MENU
Accueil
Au Chili comme au Liban, le Joker devient le symbole de la contestation
Écouter le direct
Joker : "Je pensais que ma vie était une tragédie. Maintenant, je réalise que c’est une comédie ".
Joker : "Je pensais que ma vie était une tragédie. Maintenant, je réalise que c’est une comédie ".

Au Chili comme au Liban, le Joker devient le symbole de la contestation

Le cinéma s'inspire de la société et vice versa, le visage du Joker s'invite dans les manifestations du Chili au Liban

On assiste à un phénomène qui dépasse clairement celui des salles obscures, bien que le film Joker soit un carton et la prestation de Joaquin Phoenix unanimement (ou presque) saluée. On voit pulluler une tendance mise en lumière sur les réseaux sociaux, à Beyrouth, au Liban, où les protestations ont commencé il y a quelques jours, en partie à cause d'une "taxe WhatsApp" . Cette dernière est approuvée par le gouvernement, qui aurait contraint les résidents à payer 0,20 $ par jour pour téléphoner sur Internet. Il faut savoir que WhatsApp est extrêmement populaire au Liban, où les appels téléphoniques et les messages textes normaux coûtent très cher; ou encore au Chili, qui connaît sa plus grande contestation depuis la fin de la dictature : la figure du Joker est mise en avant et symbolise la contestation.

Cette tendance n'est pas nouvelle, il s'agit d'une révolte qui s'approprie les symboles de la culture populaire. Il y a aussi le célèbre masque porté dans le film V pour Vendetta, cette bande dessinée popularisée au cinéma en 2006, qui raconte l’histoire d’un anarchiste masqué aux prises avec un parti fasciste dans un Londres dystopique (ou récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur). Le mouvement Anonymous s'est approprié ce masque ainsi que le collectif Occupy.

Un manifestant à Barcelone portant le masque de Guy Fawkes - 18 octobre 2019
Un manifestant à Barcelone portant le masque de Guy Fawkes - 18 octobre 2019 ©Getty

Pourquoi porter un masque ?

Une manifestante Libanaise a confié à Wired qu'elle était venue à la manifestation avec un visage de Joker parce que c'était "parfait" pour l'occasion : 

"Si nous avons peint nos visages, c'est parce que nous étions en relation avec le personnage du film. Parce qu'avant de se peindre le visage, il vivait cette vie misérable. Personne ne se souciait de lui, personne ne voulait l'écouter. Il est bouleversé, il est en colère, et ça l'a rendu fou, et c'est ce qui se passe" [au Liban]

Un autre manifestant de Bourj El-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, a déclaré que la situation sociale par rapport au Joker ressemblait au système libanais : 

"Seules les filles, les fils et les amis des dirigeants sont pris en charge et considérés comme prioritaires: contrairement à une personne comme moi qui n'a rien à voir avec ça."

Les manifestants se sentent en phase avec le personnage du Joker, le peuple veut être écouté, être pris au sérieux, comme le Joker qui se maquille et se fond dans un personnage car avant, personne ne voulait l'écouter. Un maquillage qui inspire la peur et aussi la folie, instillé par un système inégalitaire...