Le selfie, nouvelle forme de protestation

Par Victoria Peek / le 27 février 2014
Le selfie, nouvelle forme de protestation
Face au renforcement des mesures pour limiter l’immigration et les échanges internationaux qui vont avec, des étudiants anglais ont décidé de se mobiliser d'une façon originale. Pour démontrer les bienfaits des amitiés entre différentes nationalités, ils ont choisi le selfie.

Depuis un certain temps, le gouvernement britannique veut limiter l'accès aux immigrants illégaux. Les autorités ont même envisagé de lancer une campagne publicitaire pour décourager les candidats à l'immigration dans le pays. Leur slogan ?
S’il vous plaît, ne venez pas en Angleterre: il pleut, les jobs sont rares et sous-payés.


Très convaincant.

Des mesures contraignantes

Plusieurs nouvelles mesures restreignent également les échanges universitaires. Désormais, les étudiants étrangers devront s'acquitter d'une taxe de 200£ par an pour accéder à la NHS, le système de santé publique du Royaume-Uni.

Toujours dans un but de dissuader les candidats à l'immigration au royaume de Sa Gracieuse Majesté, le gouvernement Cameron s'est aussi attaqué au logement. Les propriétaires dans le secteur locatif privé devront ainsi vérifier le statut d'immigration de tous les locataires potentiels et pourraient être condamnés à une amende s'ils louent leur bien à un individu qui n'a pas la permission d'être au Royaume-Uni.

Le selfie comme moyen de protestation

Face à ce projet de loi sur l'immigration, les étudiants de l'Université de Sheffield ont décidé de protester avec... des selfies ! Drôle d'idée ? Apparemment pas. Leurs photos ont déjà fait un peu de bruit sur les réseaux sociaux.

 

Depuis le 24 février, les étudiants ont commencé à utiliser le hashtag #Standbyme pour célébrer l'importance des échanges entre cultures. L'objectif ? Montrer le nombre d'amitiés internationales au sein de la communauté universitaire. Les photos contiennent aussi une brève description de leur relation: nationalités, rencontres, durée.

Une pétition a été lancé et l'union des étudiants a même été au Parlement pour se faire entendre.  

Ally Buckle, président d'un syndicat étudiant exprime son mécontentement envers ces nouvelles mesures :

Il est temps de sortir notre arme secréte: le selfie ! Au cours des derniers mois, nous avons travaillé dur pour dire au gouvernement que nous aimons nos étudiants étrangers et que nous n'aimons pas la politique du Parlement. (...) Nous allons les utiliser dans une campagne qui dira aux politiciens que pour chaque étudiant étranger, il existe un ami du Royaume-Uni qui est prêt à se battre.


 

 

Via the Guardian

Par Victoria Peek / le 27 février 2014

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