Mon ter-ter ? L'humanitaire

Mouv' Nation (2015-2017) Vendredi 27 mai 2016

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Humanitaire
L'humanitaire séduit de plus en plus. En France ou à l'étranger, des milliers de jeunes choisissent chaque année de s'engager. Avec l'arrivée massive des réfugiés, les "vocations" se multiplient mais aider ne se fait pas comme ça. Il faut la plupart du temps une sacrée volonté... et surtout une solide formation.

MOUV' NATION épisode 35 : Mon ter-ter ? L'humanitaire

 

D'abord, que l'on se comprenne bien. Il faut bien faire la différence entre bénévole et volontaire. La démarche est la même : on travaille pour son prochain, on fait de l'humanitaire. Mais d'un côté on est payé, de l'autre pas. Quand on est bénévole, on intervient dans une association ou une ONG sans contrepartie financière. C'est par exemple la bonne action que l'on fait souvent en dehors de son temps de travail quelques heures par semaine. Nous, nous allons vous parler des volontaires. Et là, c'est un job à plein-temps avec un statut légal et parfois bien payé. Un job ? Je devrais plutôt dire un travail exigeant et super spécialisé. Souvent, il faut pas mal de compétences, des diplômes et savoir parler anglais ou une autre langue. Un vrai métier qui peut même être carrément dangereux quand on travaille dans des zones de guerre ou dans des pays sensibles. On a tous en tête ce qui est arrivé à Moussa de l'ONG Baraka City qui a été emprisonné plusieurs mois au Bangladesh pour des "motifs politiques". En ce moment même une française, Nouras Houras, humanitaire de la Croix Rouge est retenu au Yémen. Des conditions qui n'effraient pas ceux que nous avons rencontrés. Mouv' Nation s'est rendu au salon des solidarités à Paris. Un endroit parfait pour s'informer, échanger, se rencontrer et se faire une idée précise du monde de l'humanitaire. On y a beaucoup parlé cette année des réfugiés bien sûr. On s'est aperçu également que l'humanitaire, ce n'est pas forcément agir à l'autre bout de la planète. L'urgence malheureusement se trouve aussi très souvent juste en bas de chez soi.  

 

LE MIX : "Une fois, il a même donné son sandwich à un SDF"

 

 





 

Les gens ne se rendent pas compte que c'est un métier d'avenir  


 

Souvent, celles et ceux qui veulent s'engager dans l'humanitaire le savent assez tôt. Encore faut-il trouver sa voie : travailler en France ou à l'étranger, avec des enfants ou des personnes âgées, accepter de faire des missions longues ou préférer des actions d'urgence. Sans compter que les ONG et les associations humanitaires sont très très nombreuses, du HCR au secours islamique d'Action Contre la Faim à Médecins sans Frontières, le choix est tellement vaste qu'il peut même parfois repousser les futurs volontaires. Ce n'est pas vraiment le cas de Timéa, 16 ans. Accompagnée de deux de ses amies, elle est déjà bénévole dans une association avant peut-être un jour de se lancer dans une carrière d'humanitaire. Ce qui la gêne le plus aujourd'hui ? Que ses ami(e)s au lycée lui rabâchent sans cesse qu'on ne peut pas gagner sa vie comme ça. C'est faux, les salaires peuvent être très intéressants : de 1500 à 3000 euros en moyenne souvent logé et nourri. On a vu pire.

 

 Timéa, 16 ans, Naomie, 14 ans, et Lauriane, 13 ans : futures volontaires ?

 





 

  Commencer avec une mission en France avant l'étranger    


 

Pour beaucoup, l'humanitaire reste un jeune (ou pas) un peu paumé, un bab fumeur de joint ou déconnecté de la réalité. C'est encore une fois un bon vieux GROS cliché. Au contraire, la demande de compétences est souvent super pointue : il faut savoir bosser dans le médical, l'agronomie, la logistique, la communication ou les métiers du bâtiment. Pour le reste, ne pas avoir peur de faire deux journées en une avec des horaires de malades, alors est-ce-que ça vaut le coup ? Oui, si on s'y prépare correctement nous a confié Agnes (Voir photo). Le métier est difficile mais enrichissant. Et puis il faut aussi penser... au retour. Pas évident en effet de passer plusieurs mois ou plusieurs années en Afrique ou en Asie et de revenir en France aussi sec. Le choc est parfois violent et il existe même une association (Résonnances Humanitaires) qui est chargée d'accompagner ce retour notamment en terme de reconversion professionnelle. 

 

Agnes et Morgane 

 

 





 

 

Le projet AMAL, HIP HOP humanitaire : Quand des rappeurs s'engagent pour les victimes en Syrie

On savait que les rappeurs avaient du coeur, en voilà un nouvel exemple : AMAL en arabe signifie "espoir". L'initiative provient du label français de hip-hop Mutant Ninja et en particulier de Liqid : l'idée c'était de faire une compilation réunissant une vingtaine d'artistes. Tous les revenus sont versés à Syrian Dream une association d'aide aux victimes de la guerre en Syrie. Parmi les beatmakers présents, on peut citer 20Syl, GooMar, Chicho Cortez, Nikkfurie (La Caution), I.N.C.H., Al’Tarba, Sayem, Sims, Slivanoe, Vin’S Da Cuero, Guts. On vous met un son de Scratch Bandits Crew qui a participé au projet et si vous voulez écouter la compil c'est ici... et n'oubliez pas de l'acheter.


Le son de la semaine Scracth Bandits Crew Do It Do It

 

 




Crédits photos : Marion Lagardère

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