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Hamadoun Sidibé, créateur du Quai 54 : "On rêve de voir Michael Jordan sur l’événement".
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Le Quai 54 fêtera cette année sa 15ème édition.
Le Quai 54 fêtera cette année sa 15ème édition. ©AFP

Hamadoun Sidibé, créateur du Quai 54 : "On rêve de voir Michael Jordan sur l’événement".

En quinze ans d’existence, le Quai 54 est devenu un événement incontournable dans le monde du basketball. Le tournoi parisien, identifié à l’international, bénéficie de la présence de stars de NBA et d’artistes hip-hop français et américains. Mouv’ a pu discuter avec son créateur, Hamadoun Sidibé.

En 2014, le Quai 54 avait lieu au Trocadéro. Pour la quinzième édition, vous vous apprêtez à vous y réinstaller. C’est un plaisir de revenir sur ce lieu prestigieux ?

Hamadoun Sidibé : Nous avons eu accès à d’autres lieux de prestige comme le Palais de Tokyo ou la Place de la Concorde, mais c’est bien sûr un plaisir d’y retourner. Cette année, nous ne serons pas exactement au Trocadéro mais au stade Émile Anthoine, juste en face de la tour Eiffel. L’avantage, c’est que nous pourrons y mettre 8 000 places, contrairement au Trocadéro où nous étions limités à 2 500 places.

Le Quai 54 attire aujourd’hui de grosses pointures dans le monde du basket. Comment expliquez-vous qu’un tournoi français bénéficie d’une aussi forte reconnaissance à l’international ? 

Hamadoun Sidibé : Nous sommes vachement authentiques dans notre vision du basketball et je pense que notre notoriété vient de là. Très rapidement, le tournoi a pris une dimension internationale. Nous habitons à Paris, nous voulons faire rayonner la ville et nous sommes fiers de vivre en France mais c’est un événement qui pourrait être exporté dans n’importe quel pays du monde. 

Notre partenaire Jordan participe aussi grandement à son évolution en nous aidant à concevoir de grosses lignes de vêtements et de beaux produits. Ils nous permettent également d’avoir accès à des joueurs de NBA et nous aident à les faire venir. 

nous avons compris qu’il fallait changer la formule de l’événement.

Le rendez-vous a connu récemment quelques déboires. En 2015, des problèmes de sécurité ont perturbé les festivités et Michael Jordan n'est finalement pas venu, l’événement a été annulé l’année suivante en réaction aux attentats de Nice et la finale n’a pu se tenir en 2017 à cause de la pluie … Quels enseignements tirez-vous de ces déconvenues ? 

Hamadoun Sidibé : En 2015, cela faisait plusieurs années qu’on me disait qu’il fallait que je fasse payer l’entrée mais j’étais très attaché à sa gratuité. Je me disais que s’il fallait gagner notre vie, c’était plutôt grâce au sponsoring et aux activités que nous développions à côté. Mais je me suis ensuite rendu compte que le tournoi était devenu plus grand que nous. Quand 5 000 personnes sont déjà sur l’événement et que 10 000 autres se pressent à l’entrée, il faut se rendre à l’évidence.

En 2016, le Quai 54 a été annulé à la suite des attentats de Nice. Nous n’y croyions pas mais c’était les risques du métier : ils nous avaient prévenu que c’était possible. Je ne pouvais pas dire grand-chose, huit autres événements avaient aussi été annulés. Mais ça nous a permis de nous discipliner, nous avons compris qu’il fallait changer la formule de l’événement. 

Et pour la pluie en 2017, nous n’y pouvions pas grand-chose, c’était le jeu … Tout ne peut pas être parfait.

Rien n’a été de nature à menacer l’existence du Quai 54 en somme ? 

Hamadoun Sidibé : Non, heureusement ! Les assurances nous ont soutenus et notre sponsor aussi. C’est la loi de l’événementiel, nous ne pouvons pas toujours être gagnants. Ce qui pourrait nous faire peur, c’est que la mairie de Paris ne veuille plus nous recevoir. Là, effectivement, nous serions un peu inquiétés. Mais la mairie adore l’événement et nous remercie de faire rayonner la ville comme nous le faisons. Nous sommes contents de travailler avec eux parce qu’ils nous supportent énormément. 

Cette année, Koba LaD, Niska et Swae Lee se produiront entre les matchs. Une telle programmation va probablement attirer un public qui n’est pas uniquement attiré par la balle orange … 

Hamadoun Sidibé : Bien sûr, nous en sommes conscients. Mais il y a une réalité à prendre en compte, c’est que le basket reste un sport de niche en France. Les gens sont principalement passionnés par la NBA, mais le basket français, voilà … Sur le Quai 54, nous essayons d’amener un côté Américain/Français. Pour nos artistes nationaux c’est la même chose, nous sommes contents de les mettre en lumière et de satisfaire un autre public par la même occasion. Tout cela participe à faire évoluer la discipline. Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils n’aimaient pas le basket mais qu’ils ont commencé à l’apprécier après s’être rendus au Quai 54.

Comment envisagez-vous le futur de l’événement ? La recette sera-t-elle sensiblement modifiée ? 

Hamadoun Sidibé :  : Nous avons pour projet de développer le Quai 54 à l’international. Nous allons essayer d’organiser des phases qualificatives dans différents pays, et inviter toutes les équipes gagnantes à Paris. 

Y a-t-il encore un rêve pour le Quai 54 que vous n’avez encore pas pu réaliser ? 

Hamadoun Sidibé : Que Michael Jordan vienne vraiment sur l’événement. 

Propos recueillis par Valentin Després