Après Hollande, la gauche se cherche un candidat !

Mouv' Nation Vendredi 06 janvier 2017

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Après Hollande, la gauche se cherche un candidat
Dans moins de deux semaines aura lieu le premier tour de la primaire à gauche. Après le renoncement de François Hollande, sept candidats sont en lice pour tenter de lui succéder. Reportage à Bayonne et à Pau où les électeurs socialistes ont bien du mal à faire leur choix.

MOUV' NATION #S2E16 : Après Hollande, la gauche se cherche un candidat

François Hollande a créé une énorme surprise le 1er décembre en ne se représentant pas. Devant des sondages calamiteux et un bilan jugé médiocre, le président de la République a préféré sagement renoncer. Une décision qui a ouvert la voie à son ancien Premier ministre Manuel Valls. Aujourd'hui sept candidats sont sur la ligne de départ de la primaire à gauche qui aura lieu les 22 et 29 janvier. Valls donc mais aussi Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Vincent Peillon, tous socialistes, Sylvia Pinel (PRG), François De Rugy (Parti Ecologiste) et Jean -Luc Bennahmias (Mouvement Démocrate). Des candidats qui ont tous à un moment ou un autre soutenu François Hollande... et c'est bien le problème. Aujourd'hui, difficile de se départir de l'héritage du président et l'étiquette socialiste est devenue un repoussoir. De très nombreux électeurs qui ont voté Hollande en 2012 jurent aujourd'hui qu'on ne les y reprendra plus. C'est ce que nous avons vérifié sur le terrain à l'occasion d'un reportage dans le 64. Nous nous sommes rendus à Pau et Bayonne pour suivre l'un des candidats, l'ancien ministre de l'Education Benoit Hamon. Nous avons interrogé des déçus du hollandisme, des militants socialistes qui veulent encore croire en leur parti et des jeunes indécis qui se disent de gauche, mais qui ne sont pas du tout certains de risquer un bulletin PS pour la présidentielle en avril prochain.  

LE MIX DE MOUV' NATION 

On va t'aider à différencier ce qui est de gauche et ce qui n'est PAS de gauche. 


 

 

Le problème ? Trouver un candidat PS crédible.


 

C'est à Bayonne que Benoit Hamon a débuté sa journée de campagne électorale dans les Pyrénées-Atlantiques et c'est sur le marché de cette commune du Pays basque que nous sommes partis à la recherche des électeurs de gauche intéressés par la primaire du 22 et 29 janvier. Il y a d'abord ceux, nombreux, qui considèrent que "c'est toujours pareil ou que ça ne changera rien" et qui sont donc déçus de la politique en général. D'autres ont toujours voté PS mais n'ont pas digéré les politiques économiques libérales du gouvernement ou le passage en force sur la loi travail et l'utilisation du 49.3 et qui cherchent un candidat socialiste... vraiment de gauche. Enfin certains sont carrément scandalisés par les dernières années du quinquennat de François Hollande. Exemple avec Benjamin qui raconte :

J'ai soutenu Hollande en 2012, je peux vous promettre que c'est terminé, je suis passé pour un con devant tous mes potes et ma famille, il nous a trahi et surtout nous les petits, le PS pour moi aujourd'hui c'est des vendus et la primaire de la gauche une mascarade. 


 

(À écouter ici)

Benjamin, devant son stand au marché de Bayonne
 

 On est bien conscients que le PS a énormèment déçu. 


 

Direction ensuite Bizanos près de Pau, à l'occasion d'un meeting de Benoit Hamon. Nous y avons retrouvé plusieurs militants du MJS, le mouvement des jeunes socialistes. Marc, Florent, Thibaud et Emilie ont rallié le PS en réaction à la montée du Front National ou pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais après la victoire de Hollande en 2012, leurs espoirs ont vite été douchés notamment à cause de l'orientation économique prise par l'exécutif :  

 

Quand on va sur le terrain, on en prend plein la tête juste parce qu'on est socialistes mais au PS il n'y a pas que Hollande et Valls, il y a aussi des candidats qui représentent autre chose. 


 

Pour ces soutiens de Benoit Hamon qui incarne l'aile gauche du PS, l'ancien premier ministre Manuel Valls est devenu une bête noire :

 

Je ne peux pas croire qu'il soit majoritaire chez les socialistes redoute Thibaud, c'est quand même lui qui a fait en sorte qu'on manifeste contre notre camp dans la rue pour combattre la loi travail.


 

Bref le PS aujourd'hui est plus que divisé et quel que soit le résultat de la primaire à gauche le 29 janvier prochain, on voit mal comment il pourra se relever de ces cinq années de désillusion sans une remise en cause complète. Quelques-uns au sein du parti solférinien estiment même qu'il pourrait ne pas survivre à 2017. 

 

(À écouter ici)

Marc, Florent, Thibaud et Emilie.

 


 

Le son de la semaine dans Mouv' Nation : Kalash - Bando

 

 


Crédits photos : Marion Lagardère

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