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LeBron James aux Lakers : retour sur un fiasco
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LeBron James le 10 février 2019 (Photo : Jesse D. Garrabrant) ©Getty

LeBron James aux Lakers : retour sur un fiasco

Recrue superstar des Los Angeles Lakers et meilleur joueur du monde, LeBron James est vite redescendu sur terre en Californie.

Agent libre à l’été 2018, LeBron James était le joueur le plus courtisé de l’intersaison. Finalement, et sans trop de surprises, il quittait sa région natale une deuxième fois pour partir chez les mythiques Los Angeles Lakers. Magic Johnson réussissait son coup en s’offrant le meilleur joueur du monde pour 4 ans et 153.3 millions de dollars. La franchise légendaire parvenait même à ce que le difficile James s’engage sur la durée ! Bref, tous les voyants étaient au vert et d’autres recrues étaient attendues pour épauler LeBron. Entre un Kawhi Leonard en instance de départ de San Antonio et un Paul George libre, LA pouvait nourrir quelques espoirs. Malheureusement, aucune de ces stars n’arrivera en Californie. Avec un marché des transferts 2019 très juteux, les Lakers préféraient signer des vieux briscards sur des contrats d’un an pour compenser. 

L’objectif derrière cela : avoir une équipe compétitive pour la première saison de LeBron et viser le titre la saison suivante. En effet, pour 2018-2019, personne ne pouvait rivaliser sur une série de playoffs avec les Golden State Warriors. Sur le papier, le plan des Lakers faisait donc sens. Pour épauler LeBron et plutôt que de faire avec la formule habituelle ; à savoir James et des shooteurs ; Magic Johnson optait pour la formule suivante : James et des créateurs. Une décision prise avec le joueur star, mais qui ne porta pas ses fruits. En effet, sur le papier, on pouvait imaginer que James allait partager la balle et les responsabilités offensives pour souffler un peu. Dans les faits, on ne change pas son jeu radicalement après 16 saisons dans la ligue. LeBron est donc toujours le principal porteur de balle… sauf que personne ne peut envoyer à trois-points. Dans la NBA d’aujourd’hui, c’est un problème. Pour commencer la saison 2018-2019, les Los Angeles Lakers faisaient donc avec LeBron James, des jeunes prometteurs et des vétérans revanchards. Un cocktail surprenant.

Avant de revenir sur cette saison chaotique, la journaliste Ramona Shelburne, experte des Lakers, livre une analyse dure de la situation : « Bien que les échecs ne puissent pas être imputés à une seule personne, James, Johnson et le directeur général Rob Pelinka vont devoir répondre de beaucoup de leurs actes. L'entraîneur Luke Walton pourrait perdre son travail à cause de cela. [] Vous devez supposer que même les changements à plus grande échelle seront mis en œuvre compte tenu de la déception de cette saison. »

Un début de saison encourageant… puis la catastrophe

Guidés par un LeBron tout puissant, les Lakers commençaient leur saison par trois défaites de suite. Les fans de la Cité des Anges commençaient à grincer des dents. Heureusement, Los Angeles se reprenait bien et allait même jusqu’à titiller les plus grands. Le King s'offrait également quelques performances de choix : 44 points face aux Blazers, 51 points face au Heat, 42 points face aux Spurs. Quatrième de conférence Ouest à Noël pour affronter les Warriors, la franchise pouvait s’estimer heureuse ! Si dans le jeu, c’était loin d’être parfait, les résultats permettaient d’espérer. L’effectif était certes perturbé par les blessures, mais LeBron tenait la baraque. 

Tout changea le 25 avril lors du déplacement à l’Oracle Arena face aux Golden State Warriors. Après 21 minutes, James se blessa aux adducteurs. Une blessure qui rendit la victoire des siens 127-101 complètement anecdotique. Si les Lakers avaient pu (et su) se passer de Rajon Rondo et Lonzo Ball, quand serait-il de l’absence de leur superstar ? On eut très rapidement la réponse lors des 17 matchs manqués par James. Jamais il n’avait été blessé aussi longtemps dans sa carrière. Sur la période, les Lakers galéreront avec 6 victoires contre 11 défaites. Un décrochage brutal au sein du classement qui n’arrangea pas les affaires de la franchise dans l’optique d’une qualification en playoffs. Il fallait agir.

La gestion catastrophique du cas Anthony Davis

Afin de se redynamiser, les Lakers devaient obligatoirement se renforcer lors de la période des échanges. Dans le cas contraire, une qualification en playoffs devenait très compliquée. Ça tombait bien, Anthony Davis, dans le top 5 des meilleurs joueurs et qui partage le même agent que James, demandait son départ des New Orleans Pelicans. Souhaitant jouer pour Los Angeles, il devait attendre que les deux équipes se mettent d’accord pour monter un échange. Malheureusement pour lui, les Pelicans se montreront très durs en affaire. Au cours d’une semaine très pénible à Los Angeles, tous les joueurs de l’effectif (hors LeBron) seront mis sur le marché dans l’espoir de convaincre New Orleans… Les différentes offres ne feront pas céder l’équipe et Davis restera aux Pelicans. Oui, après avoir gentiment poussé toute l’équipe vers la sortie, Los Angeles devait finir la saison avec le même groupe…et espérait un regain de motivation et de cohésion pour se qualifier en playoffs : mission impossible. 

Pas de playoffs pour LeBron James

Pour sa première saison en Conférence Ouest, LeBron James ne devrait donc pas connaître les playoffs. Sauf miracle du type penalty à la 93e minute grâce à la VAR, il restera à quai pour la première fois depuis... 2005. Une éternité. Il est même loin d'être exempt de tout reproche. Placé au centre de tout par le management de Los Angeles, il n’a pas hésité à publiquement s’exprimer pour la venue d’Anthony Davis. Ce n’est pas forcément la meilleure idée au monde quand cela signifie que tous vos coéquipiers sont placés sur la sellette. 

Le King se fit aussi remarquer pour une passivité défensive et un langage corporel qu’on ne lui connaissait pas. Alors que sa franchise avait le plus besoin de lui, James ne se cachait pas pour envoyer les mauvais messages à ses coéquipiers. Difficile quand le meilleur joueur de l’équipe ne se donne pas à 100% d’espérer quoi que ce soit. Le King interpellait même ses coéquipiers par voie de presse : «  Lorsque vous n’êtes jamais allé en playoffs et que vous ne savez pas ce qu'il faut pour gagner à un haut niveau, vous avez parfois peur de vous sentir mal à l'aise. Vous devez être à l'aise dans l’inconfort. [...] Et concernant le basket-ball, est-ce la chose la plus importante, pourquoi faisons-nous cela ? Est-ce la chose la plus importante dans votre vie en ce moment ? »  Venant d’un James multipliant les projets médiatiques de Space Jam à son émission The Shop sur HBO, ça peut poser question. 

Un dirigeant NBA, sous couvert d’anonymat, n’hésitait pas à critiquer frontalement LeBron James pour sa saison à Los Angeles. Pour lui c’est simple, le King « a tué l’alchimie des Lakers. Il n'aurait pas dû être si public au sujet du trade d’Anthony Davis. Même pendant la Draft du All-Star Game, il a ri de vouloir que Davis soit son coéquipier. »

Depuis la blessure de LeBron James à Noël, les Los Angeles Lakers coulent. Alors que la saison 2018-2019 tourne au cauchemar, la franchise devra tirer les leçons de cet exercice manqué. Comme annoncé par Shelburne, le coach Luke Walton va vraisemblablement quitter l’organisation. Tout l'effectif, hors LeBron James, n'a aucune assurance de revenir. Après cette sixième saison sans playoffs, les Lakers devront en plus convaincre une autre star de les rejoindre. Ça s'annonce compliqué, même si les moyens financiers seront là. En effet, la gestion du cas LeBron James, qui a souvent semblé dirigé la franchise à la place du duo Magic Johnson – Robert Pelinka, n’a pas envoyé les bons signaux aux potentiels agents libres. Du côté du King, le problème de cet exercice 2018-2019 est tout désigné : « Je n’avais jamais connu une saison avec autant de blessures chez nos joueurs clés. C'est juste la façon dont la saison a été. » Il n’a pas totalement tort, car avant sa blessure, les Lakers étaient quatrièmes à l’Ouest.