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Adèle Haenel : "La France a complètement raté le coche #MeToo"
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Adèle Haenel - D.Charriau
Adèle Haenel - D.Charriau ©Getty

Adèle Haenel : "La France a complètement raté le coche #MeToo"

L'actrice a été la première à s’être exprimée publiquement pour dénoncer le harcèlement dans le milieu du cinéma français, elle a accusé le réalisateur Christophe Ruggia "d'attouchements répétés", elle s'est confiée au New York Times.

La cérémonie des Césars aura lieu dans quelques jours, le 28 février. Les 12 nominations du film J'accuse de Roman Polanski ont soulevé un véritable tollé, l'association Osez le féminisme ! appelle à un rassemblement le soir de la cérémonie devant la salle Pleyel à Paris. Nommer le film J'accuse de Roman Polanski, alors qu'il a été condamné pour viol sur mineur et accusé par des femmes d'attouchements, est un signe fort :

Récompenser Polanski, c'est cracher au visage des victimes. Ça veut dire, 'ce n'est pas si grave de violer des femmes'.

Des comédiennes et comédiens prennent position, dont Adèle Haenel, qui ne mâche pas ses mots. Après avoir dénoncé les agissements du réalisateur Christophe Ruggia, elle enfonce le clou dans un entretien accordé au New York Times, elle estime qu'il existe un paradoxe français : 

"C'est l'un des pays où le mouvement a été le plus suivi, du point de vue des réseaux sociaux, mais d'un point de vue politique et médiatique, la France a complètement raté le coche." 

Elle poursuit : "__On a un système judiciaire qui ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité (...) la justice doit s'amender pour mieux traiter les femmes victimes de violence sexuelle." 

La prise de conscience collective est la première étape mais il faut aussi des moyens juridiques, cela passe par l'évolution de la notion de consentement car : "La loi française définit le viol comme un acte sexuel commis au moyen de violence, de surprise, ou de contrainte : elle est centrée sur la technique employée par l'agresseur, pas l'absence de consentement de la victime."

Le gouvernement doit prendre ses responsabilités, Adèle ajoute : "La lenteur de la réactivité du gouvernement face au phénomène #MeToo laisse penser que les pouvoirs publics tolèrent une marge de violence sur les femmes__. Cela reste dans une certaine mesure encore accepté."