Valls : stop ou encore ?

Mouv' Nation Vendredi 27 janvier 2017

Réécoute
Primaire PS : tout sauf Valls ?
Après le renoncement de François Hollande à la présidentielle, Manuel Valls sera-t-il la prochaine victime du quinquennat socialiste ? L'ancien Premier ministre engagé dans la primaire de la gauche est en passe d'être éliminé. Le PS, lui, est coupé en deux.

MOUV' NATION #S2E19 : Valls : stop ou encore ?

Quoi qu'il arrive, Manuel Valls restera pour la majorité des Français l'homme du 49.3, celui aussi qui à gauche a voulu politiser, comme une obsession, le débat sur l'islam et la laïcité. Une posture qui a suscité un énorme rejet à gauche et au PS et dont on mesure aujourd'hui les conséquences : l'ancien Premier ministre de François Hollande est en ballotage défavorable avant le second tour de la primaire PS dimanche. Avec seulement 31,90% au premier tour, il s'est fait distancer par la surprise de cette primaire, Benoit Hamon, et ses 36,63%. C'est un combat d'une gauche contre une autre, opposées sur le plan économique, social et idéologique. C'est surtout la preuve que le PS est plus que jamais éclaté et au bord de l'explosion à trois mois de l'élection présidentielle. Dans Mouv' Nation, parole donc aux fidèles de Benoit Hamon et son désormais fameux revenu universel, parole également aux "Vallsistes" à l'occasion d'un meeting à Alfortville dans le 94. Nous irons également à Fontenay-sous-Bois interroger les représentants de deux associations de terrain :  Laeticia Nonone, présidente de Zonzon 93 et membre des Pas Sans Nous, et Nawufal Mohamed d'ACLEFEU.     
 

Le Mix : "Respecter les règles, c'est commencer par respecter les programmes sur lesquels on est élu".

 

Je suis peut-être défaitiste, mais je vais voter pour le moins pire. 


 

Voilà donc deux candidats d'un même parti qui n'ont pas -du tout- le même programme ou la même approche politique. Il y a aujourd'hui selon les mots de Manuel Valls lui-même deux gauches irréconciliables comme nous le montre quelques exemples : sur le plan économique d'abord, Benoit Hamon est pour le revenu universel d'existence : 600€ versés à tous les ayants droit et tous les jeunes de 18 à 25 ans en premier lieu puis étendu à terme à toute la population à hauteur de 750 euros. Infaisable pour Manuel Valls, tout comme la légalisation du cannabis que propose de son côté Benoit Hamon. Différence également sur l'immigration, il faut accueillir davantage de réfugiés pour Benoît Hamon mais pas pour Manuel Valls, qui contrairement à son concurrent n'accorderait pas le droit de vote aux étrangers pour les élections locales.

On est divisés c'est clair, mais si les électeurs de Valls pensent que Benoit Hamon est un communautariste ou un islamo-gauchiste, ils n'ont qu'à quitter le PS ou rejoindre Emmanuel Macron. 


 

Voilà donc, résumée en une phrase la situation dans laquelle se trouvent les sympathisants socialistes partagés entre deux visions de la laïcité. Antoine, partisan de Benoit Hamon, que nous avons rencontré à l'université de Tolbiac à Paris ne se fait pas trop d'illusions sur d'éventuelles retrouvailles après le second tour.

(À écouter ici)

Antoine surkiffe Benoit Hamon

Valls a dérivé, il a eu des paroles blessantes sur l'islam. 


 

Le dernier meeting de Manuel Valls s'est déroulé à Alfortville (94) et il ne réunissait pas que des convaincus. Nadia et Lila que nous avons interrogées par exemple. Elles sont venues parce qu'elles voulaient "écouter ce qu'il dit, lui laisser encore une chance" mais la posture autoritaire du candidat Valls et ses propos sur les Musulmans ont manifestement été mal vécus : "Valls est trop sur la défensive, franchement, c'est mal engagé pour dimanche". Autre son de cloche chez Caroline et Kévin qui se disent carrément "très optimistes". "On a des bons retours sur le terrain assure Kévin qui estime que Valls peut encore l'emporter :
             

Les gens lui reproche le 49.3 mais à les entendre on a l'impression qu'on a rétabli la dictature. Au moins, lui, il assume. 


 

(À écouter ici)

 

 Ils étaient censés améliorer les choses dans les quartiers, ils ont fait tout le contraire pendant cinq ans. 


 

En 2012, les quartiers populaires avaient voté en nombre pour le Parti Socialiste, souvent en réaction à la mandature de Nicolas Sarkozy. Plusieurs associations s'étaient même engagées en faveur de François Hollande. Cinq ans plus tard, le constat est amer comme nous le raconte Nawufal, d'ACLEFEU :    
 

J'ai toujours soutenu la gauche mais avec Valls comme général j'ai pas apprécié. Je me souviens qu'il avait proposé qu'on travaille avec les policiers, ils sont venus nous voir une fois et après plus rien, le projet est tombé sec, et à la fin comme symbole on a la mort d'Adama Traoré. 


 

écouter ici)

Laeticia Nonone des Pas Sans Nous, et Nawufal Mohamed d'ACLEFEU     

 



Le son de la semaine choisi par Yanis : Kery James - Racailles
 

 


Crédits photos : AFP / Nasser Madji

+ de Mouv' Nation sur Mouv'
+ de Mouv' Nation sur Facebook

 

Commentaires