Rencontre avec les Big Budha Cheez ! [interview]

Les rapporteuses Lundi 06 février 2017

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Rencontre avec les Big Budha Cheez [interview]
Big Budha Cheez, c'est un duo. Il y a Fiasko Proximo (au rap et à la production) et Prince Wally. Ils sont originaires de Montreuil, rappent depuis qu'ils ont 14 piges, semblent nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont pas connu tant leur rap sonne nineties dans l’esthétique et la musique. On les a rencontré parce qu'on adore l'idée ! On vous raconte :

Il y a des jours où dans le studio, la technique vous fait défaut. Alors on joue à la chaise musicale jusqu'à ce que les derniers réglages pour l'enregistrement soient ok et on fait preuve d'inventivité dans les propositions....

Prince Wally et Fiasko Proximo ne sont pas chauds pour un limbo mais le Karaoké, ça ils trouvent que c'est une chouette idée. Pas sur un de leur titre - Prince Wally le dit : "même ma team ne retient pas mes paroles"- mais sur des chansons de rnb - "là, ça serait plus stylé." On envisage de leur faire chanter du Beyoncé. On se dit qu'on pourrait bien se marrer. Et puis on oublie... Une fois le rec, il y a cette naïveté des premières fois dans la conversation, cette histoire de vie et de destin lié. On les laisse alors se raconter en se disant que sur le truc du karaoké, on a quand même bien merdé... 

 

Big Budha Cheez c'est au commencement une histoire de Kids qui rêvent de rap en secret. Sur les premiers essais, les voix sont tremblantes et fragiles. On ne le crie pas trop haut car ça taille sévère au quartier. 

 

Alors on regarde faire les autres en attendant le bon moment. Les Wu Tang, Onyx, artistes du label Time Bomb ou Carlito que Fiasko a découvert avec son grand-frère. Wally, quant à lui, se souvient de ce tout premier morceau qui l'a cogné "c'était 'La Lettre' de Lunatic. Je me rappelle, je jouais à la console et il y avait ces phases que je n'avais jamais entendu de ma vie." À cette époque, il y a aussi toutes ces images et ces looks qui les bousculent. Wally poursuit : "Des mecs comme Arsenik et le Minister Amer avec leur Lacoste blanc. Le Versace, les grands manteaux de cuir dans les clips des cainris. On devait avoir sept ou huit à cette époque. On n'a pas vraiment vécu cette période-là du rap mais ce qui se faisait niveau esthétique ça nous touche vraiment."

 

Et aujourd'hui, c'est comme si toutes ces inspirations étaient restées accrochées aux fenêtres de leurs derniers projets. En témoigne la pochette de "L'heure des loups" qui rappelle à Pete Rock et C.L. Smooth, ou le "Junior" de Prince Wally en solo. Un projet où le rappeur a fait une petite infidélité à son partenaire de longue date. Ici, il a travaillé avec Myth Syzer que l'on retrouve à la production.

 

Mais bien avant de sortir des projets physiques et de voir son visage sur des affiches, il a quand même fallu kicker du micro. Dans des salles vides, "devant trois ou quatre personnes" et même une fois, dans un lieu un peu étrange lors d'un rassemblement organisé par des scientologues. 

 

La répétition est une forme de changement. Alors on rappe tout le temps, partout et l'on construit ainsi, titre après titre, son univers. Un univers qui a pour décor cette ville dont ils sont originaires, Montreuil. Dans leur musique, elle devient un personnage immobile qui retient les corps et dessine les attitudes.

 

Prince Wally et Fiasko Proximo sortiront tous les deux de nouveaux projets en solo pour 2017.

 



Crédit photo : Big Budha Cheez / Facebook

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