Le SIDA se soigne aussi par la politique

Les engagés (2015-2016) Mardi 24 mai 2016

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Le SIDA se soigne aussi par la politique
Lancement du site web NoHomophobes.fr: le miroir social de l’homophobie verbale! Ce site web traque en temps réel les insultes homophobes sur Twitter pour les afficher dans un fil d’actualité.Explications avec Etienne Deshoulières, Avocat au Barreau de Paris

Comment se manifeste l’homophobie aujourd’hui en France ?

Lancement du site web NoHomophobes.fr

Avec Etienne Deshoulières, Avocat au Barreau de Paris

L’association Mousse en partenariat avec ELCS (Elus Locaux Contre le Sida) présidée par Jean-Luc ROMERO, lance aujourd’hui le site web www.nohomophobes.fr, qui traque en temps réel les insultes homophobes sur Twitter pour les afficher dans un fil d’actualité. 

Les propos homophobes constituent la manifestation la plus courante de l’homophobie. Afin de rendre perceptible cette violence invisible, l’association Mousse, en partenariat avec Elus Locaux Contre le Sida et le Centre de recherche sur l’homophobie de Montréal, et avec le soutien de Deshoulières Avocats, lance aujourd’hui le site internet www.nohomophobes.fr.

Conçu comme un miroir social, ce site met en évidence la fréquence de l’emploi de propos homophobes dans le langage courant. Les termes « pédé », « gouine », « tapette » ou « sodomite », sont traqués sur Twitter en temps réel, puis affichés sous forme de fils d’actualité.


 

 

Etienne Deshoulières

Avocat au Barreau de Paris est l'avocat de l'association Mousse. Il a été en charge d'une vingtaine de dossiers d'homophobie, dont les dossiers Christine Boutin et Sabrina Hout.

Le cabinet Deshoulieres-avocats  a financé en partie le site www.nohomophobes.fr.

Etienne est aussi militant LGBT et coauteur du livre "Féminismes et luttes contre l’homophobie : de l’apprentissage à la subversion des codes", qui vient d'être publier au Canada.

 

Durablement ancrée dans le langage, l’insulte homophobe manifeste la persistance des schèmes produits par la domination masculine, fonctionnant comme des matrices de perception et de représentation du monde social. Elle révèle un système de dispositions dévalorisant la féminité et l’homosexualité.

Cette violence verbale déploie ses effets bien au-delà du langage. Les victimes de propos homophobes souffrent de symptômes physiologiques et de troubles émotionnels tels que honte, cauchemars, difficultés respiratoires, hypertension, psychose et, enfin, suicide. Pour échapper à cette violence, les victimes quittent leur travail, s’éloignent de leur famille, évitent certains lieux publics, dissimulent leur souffrance à leurs proches. Plus qu’une simple blessure passagère, le mépris homophobe induit une restriction de la liberté individuelle, une atteinte à la dignité et une menace pour la sécurité physique et mentale.

Ce qui est finalement en jeu dans le débat sur les propos homophobes est une certaine vision de la société. Il ne s’agit pas seulement de mettre en balance la liberté d’expression et le droit de ne pas être injurié. Il s’agit d’un débat bien plus profond sur ce que nous comprenons du concept d’égalité.

 

 


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