animaux ont perdu la vie : des kangourous et des koalas mais aussi des wallabys ou encore des moutons sont victimes des flammes.

Le constat est effrayant, les sauveteurs sont débordés, Troy Doley, responsable des pompiers de la Nouvelle-Galles-Du-Sud doit faire des choix : "Nous avons choisi ce que nous pouvons sauver et notamment des habitations. Nous faisons des choix, nous ne pouvons pas mener toutes les batailles." 

Chris Hardman, chef des pompiers chargé de la gestion des incendies de forêt dans l'Etat de Victoria, interrogé par France Info, nous explique pourquoi cette situation va durer :

"Ces feux vont potentiellement continuer de menacer des populations en février, en mars, peut-être même jusqu'en avril dans l'Etat de Victoria (...). On ne peut pas arrêter de tels feux, ils vont au-delà de nos limites humaines et technologiques." 

Pour éteindre ses incendies, il faudrait que la pluie tombe en grande quantité sur plusieurs jours. En attendant les pompiers contiennent les feux, mais pour l'instant, la priorité est de protéger les vies humaines.

4 janvier 2020 à Mallacoota, Australie - Une partie de la population est évacuée par bateau
4 janvier 2020 à Mallacoota, Australie - Une partie de la population est évacuée par bateau ©Getty

Cette catastrophe écologique et humaine est au cœur d'un débat politique qui fait énormément parler. Glenda Wardle, professeure à l'Université de Sydney, explique que le gouvernement australien rejette la faute des incendies sur les politiques écologistes plutôt que de proposer des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique, elle a déclaré sur les ondes de la BBC :

"Il n'y a pas eu que des feux, mais aussi des inondations, des sécheresses... À chaque fois le gouvernement a eu l'occasion d'agir (...) mais a préféré blâmer une mauvaise gestion des forêts et du bush."

Un fort ressentiment de la population à l'égard de Scott Morrisson, le premier ministre climato-sceptique australien, grandit. Il a nié, à plusieurs reprises, le rôle du réchauffement climatique depuis le début des feux.