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LeBron James : le one-man show des playoffs 2018
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LeBron James : le one-man show des playoffs 2018
LeBron James : le one-man show des playoffs 2018 ©Radio France

LeBron James : le one-man show des playoffs 2018

Meilleur joueur de sa génération, LeBron James s’est qualifié pour ses huitièmes finales NBA consécutives. Alors qu’il retrouve les Golden State Warriors, retour sur une saison pas comme les autres.

Le Fantôme de Chicago

Cependant, cela ne suffit pas à ses détracteurs. Star depuis ses 16 ans et la couverture du magazine Sports Illustrated avec en titre "l’Élu", James n’a pourtant jamais cessé d’assumer. Premier choix de Draft à 18 ans, en passant directement du lycée à la NBA, il réussira brillamment son arrivée chez les grands. Visage de la ligue depuis 15 saisons, certains lui reprochent également d’être toujours resté dans la "faible" Conférence Est. Aussi et surtout, son bilan de 3 victoires pour 5 défaites en Finales (bientôt 6 diront les mauvaises langues) pèse lourd dans la balance.  Car oui, si les critiques les plus vives contre LeBron James sont aussi pointilleuses, c’est que le Roi est apparu au fil des années commele premier challenger à la suprématie du grand Michael Jordan.  Le numéro 23 des Bulls est d’ailleurs le dernier objectif avoué de LeBron James.

En 2016, après avoir renversé les Golden State Warriors en 7 matchs, un lycéen demandait au King ce qui lui restait à accomplir maintenant qu’il avait apporté un premier titre à Cleveland, ville maudite du sport américain. Voici la réponse du quadruple MVP : "Ma motivation est ce fantôme que je chasse. Le fantôme a joué à Chicago. Pourquoi ai-je l'impression d'aller en thérapie ? Ma carrière est totalement différente de celle de Michael Jordan. Ce que j'ai vécu est totalement différent de ce qu'il a traversé. Ce qu'il a fait était incroyable, et j’ai regardé cela se dérouler. Je m’inspirais tellement de lui. Je pense que c'est cool de me mettre en position d'être un de ces grands joueurs, mais si je peux me mettre en position d'être le meilleur joueur, ce serait quelque chose d'extraordinaire."

Depuis ces déclarations, LeBron James n’a plus touché au trophée Larry O’Brien. Si sa tentative s’annonce extrêmement compliquée pour cette saison encore, il aura à nouveau échoué à une marche de la plus grande distinction…et ses détracteurs plongeront tête baissée sur ce bilan de 3 victoires pour 6 défaites en Finale. Cette année, c’est toutefois différent, puisque personne ne s’attend à ce que Cleveland l’emporte tant la différence avec Golden State est criante.

Pas de trophée mais des records pour notre cyborg  qui a compilé les places de choix depuis 2016 : meilleur scoreur de l’histoire des playoffs, plus grand nombre de minutes en playoffs, premier joueur à être sélectionné 12 fois dans la meilleure équipe NBA, seul joueur de l’histoire avec un triple double de moyenne en Finales,seul joueur de l’histoire avec au moins 31 000 points, 8 000 rebonds et 8 000 passes en carrière. Bref, en deux ans si l’armoire à trophée est restée vierge, la superstar des Cavaliers n’a pas chômé. Pour la saison actuelle, à 33 ans (!) LeBron James apparaît même plus fort que jamais. Libre de tout contrat dès le 1er juillet, il dispute peut-être ses dernières rencontres sous le maillot de Cleveland.

Vaincre Golden State, le plus grand défi

Au micro d’ESPN après l’élimination des Celtics en 7 matchs, James parlait sa forme actuelle, et de ce qui se cachait derrière cela : "Juste après la date limite des échanges, peu importe si nous faisions des échanges ou non à ce moment-là, j'ai simplement changé mon état d’esprit en disant: ‘tirons le maximum de cette saison’. Je suis déterminé à en tirer le maximum, j'essaie de presser cette orange jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de jus et c'est un sacré accomplissement pour notre équipe, réussir cela sans notre ailier fort All-Star pour quasiment deux matchs. Cette équipe était invaincue en playoffs chez elle à Boston, faire cela et pouvoir diriger ces gars, c'est un régal."

À la fois athlète le plus aimé et le plus détesté des États-Unis  en 2015, LeBron James est un sportif à part. Dominant la Conférence Est depuis 8 ans, plus fort qu'il y a 3 ans, et régalant les amateurs de basket-ball de highlights à foison, le King manquera assurément une fois l'heure de la retraite. Plutôt que de se poser éternellement la question de sa place par rapport à Jordan,profitons de cet athlète hors-norme qui joue désormais pour l'histoire de son sport , et son histoire. Quoi qu’il arrive, mener cette équipe des Cavaliers version 2018 en Finales NBA est l’un des plus grands exploits de LeBron James. En termes d’apport statistique, il s’agit bien des plus « mauvais » coéquipiers de la carrière de la superstar. On place toutefois le titre historique de 2016, après avoir été mené 3-1 (le premier à 4 victoires), largement devant. Désormais, il lui reste le plus grand défi de sa carrière : faire tomber le monstre à quatre têtes d’Oakland. En cas de succès, il serait extrêmement compliqué de contester la suprématie de l’enfant d’Akron. Plus grand favori depuis 16 ans, Golden State paraît trop fort, même pour James. À moins que…

Il y a, en effet,deux infimes espoirs pour la franchise de l’Ohio. Tout d’abord, la blessure d’Andre Iguodala . Sans lui, les Warriors n’ont aucun joueur capable de transformer les Finales en enfer (relatif) pour James. Si Kevin Durant peut défendre sur LeBron, il est l’autre rouage essentiel de l’attaque de Golden State avec Stephen Curry. On imagine donc mal Kerr s’acharner à mettre KD en défense sur James. Aussi et surtout,l’arrogance de Golden State a été criante cette saison . Capables du meilleur comme du pire dans une rencontre, les champions en titre se font souvent déborder avant de laisser leur talent écraser la concurrence en seconde période. Si Cleveland peut enrayer la déferlante du troisième quart temps, alors il y aura une chance. C’est peu.

Crédit photo : Maddie Meyer / Getty Images

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