Georgio fait le show à La Réunion [reportage]

Les rapporteuses Jeudi 08 juin 2017

Réécoute
Le Sakifo de Georgio [reportage à La Réunion]
Du 2 au 4 juin, le Sakifo accueillait le meilleur de la musique pop mondiale durant trois jours. 54 artistes, 13 nationalités avec parmi les têtes d'affiches Georgio programmé le samedi. Rencontre à Saint-Pierre - La Réunion.

Après Kery James et Killason, on vous raconte le Sakifo de Georgio de ses balances à son grand concert !

Samedi - 15h30 sur le site du Sakifo. Georgio vient de donner une interview à la télévison locale Réunion 1re. On le récupère à ce moment précis le temps d'un bref échange vers la grande scène du festival Salahin où il se produira dans moins de quatre heures. (Écouter la suite)

 

Diabi, Sanka, Georgio et Rooster durant les balances

16h30 - On le retrouve un peu plus tard sur le site du Sakifo pour parler de voyage, de musique et d'évasion. Aujourd'hui, Georgio fait plus que "transformer sa chambre en vol long-courrier".  (En écoute ci-dessous)

 

Héra, c'est un album avec beaucoup d'espoir et de liberté. Il y a aussi une vraie envie de s'échapper de cette conformité dans laquelle on peut nous mettre.


 

Dès son arrivée, Georgio est allé voir du pays. Mais au-délà du côté "carte postale", on aimerait savoir s'il a senti la culture de La RéunionMon père habite au Congo explique Georgio. Je suis allé plusieurs fois en Afrique, ça y ressemble mais en plus riche. J'étais dans un petit café qui s'appelle le Tikaf ouvert jusqu'à trois heures du mat' et même plus. Il y avait des posters de Bob Marley partout et les gens se disaient tous bonjour. On sent directement la différence de paysage et de culture. 

 On lui demande ensuite s'il s'est intéressé à la musique de La Réunion, le Maloya. Il réfléchit. Pas trop, on était qu'entre nous. Après j'ai entendu de la musique. Forcément quand on passe dans la rue d'un commerce à un autre, on peut entendre ces sonorités. On pense alors à cette aventure Proses dont il fait partie - dialogue entre rap et littérature où Léopold Sédar Senghor rencontre Robert Desnos, Paul Eluard, Frida Kahlo. On lui raconte qu'elle aurait pu les conduire jusqu'ici, sur les traces d'Alain Peters, grand poéte qui a travaillé à la réhabilitation du Maloya, une musique "interdite d'espace public" (des années 60 à la fin des années 70) car jugée trop subversive. L'idée semble lui plaire, le rap c'est de moins en moins le cas mais ça reste un musique de dissidents un peu. Je pense que l'on pourrait sans doute raconter ces histoires en parallèle.

Dans ces histoires de lignes qui se suivent, Georgio arrivera peut-être un jour jusqu'à la Guadeloupe et au Gwoka. Ma mère est métisse et du coup je suis quarteron. Elle ne m'a pas plus que ça inculquée la culture guadeloupéenne. Le truc c'est que je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller pour l'instant. J'ai pu le regretter plus jeune mais ça coûtait cher les billets... en plus j'ai un petit frère. Ce n'est pas grave parce que c'est une envie que je cultive et quand j'irai, ça sera le bon moment. Je ne suis vraiment pas fermé à ça dans ma vie d'artiste.

Cette ouverture on la retouve dans la production de son deuxième album. Sur Héra, Georgio a fait appel à un artiste qui a notamment travaillé dans l'ombre de Christine and The Queens Angelo FoleyJ'adore le rap français mais je n'écoute pas que ça. J'écoute aussi pas mal de folk, de rock anglais, de punk et de chansons française.

Dans la playlist de Georgio, son top 3 du moment : (En écoute ci-dessous)

 

 

Sur Héra je ne voulais plus avoir de samples. Je voulais mes guitares, mes batteries. Je voulais faire du Georgio et que ça ne ressemble à rien d'autres. J'ai travaillé avec des beatmakers plus ou moins connus mais, pour 70% des titres, à la production c'est Angelo Foley. Il vient plus de la pop et de la chanson mais il comprend la culture rap. En bossant ensemble, on a mélangé tout ça et ça se ressent dans la musique.


18H50 - Face à la grande scène Salahin. Le public attend l'arrivée de Georgio. On décide d'aller les rencontrer. (En écoute ci-dessous)

 

 

19H - L'embarquement sur le vol Héra est lancé. Accompagné de ses fidèles compagnons - Diabi et Rooster aux machines, Sanka au back - Georgio monte sur scène.

 

Le concert dure une petite heure, un mouvement d'une soixante de minutes à plusieurs voix. Il y a celles de Georgio et de Sanka mais aussi celle du public qui reprend tous les refrains. Les corps se libèrent dans un instant de liesse.

20H - Georgio est en fête. N'oubliez pas ! La vie est une fête bande d'enfoirés !  Georgio quitte la scène et se dirige vers le public avec Sanka pour signer des autographes. (En écoute ci-dessous)

 



Crédit photos : Narjes


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