Porno, métro, dodo...

Les rapporteuses (2015-2017) Jeudi 04 février 2016

Réécoute
Porno, Métro, Dodo...
Maurice est l'heureux propriétaire du Beverley, le dernier cinéma porno de Paris. 43 ans qu'il lève les consciences (et pas que) sur les vertus du cinéma pornographique. 43 ans qu'il se bat contre les lois françaises qui censurent le genre. Le porno c'est son quotidien. Parce qu'il le vaut bien.

Maurice a toujours travaillé dans le cinéma. Mais avant le Beverley il dirigeait un complexe de 12 salles. Un jour, il a vu une annonce dans la presse professionnelle, et s'est retrouvé propulsé en plein coeur de Paris à faire vivre un cinéma qui allait connaître bien des galères. 

Parce que tenir un cinéma, oui ça peut etre fun. Mais tenir un cinéma dont le genre est censuré par la loi c'est moins facile. Cette censure date de 1974 et s'appelle la Loi X. Elle interdit entre autres la diffusion au cinéma de films à caractères pornographiques. (On vous la fait courte, parce qu'il y a une grosse histoire de taxes et d'autorisations à avoir derrière). Du coup depuis 1974, Maurice ne peut diffuser quaisment que des films antérieurs à cette date. Impossible de diffuser des Dorcel par exemple. Mais qu'importe, mater un porno au ciné ça a du charme. Plus que dans un sex shop en tout cas.

Parce que oui si vous êtes connaisseur de ces lieux, vous allez me dire qu'on peut mater les derniers pornos dans les salles de projection des sex shops. Mais ils ne sont pas reconnus comme cinéma, et donc pas soumis aux mêmes lois. Et c'est sans compter les DVD, Internet, streaming, YouPorn etc... Un enfer de survivre pour les salles obscures. Alors que quand meme un porno au ciné, ça a grave du charme non ? 

Extrait de cinéma porno, par Florence Baruch


En tout cas c'est une expérience. Imaginez une centaine de sièges. En cuir, pas en velours hein, le velours ca retient trop les substances liquides. Un écran de trois mètres par quatre. Un mur de brique façon Brooklyn. une vague odeur de cèdre, ou de pin, en tout cas une odeur nature..

Parce que oui le porno c'est la nature, comme dit Maurice aka Monsieur Momo :

En France, on aime bien boire, on aime bien manger, et on aime bien le cul.


Le Beverley , par Florence Baruch

Ca a le mérite d'être clair. Alors chaque jour depuis 43 ans, Monsieur Momo lève la grille de son cinéma du second arrondissement parisien. Il accueille les clients, parfois fidèles. Parfois jeunes en quête de découvertes. Parfois vieux en quête de dernières sensations. Les dernières images avant de fermer définitivement les yeux. Non c'est pas triste. Il vaut mieux mourir de plaisir. 

Mantra dans la cabine de projection, par Florence Baruch

Chaque jour, il place les bobines, à l'ancienne, dans sa salle de projection. Il range les costumes (en cas d'évenement particulier), fait du café pour les clients sympas (ou les journalistes squatteuses). Il lève la grille et encaisse les 12euros de droits d'entrée. Oui juste de droit d'entrée, si vous voulez rester la journée c'est le même tarif qu'une séance. Et certains sont là dès 9h pour voir "Les lolos de la pompiste" ou "Mémoire d'une petite culotte". Ben oui "avang" on faisait les choses bien, avec des scénarios, des musiques originales et des titres sans détours. 

Vous vous poser sans doute la question: est ce qu'il se passe des choses cochonnes au dernier cinéma porno de Paris? On vous laisse écouter le replay juste au dessus pour avoir la réponse. Mais sachez que chez Maurice il n'y a qu'un seule règle, et c'est écrit partout. C'est la même qu'au lit: toute sortie est définitive ! 

Maurice au guichet, par Florence Baruch


Crédits photos : Florence Baruch

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