Violences dans les manifs : que fait la police ?

Mouv' Nation (2015-2017) Vendredi 13 mai 2016

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Violences policières
Deux mois après le début de la mobilisation contre la loi travail, on ne compte plus les actes de brutalités policières. Mouv' Nation donne la parole aux victimes des violences, aux policiers et à ceux qui n'hésite pas à aller à l'affrontement contre les forces de l'ordre.

MOUV' NATION 33 : Violences dans les manifs : que fait la police ?

 

Nuages de gaz lacrymogènes, jets de projectiles, jeunes frappés, policiers blessés : depuis deux mois les violences se multiplient lors des manifestations contre la loi travail et de plus en plus de personnes s'interrogent sur la stratégie des autorités concernant le maintien de l'ordre. Beaucoup estiment que le gouvernement tente de casser le mouvement social en cours. Sur le terrain, les policiers semblent dépassés et sont coupables de nombreuses violences en direction notamment des jeunes. La tension est à son comble et le bilan déjà lourd : plus de 1.000 interpellations, quelque 300 policiers et gendarmes blessés, comme des centaines de manifestants, dont un étudiant qui a perdu l'usage de son œil gauche à Rennes. Les policiers en sont amenés à se servir de grenades assourdissantes ou de désencerclement, ce qui est très inhabituel. Une attitude qui coïncide aussi avec un durcissement de certains manifestants qui n'hésitent plus à aller à l'affrontement. Les syndicats de police ont demandé aux policiers de manifester le 18 mai prochain, pour dire "stop à la haine anti-flic". Et de journées d'action en journée d'action les relations entre forces de l'ordre et jeunes se tendent davantage. Mouv' Nation a interrogé les manifestants victimes de violences policières, des policiers sur les nerfs et des activistes politiques parfois radicaux, chauffés à blanc par le climat social de plus en plus tendu.  

LE MIX :"A quel moment les mecs ont pris la confiance comme ça ?"

 

 

 





 

Les coups de matraques, les coups de pieds sont  fréquents 


 

Pour commencer notre reportage, nous nous sommes rendus au tribunal de Paris où comparaissaient quatre étudiants et lycéens accusés de "jets de projectiles " contre des policiers. Les faits remontent au 17 mars, au tout début de la mobilisation contre la loi travail. Des étudiants se réunissent en assemblée générale à la faculté de Tolbiac à Paris avant de se faire évacuer vigoureusement par la police. Ce jour-là Benjamin 19 ans que nous avons interrogé est interpellé, arbitrairement dit-il.  Ils nous racontent que "les policiers prennent des gens au hasard pour casser le mouvement et faire en sorte que les gens n'aillent plus en manif". Plusieurs jeunes de Nuit Debout sont venus les soutenir. "Que l'on soit pacifique ou pas, la police nous provoque continuellement" : coups de matraques ou coup de pied dans les jambes, les témoignages sur les violences policières sont très nombreux.      

 

Des policiers devant le palais de justice de Paris "nassent" des jeunes venus soutenir un "camarade"

 





 

    Il y a des barbares qui veulent bouffer du flic    


 

Il n'y a pas que les manifestants suspectés de dégradations ou violences qui défilent au palais de justice de Paris. Des policiers sont également accusés comme ce gardien de la paix de 26 ans qui a porté un coup très violent à un lycéen de Bergson à Paris (Voir vidéo). Il est accusé de violences volontaires mais son procès a été reporté au 10 novembre prochain. Mouv' Nation en a profité pour poser quelques questions à Luc Poignant, un syndicaliste policier notamment sur le rassemblement contre la "Haine anti-flic" organisé le 18 mai prochain par les organisations syndicales.

Luc Poignant, secrétaire national de Unité SGP Police

 





 

 La rotule fracturée après un contrôle d'identité 


 

La dernière séquence de notre enquête se déroule à Saint-Maurice dans le 94. Plusieurs dizaines de jeunes sont rassemblées dans un ancien cinéma afin de se mobiliser contre la "repression policière". Sur place, on trouve des stands d'information notamment sur l'armement des policiers mais on peut également rentrer en contact avec des avocats ou connaitre les techniques pour se protéger en manifestation notamment en cas de gaz lacrymogène. Une démarche essentielle selon les jeunes avec qui nous avons parlé. L'un d'entre eux a subi un contrôle d'identité plutôt musclé qui lui a valu d'avoir le genou fracturé et 45 jours d'ITT. 

Des affiches contre les violences policières et des "conseils" destinés aux manifestants

 





 

Crédits photos : Marion Lagardère

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