Barack Adama : "Avec 'La Propagande', je suis dans l'expérimentation" [interview]

Les rapporteuses Lundi 23 janvier 2017

Réécoute
Sortir 3 mixtapes avant l'album, avoir pour inspiration Rick Ross, son père ou Barack Obama. Ne pas aimer dire "je t'aime", vouloir installer un univers en répétant les mêmes choses pour que ça rentre dans la tête des gens. Conversation avec Barack Adama, rappeur de la Sexion d'Assaut qui s'était retiré de la scène musicale en 2013 et qui fait aujourd'hui son grand retour.

Barack Adama est aujourd'hui fin prêt à lancer La Propagande, une aventure en 3 mixtapes qui sortiront toute sur l'année 2017. Et la marche, elle a été lancée avec ce titre-là...

 

Dans Parisien Magicien, il y a cette Rolls Royce qui arrive. Elle n'est jamais repartie...

Exactement.

On la revoit dans d'autres vidéos. Pourquoi ?

Je ne sais pas. On l'a mis dans une première vidéo et puis on s'est dit "on continue". Ça allait bien avec mon personnage et ça collait bien avec le truc.

C'est la propagande qui est lancée ?

C'est ça. Le but de la mixtape et de mes clips c'est de répéter les mêmes choses pour que ça rentre dans la tête des gens.

Qu'est-ce que tu veux leur faire rentrer dans la tête ?

Je sors d'un groupe de huit personnes, ça fait quatre ans qu'on ne m'a pas vu et là, je reviens seul. Pour les gens, ça peut-être confus. Ils connaissent mon visage mais pas encore mon univers. Les mixtapes, c'est une façon de leur faire découvrir.

En regardant tes vidéos, je ne peux m'empêcher de penser à Rick Ross...

Ah ouais ? C'est la barbe je pense (rires). Après c'est vrai que Rick Ross c'est un personnage qui m'inspire beaucoup dans le sens où il s'assume clairement. Rick Ross c'est un mec qui a donné de la force à tous les gros (rires).

Dans tes inspirations, il y a qui d'autres ?

Mon père, Frank Underwood, Barack Obama. Mon daron il a pleuré quand Obama est devenu Président. Il m'a dit "t'es pas touché ?" J'ai répondu que non et il m'a insulté "t'es con et tout …" Mais moi, je m'en foutais. J'ai pris du recul depuis et en vérité, c'est fort ! Gros personnage Obama, comment il s'est imposé. En plus, il a un capital sympathie, il est stylé. Ah ! Le con. (rires)

Obama a fait 8 ans à la Maison Blanche, toi t'es en route vers la Black House...

"Black House", c'est le nom de mon premier album, celui que je vais sortir une fois que la propagande sera terminée. C'est comme la White House, ouais. Mais je n'y suis pas encore. D'abord il faut propager, sortir les 3 volumes de Propagande et là, ça sera le bon moment.

Et ton père ?

Il vient d'un village au bled. Très jeune, il a perdu son père et n'était qu'avec sa mère. C'est le plus jeune mais c'est lui qui a porté toute la famille. Mon père, il a nourri plus d'une trentaine ou une quarantaine de têtes à lui tout seul. Il m'inspire le respect. C'est quelqu'un de super fier. Il déteste la défaite et ça, il me l'a inculqué tout petit. C'est peut-être la seule personne au monde qui arrive à me secouer parce que je suis quelqu'un d'un peu têtu.

 

Il y a des musiciens dans ta famille ?

Zéro. Je viens d'une famille très religieuse. Arrière-grand-père imam, des bergers (rires). Il y a rien de musical là-dedans. J'ai trouvé mes influences dans mon groupe. Tu es avec des mecs qui chantent, un Gims, un Black M. Les gens ne le savent pas mais Black M, il est très reggae. On l'a connu à l'époque, il était rasta. Il traînait avec un de nos gars, ils fumaient des trucs. Ils n'écoutaient que du reggae.

Quand est-ce que tu as su que c'était le moment de revenir ? Je pense notamment à ce titre que tu as fait avec Gims en 2015, Contradiction. Ça signait en quelque sorte ton grand retour...

C'est vrai. J'avais oublié ! C'était plus ou moins à cette période-là et ce titre avec Gims, c'est le premier qui est sorti. Mais je ne suis jamais vraiment parti en fait. J'ai toujours été derrière les autres. Gims, Black, Maska, Dry, Lefa...j'ai réalisé leurs albums.

Ce qui m'a vraiment donné envie de m'y remettre c'est Lefa. Lui et moi, on partageait les mêmes idées. On ne voulait pas se séparer du groupe, ça ne nous intéressait pas. Quand j'ai vu qu'il était revenu seul, que ça se passait bien pour lui, qu'il était épanoui, ça m'a donné envie d'essayer. Et là, je me suis rendu compte que c'était lourd  en fait, "merde, je me suis fermé pour rien".

 

 

Dans ce titre Harvard, tu dis : "J'ai pas fait d'études à Harvard/Mon vocabulaire est barbare/Dans les dîners, j'peux pas jouer l'intello/Y'a que sur une instru que j'bavarde...

En gros, ce que je voulais dire c'est que dans ce pays, on aime bien juger les gens sur leur éloquence ou leur orthographe. Si ton orthographe est flinguée, on va dire "téma le teubé. Il ne peut pas aligner une phrase." Mais Gims, par exemple, c'est un mec qui fait des fautes d'orthographes de dingue. Bon maintenant, il s'est amélioré. Mais attention ! Il a un Q.I surélevé. J'ai grandi avec lui, c'est un surdoué

 

Et tu n'aimes pas trop dire "je t'aime"...

Les  "je t'aime tout ça..." C'est bon !

 

Maintenant, il y a les emojis. C'est cool, tu peux envoyer des cœurs...

(rires) Ouais, y a les emojis.

 

 

 

Quand j'ai entendu ce titre "Zoné" j'ai tout de suite pensé à Franglish. J'ai ensuite vu qu'il avait bossé avec toi sur ce titre...

Exactement. Franglish il est venu en studio le jour où on bossait sur ce morceau. 

 

Tu écoutes quoi en ce moment ?

Toute la vague ghanéenne, naija. Maleek Berry, Burnaboy, Tekno...ces gars-là. Mais en ce moment, je reviens à un autre délire. Je suis plus sur les States. Il y a cette meuf que j'écoute, Snoh Aalegra. Le morceau s'appelle Home. C'est une tueuse

 

Sinon, y a un truc avec Johnny Hallyday ?

 

Tu l'as déjà rencontré ?

Jamais.

Mais t'as dû en croisé beaucoup des artistes de variété française...

Ouais, beaucoup. Obispo, on le croise tout le temps. Jenifer, Florent Pagny.

Ils kiffent votre musique ?

Ouais, ils kiffent surtout Gims.

 

Quand on arrive avec un titre comme Parisien Magicien, est-ce que il n'y a pas cette idée d'envoyer un message positif ?

Ouais. Après, je suis dans l'expérience. Je ne peux pas te dire à l'avance ce que ça va donner. On expérimente. C'est pour ça que je kiffe le format mixtape. Parce qu'il n'y pas de règles. On y va quoi !


 


Crédit photo : DR / Sony Music

+ de Rapporteuses sur Mouv'
+ de Barack Adama sur Mouv'

         

Commentaires