Les mots de l'homophobie

Mouv' Nation (2015-2017) Vendredi 17 juin 2016

Réécoute
Homophobie
49 morts et des dizaines de blessés. C'est le bilan du massacre commis dans un club gay à Orlando. En France, les actes de violence en direction des homosexuels sont en baisse mais l'homophobie ordinaire persiste. A deux semaines de la Gay Pride, reportage à Montpellier où le premier mariage homosexuel a été célébré en 2013.

MOUV' NATION épisode 38 : Les mots de l'homophobie

 

C'est une baisse en trompe-l’œil. Selon le dernier rapport de SOS homophobie, les actes homophobes en France sont en baisse de 40% en 2015 par rapport à l'année précédente. L'association, qui se base sur les témoignages, a comptabilisé 1.318 faits contre 2.197 en 2014. Une baisse importante donc mais il faut se rappeler des hausses spectaculaires constatées en 2012 (+27%) et 2013 (+78%, soit 3.517 témoignages) au moment du débat parlementaire sur le mariage pour tous. Nous sommes donc revenus à un niveau "habituel". Ces actes ne sont pas comparables bien sûr à ce qui s'est passé en Floride mais les motivations sont les mêmes : haine de l'autre, intolérance. Ces violences verbales et ces agressions se retrouvent dans toutes les couches de la société, en famille, dans les lieux publics, le voisinage, au travail et dans le milieu scolaire et les victimes... sont de plus en plus jeunes. Le PACS il y a quelques années, la sévérité accrue de la justice et l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe pourraient faire penser que la société est de plus en plus ouverte à ces questions d'égalité. Là encore, il n'y a rien d'évident. Au contraire, ces avancées ont parfois tendance à radicaliser les homophobes. À quinze jours de la Gay Pride, Mouv' Nation donne la parole aux jeunes homos et lesbiennes avec un reportage dans une ville symbole, Montpellier. La capitale de l'Héraut a été la première à célébrer un mariage homosexuel en 2013, elle accueille également une association emblématique, Le Refuge qui accompagne depuis 2003 des jeunes chassés de leur famille à cause de leur orientation sexuelle.

 

 

 





 

Je sais ce que je vaux, je sais qui je suis, je suis bien comme ça    


 

Quelques jours après la tuerie d'Orlando, un rassemblement a réuni plusieurs centaines de personnes à Montpellier. Jeunes et moins jeunes, hétéros, gay, bi et transexuels, pour dire non à l'homophobie. Une manière aussi de rappeler que l'homophobie est une discrimination au même titre que le racisme et l'antisémitisme. En France 110 personnes sont agressées tous les mois à cause de leur orientation sexuelle. Mais les gays et les lesbiennes que nous avons interrogés refusent de céder à la peur. "Je ne changerai pas de vie parce que des imbéciles ont décidé de faire la guerre, être gay, c'est comme avoir les yeux bleus, c'est comme la couleur de peau, on ne choisit pas".

 

Rassemblement contre l'homophobie place de la comédie à Montpellier

 





 

   Parfois, la seule solution, c'est de quitter son quartier        


 

Pour la suite de notre reportage, nous nous sommes rendus dans une association bien connue des Montpelliérains : le Refuge. Depuis 2003, la structure accueille des jeunes homosexuels et lesbiennes en rupture avec leur famille. Certains d'entre eux ont bien voulu se confier au micro de Mouv'. Kevin, Aurélie, et Morgan nous parlent de leurs parcours souvent douloureux, des obstacles qu'ils ont dû surmonter pour simplement vivre leur vie comme ils le souhaitent.


 Kevin, Aurélie, et Morgan

 





 

       L'homophobie dans le rap : une réalité         

 

Qu'est-ce que l'homophobie ? Des agressions physiques et même des meurtres comme on l'a vu à Orlando mais ce sont aussi les insultes au quotidien et une pression récurrente que doivent supporter les lesbiennes, gays, bi et trans. Les gays par exemple se suicident 13 fois plus que les hétéros. C'est que les stéréotypes sont encore très présents en France et on retrouve, par exemple dans le rap, de nombreux cas de paroles homophobes. Sexion d'Assaut a été il y a quelques années au centre d'une énorme polémique à ce sujet en se déclarant 100% homophobe. Lefa, a largement fait son mea culpa depuis. Comme nous l'explique dans son interview le directeur du Refuge à Montpellier (à écouter plus bas), le leader de la Sexion a même participé à des rencontres avec des jeunes homos pour s'expliquer sur ses propos. Combien sont-ils dans le Rap Game à assumer comme lui ? Combien sont-ils surtout, encore aujourd'hui, à continuer à balancer sur les homos dans leurs lyrics ?

 

Frédéric Gal, directeur de l'association Le Refuge à Montpellier

 

 

LE SON DE LA SEMAINE CHOISI PAR JORDAN ET VALENTIN / Zara Larsson - Lush Life

 

 





Crédits photos : Marion Lagardère

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