Quelle place pour les jeunes à la présidentielle ?

Mouv' Nation Vendredi 02 décembre 2016

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Quelle place pour les jeunes à la présidentielle ?
On a beau chercher, rares sont les candidats qui parlent des jeunes durant cette campagne présidentielle. Un collectif d'organisations entend bien poser le débat. Le Forum Français de la Jeunesse a planché sur une vingtaine de propositions et vient de sortir son "livre blanc".

MOUV' NATION #S2E13 : Quelle place pour les jeunes à la présidentielle ?

 

En 2012, le candidat socialiste François Hollande avait fait une grande partie de sa campagne électorale sur l'avenir de la jeunesse. "Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ?" s'était demandé le futur vainqueur de l'élection présidentielle. Cinq ans après, François Hollande a tenu une partie de ses engagements mais sans vraiment convaincre puisque il a même fini par renoncer à se représenter. Pire, la loi travail a provoqué des dizaines de manifestations de la jeunesse sans que le gouvernement ne prenne en compte leurs attentes. Avoir l'impression de ne pas être écouté, c'est justement le sentiment du Forum français de la jeunesse qui vient donc de terminer de rédiger 22 propositions sur l'emploi, le logement ou la santé mais également de mettre au point un site participatif en vue de 2017. Au-delà des mesures qu'il propose, le FFJ veut également pointer du doigt le regard du monde politique sur les plus jeunes qu'il faudrait élever, éduquer, surveiller mais sans forcément les impliquer.

 

Le Mix de Mouv' Nation : "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler"...
 


 


  Les candidats à la présidentielle ? On est des fantômes pour eux... 


 

Avant d'interroger les membres du Forum français de la jeunesse, nous sommes allés à la rencontre de plusieurs lycéens (et certains de leurs accompagnateurs) qui vont voter pour la première fois à la présidentielle l'année prochaine. Rendez-vous à Paris à l'occasion des assises de la Fédération des Maisons Des Lycéens. À notre micro, Isaac, Nadia, Sarah, Nicolas et Arthur. Premier constat : les candidats à la présidentielle seraient trop âgés pour comprendre les plus jeunes. Isaac insiste : "les politiques ne veulent pas connaître l'opinion des jeunes, ils ne nous voient pas et ne pensent qu'à leurs voix". Le manque de renouvellement et de consultation sont souvent évoqués mais c'est surtout la volonté de changement qui l'emporte. Nicolas, 26 ans, a choisi Jean-luc Melenchon même s'il a encore "du mal à croire qu'en votant, on peut changer les choses aujourd'hui" :

Pour moi, les fins de mois sont horribles, certains politiciens proposent de bonnes choses mais ils ne s'y tiennent pas quand ils gouvernent, à force, le peuple va forcément péter un câble ! 


 

Même discours chez Arthur : "on se fait sans cesse couillonner, on se prend la carotte tous les cinq ans. Quand on regarde les politiques, on dirait qu'ils disent tous la même chose, c'est du revisité, moi je veux un changement radical ! "

(À écouter ici)

Les lycéens des MDL votent leurs statuts

 


 

Pour l'instant, la présidentielle est une campagne électorale de vieux... pour les vieux  ! 


 

Pourquoi les candidats à la présidentielle parlent si rarement des jeunes ? Sûrement parce que les moins de 25 ans votent assez peu (même si c'est moins vrai pour l'élection présidentielle) et ne représentent donc pas la "clientèle électorale" favorite des élus qui leur préfèrent les retraités. Raison de plus donc pour s'emparer du débat selon les organisations du Forum français de la jeunesse.

 

(À écouter ici)

Clara, Jade, et Melina



 

 On va demander des engagements concrets et ça permettra aussi de mettre dans le débat public d'autres sujets que le voile ou l'islam  !  


 

Parmi les 22 propositions du FFJ : le RSA et une complémentaire santé dès 18 ans, la fin du cumul des mandats pour favoriser l'émergence des plus jeunes ou l'élargissement de la "garantie jeune" à tous ceux qui n'ont ni emploi ni formation (près de 2 millions de moins de 25 ans). Des mesures coûteuses, à l'inverse par exemple de ce que propose le candidat des Républicains François Fillon. "On sait que toutes nos propositions ne seront pas reprises mais il faut au moins qu'on parvienne à orienter le débat" nuance Jade. L'objectif est donc bien de rassembler plusieurs organisations (plutôt de gauche) pour peser sur le programme des candidats... mais sans garanties comme le concède Quentin Henaff, l'un des animateurs du FFJ : "Nous n'aurons pas tout ce que nous voulons dès 2017 mais on a bon espoir que nos revendications influencent le prochain quinquennat"

(À écouter ici)
 

Quentin Henaff, du Forum français de la jeunesse et du Mouvement des Jeunes Socialistes

 



Le son de la semaine Mac Tyer - 93 se débrouille

 


Crédits photos : Marion Lagardère et AFP

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