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Blake Griffin : le retour de la hype
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Blake Griffin (© Gregory Shamus)
Blake Griffin (© Gregory Shamus) ©Getty

Blake Griffin : le retour de la hype

Promis à un brillant avenir et cassant des cercles comme personne lors de son arrivée dans la ligue, Blake Griffin est depuis rentré dans le rang mais il semble reprendre vie à Detroit.

Premier choix de Draft en 2009, Blake Griffin n'a pas joué sa première année pour récupérer d’une opération au genou. Censé être l’homme du renouveau dans l’autre franchise de Los Angeles, les Clippers, l’intérieur a répondu présent dès les premières rencontres après une saison à ronger son frein. Lors de la réception des New York Knicks au Staples Center, le phénomène Griffin naissait : deux actions de légende et deux gros posters sur Timofey Mozgov et Danilo Gallinari afin de devenir la nouvelle attraction de la ligue ! Pour son 15ème match NBA, l'intérieur bouclait la rencontre avec 44 points (14 sur 24), 15 rebonds, 7 passes (4 TOs), 2 steals.  En double-double de moyenne sur cette première saison, "Quake" fut naturellement élu rookie de l’année ! Véritable phénomène populaire, il était même sélectionné au All-Star Game pour sa toute première saison NBA. En lui, les Clippers voyaient enfin un franchise player digne de ce nom. Tout s’est accéléré pour LA, puisqu’à l’été, c’est Chris Paul qui a été tradé afin de transformer l’équipe en prétendante au titre.

Malheureusement pour les fans, et pour Griffin, les années suivantes furent un gâchis sans fin. Entre blessures, contre-performances et scandales extra sportifs, les Clippers n’auront jamais donné l’impression d’évoluer au maximum de leur potentiel. Parmi les folles péripéties de ces dernières années, on note ce triste 26 janvier 2016. En frappant le responsable de l'intendance des Clippers dans un restaurant, Griffin se cassa la main ! 

Le Lob City avec Chris Paul en distributeur de caviars pour Griffin et DeAndre Jordan n’aura finalement accouché que de deux petites demies-finales de conférence perdues en six saisons. C’est peu. Trop peu. Avec un CP3 parti chercher les titres en 2017 du côté des Rockets, on pensait que Blake allait s’offrir un second souffle à LA. Il était même prolongé pour 5 ans et 171.2 millions de dollars par la franchise californienne. Signé pour le maximum après des saisons de galère, le joueur était tradé 6 mois plus tard aux Detroit Pistons. La tentative Blake Griffin en franchise player n’ayant pas fonctionné pendant 7 saisons et demie, LA décida de passer à autre chose. 

Au cœur du projet de Detroit

Dans le Michigan, État bien moins médiatisé que la Californie, Griffin fait désormais équipe avec un autre co-franchise player après Chris Paul aux Clippers : Andre Drummond. Devenu une véritable référence au poste de pivot, Dre cherche cependant toujours la formule pour permettre aux siens de franchir un palier. Le recrutement de Griffin doit permettre cela. Pour la première saison, ce fut un raté puisque les Pistons terminèrent à une insipide dixième place. L’association Griffin/Drummond aura cependant été encourageante. Bien loin de la hype de ses débuts, Quake a aussi une image différente. La future superstar a laissé place à un joueur solide, bien moins dunkeur pour se préserver physiquement, auquel on n’attend plus de miracles. Avec le recrutement de Dwane Casey, coach de l’année 2018, les fans se sont cependant pris à rêver. Commençant la saison 2018-2019 sur les chapeaux de roue avant de rentrer dans le rang, les Pistons version Casey mettent Griffin au cœur du projet.

"Pour rester vrai, nous venons d’Oklahoma. Detroit ressemble beaucoup plus à Oklahoma qu’à LA, ce n’est donc pas comme si c’était un terrain étranger auquel il devait s’adapter. C’est rafraîchissant pour lui de prendre un nouveau départ." a raconté Taylor Griffin, frère et manager de Blake au sujet de l’adaptation du All-Star à son nouvel environnement.

Plus scoreur, notre intérieur tourne à 27.3 points (49.3%), 10.6 rebonds et 4.3 passes sur les 7 premiers matchs 2018/2019. Jouant 36.4 minutes, le bonhomme est crucial au bon fonctionnement de sa franchise. Son énorme coup de chaud à 50 points contre les Sixers confirme ce retour sportif au premier plan : il n’avait jamais autant scoré ! Malheureusement, et comme cela fut le cas aux Raptors, Casey a tendance à trop se reposer sur ses talents. Dans le money-time, notamment contre les Celtics (défaite 108-105) et les Brooklyn Nets (défaite 129-119), Quake n'a plus le même impact. Un joueur à 34 millions par an doit permettre à son équipe de gagner des matchs, pas seulement de rester dans le match.

"Vous savez, ces deux ou trois dernières années, tout ce que j'entends, c'est à quel point je suis mauvais, à quel point j'ai été blessé__, à quel point j'ai fait de mauvais matchs." lança Griffin après le match de sa vie contre les Sixers en octobre dernier.

Nous avons pu parler avec lui après la défaite en prolongations contre les Nets. Si pour le moment ça ne fonctionne pas comme il le souhaite, le joueur de 29 ans se sent à l’aise pour prendre les commandes dans le money-time : "Je me ferai toujours un plaisir de prendre le dernier tir à chaque fois. J’essaierais de faire la bonne action." Pour le moment, les Pistons vivent et meurent par Griffin. À force de laisser son intérieur jouer les meneurs de jeu, Casey pourrait toutefois se tirer une balle dans le pied.

Qu’attendre de Blake Griffin en 2018/2019 ?

À peine commencée, la saison 2018/2019 nous montre un Blake Griffin déjà très affuté. Victimes de blessures à répétition ces dernières années, l’intérieur capitalise sur une intersaison où il a pu enfin s’entraîner sereinement : "Les derniers étés, je travaillais pour pouvoir jouer. L'été passé, j'ai enfin travaillé pour m'améliorer.__" S’il continue au rythme affiché lors des dernières sorties alors on pourra se dire que le grand Blake Griffin est durablement de retour. Il ne manquerait plus qu’une qualification en playoffs, accompagnée de deux-trois fins de match bien maitrisées pour qualifier le joueur de franchise-player ; un costume qui a jusqu’à maintenant été trop grand pour lui, malgré ses larges épaules.

Jouant moins de 68 matchs par saison (sur 82) depuis 2014, le physique de Griffin sera à suivre. S'il admet volontiers être bien mieux que ces dernières années, la saison NBA est longue. Avec le deuxième plus gros temps de jeu de sa carrière pour le moment, il ne faudrait pas que le joueur se retrouve en surchauffe. S'il était emmené à manquer une vingtaine de matchs, ce serait très compliqué dans l'optique d’une qualification en playoffs. Toujours est-il que son coach n’a d’yeux que pour lui, y compris quand son équipe perd en prolongations face aux Nets : "Il a fait un excellent travail. Il a fait un excellent travail en fin de match pour nous maintenir à flot. Il a mis quelques gros trois-points pour nous maintenir dans le match. Blake le fait pour nous toute l’année et nous avons besoin de lui. Vraiment content de la façon dont il gère le ballon, et dans sa prise de décisions dans ce genre de situations." 

Par Guillaume Duseaux