Tony Parker : son émouvante lettre de remerciements à San Antonio

Le 14-17 Mardi 07 août 2018

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Tony Parker : son émouvante lettre de remerciements à San Antonio
"La vérité c'est que je sais qu'il est impossible de résumer ce que les Spurs ont représenté pour moi, dans une lettre comme celle-ci."

Après 17 ans de bons et loyaux service, le meneur de jeux des Spurs Tony Parker a décidé de se trouver un nouveau défi avec les Hornets de Charlotte :

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Mais avant de partir le monument français du basket a décidé de laisser une lettre pleine d’émotion aux fans de San Antonio. Une lettre dans laquelle il revient surtout sur « la culture des Spurs » liée à deux hommes : Tim Duncan et Gregg Popovich.

Un gars comme David (Robinson), c’était incroyable à voir. Il y avait ce Hall of Famer, en pleine campagne pour le titre, qui ne me voyait pas, moi le gamin qui arrivait au même moment, comme un boulet. Avec David, et avec les autres vétérans de l’équipe, c’était comme ça que ça se faisait naturellement. Tout le monde voulait gagner le titre. Mais ils avaient aussi cette autre responsabilité, qu’ils valorisaient de la même façon, de vouloir laisser l’équipe en meilleure position qu’à leur arrivée. C’est la culture des Spurs, pour moi. Réussir ses propres ambitions tout en essayant d’assumer cette autre responsabilité.


 

Une définition qui colle parfaitement à Tim Duncan :

Bien sûr, la principale raison d’être de la culture des Spurs, c’est assez simple, non ? Nous avons eu l’un des meilleurs joueurs de l’histoire pendant 19 saisons, avec Tim. Mais Tim n’était pas seulement le meilleur joueur durant ces années. Il était aussi le meilleur coéquipier. D’accord, c’est peut-être un cliché. Mais je ne crois pas que les gens réalisent à quel point toute la culture de l’équipe peut se résumer dans le fait que Tim était Tim. C’est ça la vérité.

Voilà un exemple : les gens demandaient toujours pourquoi les gars dans notre équipe étaient tellement faciles à coacher, pourquoi on arrivait quasiment systématiquement à tirer le meilleur des joueurs qui rejoignaient le club. Pourquoi les nouveaux semblaient progresser de façon miraculeuse dès leur arrivée ici, pourquoi leur éthique de travail se transformait ou pourquoi leur principale faiblesse, qui les empêchait de passer un cap, s’évanouissait. Je disais toujours que ce n’était pas de la magie. Je leur répondais que nous avions un coaching staff d’élite et des entraîneurs particuliers d’élite, évidemment. Je leur répondais aussi que nous avions un coach d’exception avec Pop. Mais vous voulez savoir ce qui faisait de nous une équipe vraiment différente dans la majorité des situations ? C’était Timmy. C’était juste Timmy. Il n’y a pas à chercher plus loin.

Parce que voilà le point le plus important à propos de Tim Duncan : est-ce qu’il a été le plus grand joueur de l’histoire ? Je ne sais pas. Il a été le plus grand joueur avec lequel j’ai joué, c’est certain, mais je laisse les experts faire leurs déductions. Mais il y a une chose dont je suis certain : Timmy a été le grand joueur le plus facile à coacher de tous les temps.

C’était notre arme secrète, pour moi. Ce joueur de classe mondiale, dans la All-NBA First Team, qui était MVP des Finals, qui allait être MVP de la ligue, était à l’entraînement et il voulait qu’on le coache comme s’il devait se battre pour avoir sa place dans l’équipe. C’était incroyable. Vous pensez qu’un joueur star ne doit pas être aussi passif ? Eh bien, vous ne voyez pas les choses comme Tim. Parce que Tim savait la vérité : qu’accepter d’être coaché ainsi était le véritable charisme et la vraie classe. C’est comme s’il défiait tous les autres joueurs du gymnase : le meilleur joueur de la ligue est prêt à mettre son ego de côté, et toi ?

C’était le contrat. Les gars arrivaient, regardaient et ils finissaient par faire les choses de la même façon que Tim.

C’était la culture des Spurs.


 

Mais le joueur français revient aussi sur Manu Ginobili, et Gregg Popovich, dont les principes de réussite collective et l’honnêteté passent avant tout :

C’est difficile d’expliquer ce qui fait de Pop un leader spécial. Il y a ce que vous connaissez : il est génial dans la communication, très pointu dans l’aspect tactique, il motive de façon brillante et c’est juste quelqu’un de super. Mais je pense que ce qui le rend unique en tant que coach NBA, ce sont ses principes : la façon dont il les a définis depuis le début et dont il y est resté fidèle depuis.

Parfois, ces principes marchent en votre faveur, et c’est ce qu’on veut entendre. Quand j’ai eu ce deuxième workout, avant la Draft, même si j’avais raté le premier… C’était Pop qui agissait selon ses principes. Il pensait avoir vu un bon joueur, c’est tout. Et donc ça n’avait pas d’importance que j’ai eu un mauvais entraînement. Il n’allait pas laisser le bruit extérieur le faire dévier de ce qu’il pressentait : qu’il devait me donner une autre chance et me drafter. C’était la même chose dans ma saison rookie, lorsqu’il a commencé à me donner de plus en plus de temps de jeu. Jusqu’à ce que j’ai le deuxième temps de jeu de notre série face aux Lakers, derrière Tim, avec près de 40 minutes par match. C’était la même chose lorsque, cinq ans plus tard, Pop nous a donné le feu vert pour mettre en place une attaque qui collait davantage à mon style, jusqu’à ce que je sois le meilleur marqueur en 2006, et que ça continue lors des playoffs 2007, où j’ai gagné le titre de MVP des Finals.

Il y a aussi le revers de la médaille avec les principes de Pop. Parce que parfois, ses idées ne marchent en votre faveur. Et ça peut être difficile à entendre. C’est ce qui m’est arrivé en 2003. Toute la saison, j’étais titulaire comme meneur. Mais durant les playoffs, j’ai un peu souffert et Pop a décidé de me remplacer par Speedy (Claxton) et Steve (Kerr) en fin de match. C’est ce qui est arrivé plus tard dans l’été lorsqu’après avoir aidé l’équipe à remporté son deuxième titre (mon premier) en tant que meneur de 21 ans, j’ai entendu que l’équipe allait tenter de faire venir Jason Kidd, une star et un meneur vétéran, lors de la free agency. Une autre expérience difficile a été lors des Finals 2005, quand nous avons gagné notre troisième titre (mon deuxième) et que Pop a décidé de donner certaines de mes responsabilités dans la série à Manu.

Vous voyez ce que je veux dire ?

L’important, néanmoins, c’est que toutes ces expériences, les bonnes comme les mauvaises, ont fait de moi un meilleur joueur et une meilleure personne. C’est juste Pop. C’est ce qui le rend spécial. Il n’y a pas de conneries quand il vous encourage et il n’y a pas de conneries quand il vous critique. Quand il vous met titulaire ou qu’il vous met sur le banc, quand il vous donne les clés de l’attaque ou quand il veut donner les clés à quelqu’un d’autre lors de la free agency, c’est toujours le même Pop, qui opère avec les mêmes principes, tout le temps. Et ce principe, c’est que peu importe ce qui arrive, ça arrive pour une seule et unique raison : le bien des Spurs.

C’est difficile de ne pas respecter ça.



Après une saison à 7,7 point de moyenne par match, le meneur des spurs accepte son rôle devenu moins intéressant dans l’équipe et prépare son départ.

Merci à la franchise des Spurs, à tous les étages, pour la plus belle opportunité de ma vie, et pour m’avoir offert le meilleur boulot du monde pendant 17 ans. Merci aux fans des Spurs, partout dans le monde, pour être toujours présents, toujours bruyants, et pour m’avoir toujours soutenu. Et merci à la ville de San Antonio, pour être la seule que je peux considérer à jamais comme ma maison. 


 

 


Crédit photo : Jonathan Bachman / NBA / Getty Images

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