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Giannis Antetokounmpo : le nouveau boss de la NBA ?
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Giannis Antetokounmpo, un  Grec au sommet de la NBA
Giannis Antetokounmpo, un Grec au sommet de la NBA ©Getty

Giannis Antetokounmpo : le nouveau boss de la NBA ?

Avec ses Milwaukee Bucks, Giannis Antetokounmpo cartonne en NBA. Le Greek Freak est devenu l'un des visages de la ligue et est même favori pour le trophée de MVP, qui récompense le meilleur joueur de la saison.

Lors du dernier All-Star Game, deux équipes s'affrontaient, représentées par les joueurs de chaque conférence ayant reçu le plus de votes de la part du public. La mégastar LeBron James était capitaine de la Conférence Ouest (3 770 807 votes reçus). À l'Est (et deuxième du classement général), on retrouvait un certain Giannis Antetokounmpo (3 626 909 votes). Oui, le Grec a reçu plus de voix que les Westbrook, Harden, Curry, Irving ou Leonard ! Pour son premier All-Star Game dans la peau d’un capitaine, la star des Milwaukee Bucks a été le meilleur joueur sur le parquet avec 38 points (17 sur 23), 2 sur 6 à trois-points, 11 rebonds, 5 passes. Surtout, il s'offrait l'action de la soirée en faisant parler ses capacités physiques tout simplement exceptionnelles. Après la rencontre, il recevait même une belle accolade de la part du patron de la Ligue, LeBron : « j’aime tout ce que tu fais mec. » Validé par le King, Antetokounmpo, 24 ans, peut désormais devenir son héritier en tant que patron du jeu pour les prochaines saisons.

En progrès constants

Ronronnant en saison régulière avant d’activer le mode cyborg en playoffs, LeBron James reste le meilleur joueur du monde. Pourtant, le niveau affiché par Giannis depuis le début de saison laisse penser que le passage de flambeau se rapproche. À 34 ans, James ne sera pas éternel et Antetokounmpo représente désormais le présent et l’avenir de la ligue. Avec James Harden, le Grec est même favori pour remporter le trophée de MVP (version basket-ball du Ballon d’Or). En effet, il tourne à 27.2 points (58.1%), 12.7 rebonds, 6 passes par match en moyenne ! Le frêle et timide 15e choix de Draft 2013, arrivé directement d'Athènes, est devenu une véritable machine de guerre qui ne cesse de progresser. Pour sa sixième saison en NBA, il connaît ses meilleures moyennes aux points, rebonds et passes !

Un Giannis Antetokounmpo pleinement conscient de ce qu’il représente pour l’adversaire : « En fin de compte, je n'essaie pas de paraître arrogant et prétentieux parce que ce n’est pas ce que je suis, mais je ne pense pas qu'un seul gars puisse m'arrêter. Ça doit être un effort collectif. Ils doivent me charger, ils doivent me prendre à deux. Quand j'arrive dans la peinture, trois types m’attendent. C'est le seul moyen pour me ralentir. Ils doivent tous travailler ensemble pour m'empêcher de faire des actions, de marquer des points, de faire des passes. » 

Véritable bourreau de travail, le Greak Freak a su travailler au fil des saisons son jeu, mais aussi son physique.  Depuis le début de sa carrière en 2013, le joueur a ainsi pris 21 kilos de muscles, passant de 89 à 109.8 kilos. Dans la raquette, il est donc très difficile de l'arrêter. Aussi et surtout, Antetokounmpo a toujours su ce qu'il fallait faire pour s'améliorer. N'hésitant pas à s'entraîner avec l'intransigeant Kobe Bryant lors des intersaisons, il a aussi énormément travaillé à trois-points. Conscient que le jeu se tourne désormais vers le tir longue distance, Giannis a ajouté cette arme à son arsenal. S'il n'est pas encore un tireur d'élite, il est désormais une menace pour ses défenseurs. Intraitable dans la raquette et maintenant dangereux de loin, le Greek Freak se transforme en véritable cauchemar ambulant. 

« Le jeune Giannis était vraiment maigre. Maigre, mais un gamin travailleur et qui croyait en lui. Il n'avait pas beaucoup de muscles, pas beaucoup de compétences, Il a donné son coeur et son âme au jeu pour devenir meilleur. » Giannis à propos du Giannis de 2013

Des ambitions collectives

Favori du trophée de MVP avec James Harden, Giannis Antetokounmpo pourrait faire la différence grâce à la puissance collective des Bucks. En effet, derrière sa star, Milwaukee est aujourd’hui la première équipe du classement général NBA ! Assez discrètement, la franchise présente un meilleur bilan que celui des Warriors, Thunder, Celtics, Sixers et autres Raptors. Désormais, les one-man-shows quotidiens du Greek Freak servent un but ambitieux : les playoffs.

C'est l'objectif ultime des Milwaukee Bucks qui savent bien que Giannis ne restera que si les résultats collectifs suivent. N’ayant pas le climat de Los Angeles ni l’attrait économique d’un New York, la franchise ne peut compter que sur de belles performances pour retenir son joyau. Dans le cas contraire, le Greek Freak fera comme LeBron James (de Cleveland à Miami) ou Kevin Durant (d’Oklahoma City à Oakland) avant lui et rejoindra une grosse cylindrée ambitieuse dans une région géographique attractive. Pour cela, sa franchise a donc passé la seconde ces derniers temps : arrivée du meneur explosif Eric Bledsoe en 2017 ; arrivée de Mike Budenholzer, un des meilleurs coachs de la ligue, en 2018 ; arrivée du redoutable tireur Nikola Mirotic en 2019. Ce casting, loin d’être clinquant, se révèle pourtant très efficace. Si les Bucks ne peuvent fonctionner en l’absence de Giannis, l’effectif est aujourd’hui parfaitement construit autour de lui. 

Antetokounmpo bénéficie aussi de la présence du sous-estimé Khris Middleton à ses côtés. All-Star en 2019, le joueur de l’ombre a enfin été récompensé pour ses efforts sur le terrain. Justement, lors de ce même All-Star Game, Middleton revenait sur les débuts de sa relation avec Giannis : « Nous nous détestions sur le terrain parce que nous nous battions pour nos minutes de jeu. Lui et moi étions un peu au même poste. C'était une bataille tous les jours aux entraînements. Nous nous améliorions mutuellement, mais nous essayions vraiment de prendre la place de l’autre ». Aujourd’hui cela a bien changé et les deux hommes sur le moteur d’une franchise qui tutoie les sommets. Pour la suite des aventures du Grec, rendez-vous au printemps avec les playoffs. Ceux-ci permettront de savoir si Antetokounmpo et les Bucks ont l’étoffe des plus grands.