Abou Debeing : "c'est comme si la rue c'était mon champ de bataille et la boite de nuit ma victoire" [interview]

Les rapporteuses Mardi 07 février 2017

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Abou Debeing [interview]
Conversation avec Abou Debeing, artiste du label Wati B à l'occasion de la sortie de son premier album "Debeinguerie" le 17 février.

 

Il y a d'abord cette pochette d'album. Abou Debeing le tient dans ses mains "je ne suis pas habitué, ça fait bizarre je vois ma teté". Il la regarde, on parle de ce visuel réalisé par Fifou, de sa peur de grandir à l'approche de la trentaine et du temps qui défile "la musique ça m'a stabilisé. Ça fait vraiment un an que c'est professionnel."

 

Il y a ensuite ce titre Guerre (à découvrir dès le 17 février). Un morceau qui raconte la rue et les boites de nuit, "c'est comme si la rue c'était mon champs de bataille et la boite de nuit ma victoire". Abou Debeing poursuit "en primaire j'allais dans toutes les booms, au collège j'allais dans toutes les après-midis et dès que j'ai eu 16-17 ans je suis allé en boite".

Dans cette chanson il y aussi cette phrase qui retient l'attention "j'ai vendu de la meca comme on vend des tic-tac". Il se confie "Pas fier mais ouais, c'était pour montrer la gravité de certaines choses (...) ou si, je pensais que c'était grave mais je me disais que c'était la seule solution". La solution, c'est ses amis du label Wati B qui vont la proposer. Nous sommes en 2013, Abou Debeing sort de deux ans d'incarcération...

 

Abou Debeing se remet à donc à écrire grâce à Barack Adama "il y a un moment où les amis c'est plus que des amis. C'est des frères (...) Mais ça ne s'arrête pas au Wati B, j'ai d'autres amis artistes comme S.Pri Noir ou Franglish qui me poussent. Ça me donne beaucoup de force." Franglish fait d'ailleurs partie de ceux qui l'ont beaucoup conseillé durant l'enregistrement de l'album. "Ce ne sont que des paroles mais elles te font faire des choix qui impliquent d'autres choix. Et qui font ta réussite."

 

Il y a 3 ou 4 ans, Abou Debeing n'aurait jamais imaginé sortir un album chanté "je t'aurai dit mon album il sera comme Savoir et Vivre Ensemble  de Kery James. Sauf que voilà, il est arrivé avec Billet Facile, un titre qui a contribué à lancer la vague Afro.

 

L'Afro s'est depuis popularisé et pour Abou cette musique est même entrée dans les sonorités françaises, "quand tu fais un titre comme ça, tu n'es plus bizarre. On peut aimer ou ne pas aimer mais on connaît." 

Et dans le cas d'Abou, l'Afro c'est aussi une histoire liée à son pays d'origine la Côte d'Ivoire, "j'écoute du zouglou tous les jours. Je fais découvrir ça à mes amis. Je leur explique (...) Ils te font danser mais ils avaient des propos soit sur les meufs, soit sur la société". Un peu comme Abou.

 

Et sur Debeinguerie, on retrouve entre autres Keblack et Lartiste. Le premier sur Étoile Filante, "Je ne sais même pas si j'en ai vu beaucoup des étoiles filantes. Je ne sais même pas si j'en ai vu."  Le second, rencontré au Maroc, sur Player. Deux morceaux où Abou Debeing chante l'amour.

"J'aime bien parler d'amour. Quand j'étais plus jeune, j'écoutais beaucoup de sons love. Des sons comme I Need A Girl et je regardais les clips. P Diddy, Usher, Loon, ils étaient là avec des meufs. Wouah!" Et pour Abou Debeing, chaque nouveau titre qui parle d'amour est un challenge.

 

C'est un peu comme pour cette vie qui l'a choisie, "aujourd'hui, je suis structuré. Je suis réinséré. Je me suis forcé à avoir des cadres, à changer de cadres. J'ai toujours été quadrillé sauf que, quand tes fondations elles ne sont pas bonnes(...) La vie ce n'est pas la Tour de Pise (...) Quand t'es H24 dans le rue..."

Ce passé est aujourd'hui loin derrière Abou, "je suis en phase avec moi-même. Je ne fais pas quelque chose de mal. Je ne suis pas là à dormir et à avoir une inquiétude qu'à 6 heures du matin les keufs débarquent. Je dors paisiblement." Abou voyage, fait le tour du monde, se produit aux côtés de Black M devant 6000 personnes, "On kiffe, on kiffe". 

 

 


Crédit photo : DR / Sony Music

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