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James Harden : un mois record pour rejoindre les plus grands
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James Harden ne cesse d'affoler les compteurs en NBA
James Harden ne cesse d'affoler les compteurs en NBA ©Getty

James Harden : un mois record pour rejoindre les plus grands

MVP 2018 et finaliste de Conférence malheureux face aux Golden State Warriors, James Harden n’a pas dit son dernier mot. Il affole les compteurs, notamment en profitant des règles actuelles de la NBA.

Montant en puissance au fil des mois, James Harden est absolument déchaîné depuis décembre. Alors que ses Houston Rockets semblaient condamnés au pire avec les blessures conjuguées de Chris Paul, Clint Capela et Eric Gordon, la barbe a su hisser son niveau de jeu pour sauver les siens. Depuis un peu plus d’un mois, le MVP de la saison passée empile les cartons offensifs pour permettre aux siens de s’accrocher au sein de la terrible Conférence Ouest. Grâce à son style de jeu, en parfaite adéquation avec la NBA des années 2010 et au système mis en place par son coach Mike D’Antoni, Harden rayonne comme jamais. C’est bien simple, on n’avait plus vu de tels cartons offensifs depuis Kobe Bryant il y a 13 ans !

James Harden et l’art du lancer franc

Entre le 14 et le 23 janvier, James Harden a marqué 261 points...aucun de ceux-ci ne provenait d'une passe décisive de l'un de ses coéquipiers. En effet, la star de l'équipe joue l'isolation (action de un-contre-un) comme personne dans la ligue. Ce un-contre-un se termine alors soit en tir... ou en lancer franc de la part du joueur, obtenu grâce à une faute subie. Tentant 11.58 lancers par match, Harden possède un taux de réussite de 86.4% dans l'exercice. Attirant les fautes comme personne, Harden est l'un des bénéficiaires d'une NBA de moins en moins tolérante avec les contacts. La ligue a d'ailleurs pleinement conscience que les règles avantagent un Harden qui en use et en abuse. En 2017, la ligue mettait ainsi en place une « Harden Rule », permettant de ne pas donner de lancer franc au joueur allant au contact après le tir. Son style de jeu reste cependant très favorable aux sifflets des arbitres (nous reviendrons sur sa manière d’attirer les fautes). Face aux Lakers il y a quelques semaines, il est ainsi allé 19 fois sur la ligne de lancer en 35 minutes. Pour protester, Los Angeles a commencé à défendre les mains derrière le dos… Toutefois, il convient de pondérer cet argument du « Harden ne score qu’avec ses lancers. » En effet, les Jordan et Iverson ont aussi bénéficié de ces lancers pour gonfler leur scoring. Selon The Ringer, Harden resterait même le meilleur scoreur de la ligue si les lancers francs étaient enlevés à tous les joueurs. Comme quoi…

Harden simule, tout comme moi en défense. Il est dans la ligue depuis longtemps et il s'est construit cette réputation. Il est difficile de défendre sur lui, sachant que vous pouvez être sifflé à tout moment pour une faute. Il fait un très bon travail en utilisant son corps les règles à son avantage. - Marcus Smart, meneur des Boston Celtics

James Harden, l’aimant à faute

Sachant parfaitement utiliser son corps pour créer le contact et donc la faute, Harden est un cauchemar en attaque. Même lui admet maîtriser cet art subtil du contact : « Oui, mais c'est difficile. Je ne peux pas être trop agressif, car alors je fais tomber le gars et il obtient une faute offensive. Je dois choisir l’endroit l’idéal ». Le garder à distance du cercle n'est pas non plus une solution...car il arrosera à trois-points. La solution est donc de défendre sur lui, avec les mains (et les doigts) bien en l’air. « C'est comme s'il avait la peste et que vous ne vouliez pas le toucher. C'est comme ça qu'on doit le traiter. » explique Gregg Popovich. On peut critiquer le fait que les arbitres sifflent aussi souvent en sa faveur mais Harden a véritablement travaillé pour ça. Il est d’ailleurs véritablement « victime » de fautes, celles-ci sont seulement cherchées par lui. 

Depuis décembre 2018, il cartonne

Au-delà de cette formidable capacité à attirer les fautes, James Harden est bien évidemment un shooteur hors pair. N’hésitant pas à prendre sa chance même dans un mauvais soir, il est un danger constant. Passant de 3.3 à 13.3 trois-points tentés par match en 10 saisons, son taux de réussite n'a baissé que de 0.1% (de 37.5% à 37.4%) malgré un volume devenu ahurissant. Ses talents d’organisateur sont aussi à souligner. En effet, avant l’arrivée de Chris Paul, la Barbe évolua en tant que meneur de jeu aux Rockets. Un repositionnement qui transforma la franchise pour le mieux. Aujourd’hui encore, il combine ses capacités de scoreur et d’organisateur comme personne auparavant. En effet, si dans la NBA seuls 6 joueurs ont tourné à plus de 35 points de moyenne sur une saison ; il n’y a que James Harden qui dépasse les 5 passes par match !

Sans son lieutenant de luxe Chris Paul, co-responsable de la création aux Houston Rockets, James Harden assume seul ce rôle. Ajoutez à cela la blessure depuis le 14 janvier du deuxième meilleur scoreur de l’équipe (Clint Capela) et celle du sixième homme (Eric Gordon) entre le 31 décembre et le 14 janvier, et vous ne laissez plus le choix au franchise player : il doit s’occuper de tout… avec succès. Depuis la blessure de Chris Paul, Houston est ainsi à 11 victoires en 16 matchs disputés (au 24 janvier). 

Pour atteindre ces résultats collectifs, James Harden tutoie véritablement les sommets. Il tourne ainsi à 36.3 points (44%), 6.6 rebonds, 8.3 passes et 2.1 interceptions cette saison. Accroissant sa production face aux blessures, le MVP apporte 45.4 points (44%), 8.8 rebonds, 7.2 passes et 2.3 interceptions en janvier ! Alors qu'il semble inlassablement monter en puissance, le pyromane a été élu joueur de la semaine du 14 au 20 janvier. Ses moyennes sur la période ? 54.3 points (48.5%), 9 rebonds, 4.7 passes et 2.3 interceptions. Absolument ahurissant.

C’est le meilleur joueur offensif que j’ai vu. Je veux dire, sérieusement. Il peut dribbler. Il peut tirer. Il a la maîtrise du ballon. Ce sera une soirée difficile pour qui que ce soit. Je me fiche de ce que vous faites face à lui - Chris Paul 

Réalisant le plus gros total de sa carrière contre les Knicks, dans la salle mythique du Madison Square Garden le 23 janvier avec 61 points. Il repousse les limites. Dans cette rencontre extrêmement serrée, James Harden a même forçé la décision sur un dunk décisif dans les toutes dernières secondes ! Avec sa performance, la superstar devenait le premier joueur depuis Shaquille O’Neal en 2000 à au moins 60 points, 15 rebonds en match NBA. Il en profitait aussi pour rejoindre Kobe Bryant et son record de 61 points marqués au Madison Square Garden en tant que visiteur. De tels accomplissements qui poussent son General Manager Daryl Morey à le placer très haut : « Vous pourriez argumenter qu’il est le meilleur joueur offensif de tous les temps__. Pouvoir dire cela avec un visage impassible, et ne pas avoir à être son coach ou son General Manager pour dire ça est assez incroyable. Il existe de nombreuses façons de le mesurer, mais il est certain qu’il est dans la conversation pour le plus grand joueur offensif de tous les temps. » Sur le niveau de jeu qu’affiche Harden en ce moment, difficile de contredire Morey. Il faudra toutefois durer pour que la barbe soit considérée comme l’égal des Chamberlain, Bryant et autres Jordan.