Snapé, screené... harcelé

Mouv' Nation (2015-2017) Vendredi 08 avril 2016

Réécoute
cyber harcèlement
Insultes, menaces, rumeurs, vols de profil, diffusions d'images gênantes. Qui n'a pas été confronté de près ou de loin à la violence sur les réseaux sociaux ? Premières concernées : les filles. Certaines sont même victimes d'un véritable harcèlement.

MOUV' NATION : Épisode 29 / Snapé, screené... harcelé

 

C'est l'angoisse suprême : se faire pirater son compte Facebook et risquer de voir sa vie privé jetée en pâture sur les réseaux sociaux. Il y a aussi ces photos, parfois intimes, que notre ex a toujours dans son téléphone et qu'il pourrait s'il en a envie faire circuler sur le net. Sans parler des Snapchat ou des web cam enregistrées puis diffusés, ou des insultes sur le physique, sur l'orientation sexuelle ou la couleur de peau. Environ 1 jeune sur 4 a déjà été victime de ce qu'on appelle généralement le cyber harcèlement. Parfois, les choses peuvent même pousser les victimes au suicide. C'est encore ce qui s'est passé le mois dernier à Lisieux dans le Calvados avec une lycéenne de 15 ans. Juliette s'est tuée après la divulgation de photos d'elle dénudée, que son ancien copain a fait tourner. Mouv' Nation a décidé de donner la parole à sa mère, Véronique Lebas, pour tenter de comprendre son acte. Nous sommes également allés recueillir les témoignages de plusieurs élèves du lycée René Cassin à Gonesse. Dans le 95, comme partout, les clashs sur les réseaux sont le quotidien des élèves. L'occasion de se rendre compte que beaucoup de lycéens ou de lycéennes se sentent obligés de se faire justice eux-mêmes, et que protéger son identité et préserver sa réputation sur internet est un combat de tous les jours.

 

LE MIX DE MOUV' NATION : " J'te le jure , j'ai vu les photos "

 

 

 





 

 

Dès qu'on ouvre un compte, c'est parti, c'est la guerre  

  

 

Notre première partie de reportage a lieu dans le Val d'Oise à Gonesse au lycée René Cassin. Des élèves nous ont confié que tout le monde "avait des dossiers" sur tout le monde, et que parfois ça permettait finalement de se venger si un autre élève s'amusait à faire circuler des photos. Une espèce de surenchère même si les images en question ne sont pas toujours intimes. Peu de gens savent d'ailleurs que le harcèlement sur les réseaux sociaux peut coûter cher, jusqu'à 45 000 euros d'amende... et 3 ans de prison.

 

Quelqu'un a voulu foutre la merde dans ma vie ...avec un faux profil Instagram 


 

L'expérience que nous raconte par exemple Sylvie, 17 ans, est assez parlante. Lycéenne à Gonesse, elle s'est fait pirater son compte Instagram. Résultat : une vraie photo d'elle, mais des commentaires horribles envoyés à des centaines de personnes. C'est ce qu'on appelle une usurpation d'identité. Sylvie a obtenu la fermeture du compte mais elle a dû batailler pour ne pas souffrir d'une mauvaise réputation.

 

Salimou et Adelaïde, deux lycéens de René Cassin à Gonesse

 

 





 

Les réseaux sociaux, ça peut détruire, ça peut tuer  


 

 

C'est en préparant ce reportage que nous avons appris le décès de Juliette, 15 ans. Elle habitait dans un petit village près de Lisieux en Normandie avec ses frères et ses parents. Juliette s'est jetée sous un train le 3 mars 2016 parce qu'elle souffrait trop de savoir que des photos d'elle, nue, circulaient dans son lycée. Une honte insurmontable qui l'a poussée à mettre fin à ses jours. Véronique Lebas, sa mère, a bien voulu répondre aux questions de Mouv' Nation. Un témoignage poignant et indispensable qui permet de comprendre la violence que gènèrent parfois les réseaux sociaux.

 

Juliette, 15ans, s'est suicidée le 3 mars 2016

 

 

Un problème sur internet ? Appelez Net ecoute  0800 200 000

 





 

LE SON DE LA SEMAINE PAR SALIMOU / MHD -ROGER  MILLA

 

 

 

 





Crédits photos : Marion Lagardère 

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