[replay] Cannabis, l'hypocrisie française

Mouv' Nation (2015-2017) Vendredi 22 avril 2016

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[replay] Cannabis, l'hypocrisie française
Faut-il légaliser le cannabis ? Question taboue en France alors qu'environ 1,5 million de personnes fument régulièrement. Dans la classe politique, rares sont ceux qui préconisent une réglementation malgré le manque de prise en charge sanitaire ou la hausse du banditisme lié au trafic. Mouv' Nation fait le bilan.

MOUV' NATION : Épisode 22 / Cannabis : une hypocrisie française

 

« Prohiber sans avoir  les moyens, c'est pire que tout » 

 Daniel Vaillant ancien ministre de l'intérieur

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« L'interdiction ne fonctionne pas, elle ne crée que des mafias » 

Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy

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« Légalisons pour enrayer le trafic de drogue »

Stéphane Gatignon, maire de Sevran

L'Espagne, le Portugal, la Suisse, le Canada, le Pérou, la Colombie et plusieurs états américains ont franchi ces dernières années le pas de la dépénalisation voire de la légalisation du cannabis. En France, il n'y a toujours aucun débat sur le sujet. Pourtant selon le dernier rapport de l'OFDT, l'observatoire français des drogues et toxicomanies, la consommation notamment d'herbe de cannabis ne cesse d'augmenter dans notre pays. Afin de mieux lutter contre les trafics et endiguer les multiples réglements de compte meurtriers, certains maires de grandes villes de banlieues se sont déclarés favorables à une réglementation. C'est le cas du député-maire UDI de Drancy Jean-Christophe Lagarde ou de celui de Sevran, Stéphane Gatignon. L'ancien ministre de l'intérieur, ex premier flic de France, le socialiste Daniel Vaillant est également favorable à une légalisation contrôlée. Fin janvier enfin, c'est le célèbre pneumologue Bertrand Dautzenberg qui a relancé le sujet en se prononcant pour une dépénalisation du cannabis. Pour évoquer le sujet, Mouv' Nation a rencontré des militants de l'association "Cannabis sans frontières" et des jeunes qui ont décidé de cultiver eux-mêmes leur herbe. Nous nous sommes également rendus à Trappes afin d'interroger les habitants . En mai dernier, c'est dans cette ville des Yvelines que Moussa, une jeune garçon de 14 ans, est mort victime d'une balle perdue après un réglement de compte entre trafiquants.

 

LE MIX' THEME / "Hé tu veux du shit, du bon shit sa mère ?"

 

 





 

"La repression, c'est 850 millions d'euros. En terme de prévention,  y'a rien" - Farid

Pour évoquer le sujet de la légalisation, nous avons donné rendez-vous aux militants de l'association "cannabis sans frontières" dans une librairie parisienne. Sur place, Sébastien Béguerie, 31 ans. Ce chef d'entreprise, a créé une société spécialisée dans l'analyse du cannabis. Ce jour-là, pour une "meilleure prévention des risques", il analyse deux formes de produits, une tête d'herbe issue des cités et une autre cultivée par un partisan de l'auto-production. Résultat : le cannabis acheté dans la rue est beaucoup plus puissant et fortement dosé en THC pour une ivresse "très intense" et potentiellement nocive. Le produit cultivé localement lui est "moins dosé". Avec cette démonstration, Sébastien Béguerie met en exergue le manque de prise en charge sanitaire par les pouvoirs publics de la consommation de cannnabis.

Sébastien Béguerie

 

Le son de la semaine choisi par Farid Ghehiouèche, fondateur de Cannabis sans frontières : Yaniss Odua - Chalawa

 





 

"On ne peut pas distinguer le deal et les problèmes sociétaux dans les quartiers populaires" - Mehdi

 

Mehdi Litim, fondateur du Trappy Blog, estime qu'il est trop simpliste de vouloir toujours accuser les quartiers de fournir la drogue et d'être ainsi générateurs de violence. Si c'est une réalité, elle ne doit pas masquer les raisons structurelles qui ont amené à cettte situation c'est à dire le chômage, les territoires abandonnés, le décrochage scolaire... Ne pas oublier non plus que la demande est très importante en France et que si l'on veut vraiment lutter contre les réglements de compte ou les trafics, l'Etat doit ouvrir le débat sur la légalisation mais surtout aborder de front les problèmes sociétaux liés aux quartiers populaires.

Mehdi Litim

 





 

Crédits photos : Marion Lagardère

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