Quand mal s’habiller empêche de trouver un emploi

la leçon de S(tyle) (2015-2016) Mardi 16 février 2016

Réécoute
Quand mal s’habiller empêche de trouver un emploi
Selon une étude du Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail (OIT), 8 chômeurs sur 10 pensent que leur apparence physique a une influence sur les recruteurs. Ils sont 10% des femmes et 6% des hommes au chômage à déclarer avoir été victimes de discriminations à l’embauche pour ces raisons. Malgré tout, peu de personnes portent plainte.

" Trop mince ", " Trop percé ", " Trop tatoué " : vous avez parfois entendu ce genre de phrase dans votre milieu professionnel. Parfois, comme moi, vous cumulez ces trois caractéristiques physiques. Tous les individus n'ont pas la chance d'avoir un emploi où son physique et son style sont acceptés normalement. Quand ces mêmes remarques vous empêche d'accéder à un emploi, il s'agit d'une discrimination liée à l'apparence physique ou au style vestimentaire.

Dans une information relevée par Amandine Cailhol, pour le quotidien Libération, le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail a interrogé près de 1000 demandeurs d’emploi sur ces types de discrimination. L'étude démontre que 8 chômeurs sur 10 pensent que leur apparence physique ou leur style vestimentaire a une influence sur les recruteurs. Pire, 10% des femmes et 6 % d’hommes au chômage ont déclaré avoir été victimes de discriminations à l’embauche pour ces raisons.

Le style pour l'emploi

Les discriminations liés à l'apparence physique concerne les traits du visage, l’allure, le poids, la couleur des yeux, la couleur de la peau mais aussi le handicap. Lorsqu'elle est lié au style vestimentaire, cela concerne la coiffure, des tatouages et piercings mais aussi les vêtements. Malheureusement, Amandine Cailhol soulève que ce sont les femmes qui subissent le plus ces deux types de discriminations :

 ...les femmes obèses signalent huit fois plus de faits discriminatoires que celles dont le poids est dit dans la norme. Autre facteur de discrimination pesant sur les femmes: le style. Lorsqu’il est «atypique», il engendre huit fois plus de discriminations qu’un style jugé classique ou décontracté.


 

Pour le physique (sauf pour les pratiquants de sports ou les férus de chirurgie esthétique) il va être difficile d’agir : on a la morphologie qu'on a. En revanche, à son petit niveau, on peut éviter l'écueil de la discrimination du style vestimentaire.

 

D’abord, portez des vêtements à votre taille, souvent les hommes et les femmes ne connaissent pas leur taille de vêtements. Ou alors pense la connaître mais à tort. Vous ne paraitrez pas plus mince en portant un 34 au lieu d’un 38 ni plus costaud en portant un t-shirt taille S au lieu d'un taille M.

Ensuite, il vous faut une garde-robe avec des pièces fortes. Concentrez-vous sur les vêtements basiques : un jean, un pantalon pince, un chino, un perfecto, un t-shirt blanc, gris, noir, une belle paire de chaussures, un beau blouson de cuir, un manteau, un beau costume. Pour les filles, vous ajouterez la petite robe noire, la paire d 'escarpins, le tailleur et la jupe.

Sutout, n’hésitez pas à y mettre le prix pour de la qualité mieux vaut un cuir à 500 euros et de bonne qualité plutôt qu’un cuir à 50 euros qui va mourir dans 3 mois. Lorsque vous maitriserez ces basiques, vous pourrez commencer à jouer avec les couleurs (pas plus de 3).

Enfin, adopter une posture, une attitude : se tenir droit, ne pas baisser les yeux peut contribuer à avoir confiance en soi. L'attitude contribue fortement à convaincre le recruteur. Le blog de mode Comme un camion a publié " Les 10 commandements du Camionneur " , un ouvrage utile pour les hommes et les femmes afin de ne pas se tromper dans ses futures achats.

Des discriminations punies par la loi

Il y aurait donc un physique et un style de l’emploi. Néanmoins, sâchez que depuis 2001, nul n’a le droit d’être traité différemment à cause de son physique ou de son style surtout lorsqu’on postule pour un emploi. Vous pouvez vous renseignez auprès d'un juge de proximité ou du Défenseur des droits si ces discriminations sont avérées.

Comme pour les discriminations raciales, elles restent difficile à prouver et cela d’autant plus qu’il y a peu d’associations qui accompagnent les plaignants comme le rappelle très justement, dans Libération, le sociologue Jean-François Amadieu. En revanche, à défaut d’avoir le physique pour l'emploi, on peut adopter un style de l’emploi.

 


 

Crédits photos : Emeline Hamon

Commentaires