Panama Bende : "on fête le rap" [interview]

Les rapporteuses Lundi 29 mai 2017

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Panama Bende : "on fête le rap !" [interview]
Trente minutes avec ASF, Elyo, PLK et Zeu du Panama Bende, c'est une conversation aussi turn up et survoltée que leur hit "Fêter". Rencontre à l'occasion de la sortie de leur tout dernier projet "ADN".

 

Attention on passe en mode ping-pong car ces mecs-là partagent le même cerveau.

Vous allez le choix entre :

1 - vous perdre dans les méandres d'un bout de conversation audio avec la Panama Bende Colonie. (player juste ci-dessous)

2 – vous lancez dans une lecture tout aussi intense.

 

C'est turn up toute la nuit avec vous...

Elyo : Turn up tout le temps. Toute la vie ouais !

ASF : Turn up toute la vie.

Est-ce que ça ne serait pas ça, le mot d'ordre lorsque vous êtes ensemble ?

Elyo : Si, c'est incessant...

Zeu : franchement c'est hardcore parfois...

Elyo : Il faut avoir les batteries pleines...

Zeu : Il faut se limiter parfois parce que c'est compliqué sinon.

Comment ça se passe lorsqu'il s'agit de faire de la musique ?

Elyo : C'est comme tout, ça fonctionne à l'énergie. On se retrouve à sept en studio, c'est le bordel atomique. Sur scène, c'est le bordel atomique. En rendez-vous à la radio, c'est le bordel atomique. Au final tout est agréable et tout se passe bien malgré tout.

 

Souvent on fait des petits groupes de quatre. Si on veut être sept sur le son, on est obligés de modeler le truc. C'est comme une grande famille que tu veux rentrer dans une voiture - PLK


 

Pour comprendre la complexité d'être sept sur un titre ou même, la symbiose du Panama Bende on vous conseille vivement de prendre la ride ci-dessous.

 

Qui canalise les énergies ? Parce que là c'est...

Elyo : C'est censé être moi mais en ce moment, ce n'est pas trop le cas.

Zeu : Quand on voit que c'est trop le bordel, on essaie de se canaliser un peu nous-même. Du moins on essaie...

PLK : mais c'est rare...

Zeu : wesh, les gars arrêtez !

Ne vous inquiétez pas, ça va venir. Il vous faut un temps de relâche...

Zeu : C'est ça je pense.

ASF : Non, nous on est bons là !

Elyo : On est partis. Normal.

Ah ouais ?

ASF : On est calmes. Là, on est que quatre mais on est sept dans le groupe... 

PLK : c'est le réveil...

ASF : on se réveille doucement.

Pour rester sur cette idée de turn up et de fête vous avez justement ce titre "fêter" et là c'est vraiment...

Elyo : Tu vois bien...

"découper les prods de manière insolente" comme tu le dis PLK sur ce titre. 

PLK : Exactement, c'est ce qu'il fallait faire de toute façon...

Zeu : ouais...

PLK : et c'est ça du kickage. À la base, nous on vient de là. On se professionnalise un peu donc on est obligés de se calmer un peu mais il faut quand même continuer de découper le prods...

ASF : ça reste la base...

Zeu : c'est parce qu'on voulait un nouveau "Avé" aussi. On voulait refaire un banger et on s'est dit que ça serait ce titre.

Elyo : Quand on fait nos morceaux, on réfléchit de ouf à ce qui va se passer sur scène aussi. Un morceau comme celui-là en concert, il est incroyable.

C'est un feux d'artifice en plein jour !

Zeu : C'est un peu ça ouais. Elle est jolie l'image.

Il y a cette fraîcheur aussi. Vous arrivez pour dire "bonjour à la vie".

Zeu : Ouais, beaucoup. C'est les gars comme ASF qui te font dire ça. Non mais j'avoue...il y a beaucoup de diversité dans nos textes. Et du coup, il y en a quand tu les entends, tu as envie de sourire de ouf. D'autres où,  tu as plus envie de...t'as un petit rictus. C'est cool.

C'est très  "inspirationnel" pour les gens qui vous écoutent...

Elyo : C'est hyper important pour nous. On trouve qu'il y a énormément de jeunes qui font des projets de oufs en ce moment. Il y a cinquante-mille personnes qui sortent des marques. Tout le monde se met à la photo, à la vidéo, au rap, au son. Et ouais, franchement c'est mortel ! Donc on essaie de pousser les jeunes comme nous à atteindre leur truc.

Et le Panama Bende, il fête quoi ?

PLK : Tout et n'importe quoi...

Elyo : on fête la vie...

PLK : chaque jour. Célébration !

Elyo : On fête la vie, on fête le bordel, on fête l'amitié, on fête...

ASF : la sombritude.

Zeu : En vrai, on fête le rap. On se rassemble tous autour de la même chose et en général quand on est en groupe c'est assez festif. Ouais, on fête juste le pera. Être en groupe c'est un truc de ouf. Ça a des avantages et des inconvénients. Mais par rapport aux gens qui sont solos, nous on a cent fois plus de force. Après, je ne dis pas qu'on est meilleurs.

J'ai vu plusieurs collectifs qui m'expliquaient leur passage par des maisons pour faire du rap...

Zeu : Ouais exact. On n'a pas fait ça encore. Il n'y a pas de raisons particulières...

PLK : c'est faute d'organisation. Tu vois bien ! Déjà, on a des rendez-vous, on est quatre...

ASF : mais en vrai le studio dans lequel on fait le projet, c'est une maison en soi. Des journées entières où on fume, on boit, on fait du son. On écrit, on enregistre et on passe de bons moments. Les potos passent...

Elyo : c'est le centre de formation Panama Bende.

Est-ce que ça garde des secrets le centre de formation Panama Bende ?

Elyo : Énormément et ils n'en sortiront pas.

ASF : Si seulement tu savais !

Un petit secret ?

ASF : Ouh là !

Elyo : Attendez.

ASF : Faites pas les cons.

Zeu : Un de nous va peut-être faire un énorme stade bientôt en première partie de quelqu'un. On ne dira pas qui.

 

Pas mal. On peut laisser le reste dans la maison des secrets. Sur cet album, au niveau du mix on retrouve Kezo. Kezo qui a bossé avec Jazzy Bazz, Nekfeu, La MZ, Kekra, pas mal de monde donc. Pourquoi lui ?

PLK : À la base, Aladin a enregistré ses premiers projets au studio Grande Ville où Kezo était déjà. Ce qui fait qu'Aladin passait par lui pour tous ses trucs. Après le premier projet du Panama, on s'est demandé qui mixerait notre projet suivant. On a hésité entre Asot avec qui on avait déjà bossé et lui. Finalement comme on a enregistré à Grande Ville, on a bossé avec Kezo. C'est la famille, ça fait longtemps qu'on bosse avec lui et il est très bon. C'est l'un des plus talentueux à Paris en ce moment.

On se rend vraiment compte qu'il y a des personnages qui ont construit des univers musicaux forts grâce à leur ingé son.

PLK : C'est incroyable, ça peut changer un artiste. PNL, c'est leur ingé (Nikolafève) qui a poussé à aller dans l'Auto-Tune, tirer pour voir ce que ça pourrait donner.

Zeu : Quand t'es dans le milieu, tu rencontres différents artistes et il y a des mecs qui te parlent de certains beatmakeurs. Ils t'expliquent que, quand tu bosses avec eux ils rentrent en cabine avec toi, te font des yaourts. Les mecs comme Kore et tout, ils contribuent pour beaucoup à la réussite de certains artistes.

PLK : Sur un projet comme celui-ci, on voulait vraiment bosser en famille. Kezo, ça doit faire six ou sept ans. On a totalement confiance.

Trois semaines avant de rendre les masters à notre distrib, on a commencé à mixer le projet. On y allait tous les jours, on rentrait à cinq heures du mat'. On l'a rendu hystérique - Elyo


 

Pour en savoir plus sur le turn up du mix d'ADN ou sur les hautes fonctions d'Elyo - producteur exécutif - on vous invite à tendre une oreille ci-dessous.

 

Sur ce projet ADN, on sent vraiment comme une vague. Il y a des moments de tensions et c'est souvent suivi par des relâchements.

Elyo : Si tu fais attention il y a toujours ce truc aussi que j'ai réalisé après. Lorsque j'ai réécouté l'album en entier. Il y a ce balancement entre la soif de succès et le fait d'être en bas. C'est pour ça qu'on a la dalle. On voit le haut, on est sur la route et en même temps parfois on se dit "mais putain ! Il reste trop de trucs à faire !"

Pour rester sur cette idée de vague. Ça part en fête, ensuite on dit "Molo" puis vient le titre "Mon squad" et là, on se présente. C'est le cinquième titre en plus.

Elyo : C'était voulu qu'il soit au milieu.

Zeu : Il fallait un morceau comme celui-là.

ASF : C'est l'un des seuls sons où l'on a essayé de faire un effort sur le timing. On a fait un morceau construit, pas trop long...

PLK : Pour se prouver qu'on était capable de le faire. Panama Bende ce n'est pas juste turn up, on est sept sur une prod et ça dure douze minutes. Non, on peut faire des morceaux plus carrés pour raconter des vraies choses et transmettre des émotions. Des morceaux courts comme celui-ci, vu qu'on est sept à rentrer dessus, souvent en intensité ça peut-être un peu plus intéressant.

Zeu : Et puis même, les gars ils écrivent bien. Il y a un moment où c'est bien de raconter des choses. La plume, c'est important dans le rap et ça se perd. Je ne dis pas qu'on est des fins poètes mais on fait un minimum attention.

Le dernier titre d'ADN c'est "Sommet"...

Zeu : Tu sais quoi, c'est le premier morceau qu'on a enregistré il y a un an et demi. Il n'était pas supposé être sur le projet...

PLK : parce qu'en fait ce morceau il a une histoire un peu particulière. En gros, on était partis faire un concert à Genève, on revenait en vanne. On était morts, fatigués...

ASF : tempête de neige...

PLK : et c'était le bordel sur la route. On a mis une prod qu'on avait reçu sur le mail Panama et on a commencé à écrire le son. On était vraiment dans les montagnes suisses, grand lac à droite. C'était le gros bordel et du coup, on s'imaginait le clip en même temps. Mais bon, on n'a pas le budget pour faire des clips dans les montagnes suisses. Pour l'instant, on l'a juste imaginé.

Vous pourriez faire un truc drôle avec des petits personnages ?

Zeu : Tu nous le feras.

Comme dans La Roue de la fortune avec le petit bonhomme qui monte...

Zeu : Non ça c'est dans Le Juste Prix.

 

 


Crédit photo : DR

+ de Panama Bende sur Mouv'

 

 

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