Marsatac, 15 ans sans domicile fixe

le Reportage de la Rédaction Vendredi 27 septembre 2013

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Marsatac, 15 ans sans domicile fixe
Le festival marseillais de musiques actuelles fête ses quinze ans jusqu'à dimanche. Quinze ans d'une histoire tumultueuse et de nomadisme forcé à travers la cité phocéenne. Comme toujours la programmation est éclectique, contrastée, à l'image de la ville.


"Enlarge your festival", "Dansez sans entraves", "Know Future". Depuis des semaines, Marsatac affirme son identité façon street art sur les murs de la ville. Pour cette quinzième édition le festival propose 11 soirées, à Marseille et à Nimes. Dans la cité phocéenne, il a pris ses quartiers dans les Docks des Suds, à quelques encablures de la Canebière, ainsi qu'au Silo, une toute nouvelle salle installée sur les docks.

A gauche : Dock des Sud / A droite : Le Silo © Sébastien Sabiron

 
Dans ce paysage de béton, de ferraille et de bitume, Marsatac déroule sa programmation éclectique. Né dans le hip hop, le festival a pris un virage électro et rock indé ces dernières années. Plusieurs pointures (Carl Craig, Vitalic, Tricky, Laurent Garnier), des figures montantes (Fauve, Sexy Sushi) et des découvertes qui tirent parfois vers l'avant garde.

Tricky à Marsatac © Sébastien Sabiron

 
En quinze ans, le festival a multiplié sa fréquentation par vingt, jusqu'à afficher cette année une jauge record de 40 000 festivaliers attendus. Il a donc fallu pousser les murs, trouver de nouveaux lieux non sans difficultés dans une ville conservatrice à bien des égards.

A en croire les organisateurs, Jean-Claude Gaudin, l'indéboulonnable maire de Marseille n'est pas très friand d'électro. Dro Kildjian résume ces frictions avec la municipalité comme un "conflit de générations".

Dro Kildjian, face à la mer © Sébastien Sabiron

 
Symbole de la réticence marseillaise à s'ouvrir aux musiques actuelles, Marsatac a été contraint de naviguer entre différents lieux : l'esplanade du J4, la friche de la Belle de Mai, les Docks des Suds... A chaque fois, les organisateurs réclament les plages du Prado, sublime espace en bord de mer. Mais se heurtent à la frilosité de l'équipe municipale et l'hostilité des riverains.

Ce conservatisme a longtemps nourri le cliché d'une population marseillaiss tournée vers le foot et la Méditerranée, mais indifférente à la culture. Mais dans le sillage de Marseille Provence 2013, l'image de la cité est en train de changer. Car les marseillais ont soif de découverte, Amandla en est persuadée. Elle est bénévole à Marsatac.

Amandla, bénévole et cultureuse © Sébastien Sabiron


Le Mouv' vous fait vivre Marsatac tout ce week-end. Cet après-midi, Rodéo est en direct de Marseille à partir de 16h. Soirée spéciale samedi à partir de 21h.

Suivez Sébastien Sabiron sur Twitter : (@sebsabiron)

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