Loïc Prigent : " J'adore, la mode mais c'est tout ce que je déteste "

la leçon de S(tyle) (old) Mardi 20 septembre 2016

Réécoute
Loïc Prigent : j'adore, la mode mais c'est tout ce que je déteste quoi
Le journaliste et documentariste Loïc Prigent, grand spécialiste des défilés, passé maître dans l'art de la punchline sur Twitter raconte dans cette compilation le monde de la mode : fascinant et agaçant

Quelque 2 000 de ses punchlines humoristiques, dont il gratifie ses plus de 200 000 abonnés sur Twitter, ont été réunies dans J'adore la mode, mais c'est tout ce que je déteste, qui vient de paraître chez Grasset. Catherine Deneuve, autre grande habituée des défilés, en lira aussi certaines dans une série qu'il a réalisée, diffusée sur Arte à partir du 26 septembre, veille de l'ouverture de la Fashion Week à Paris.

Exemples de choses drôles ou saisissantes sorties " de la bouche de mannequins, de créateurs, de confrères, d'amis " - parfois, de son propre aveu à l'Agence France Presse, il en prononce lui-même - et répercutées par ce spécialiste de la mode sur les réseaux sociaux.

" Il a inventé le tee-shirt à 500 euros. C'est un génie ! "



Ou :

" Je n'arrive pas à savoir si c'est affreux ou si ça change la façon dont on va s'habiller les dix prochaines années. - Les deux. "



Loïc Prigent consigne ses bons mots, de façon " spontanée et en vrac " dans son téléphone avant de les retravailler et de les formater pour Twitter

Le titre du livre exprime bien la schizophrénie du milieu et le sentiment extrêmement ambivalent que beaucoup de gens ont pour la mode. Ça dit bien ce que c'est et ce qu'il m'arrive parfois de ressentir, à un point proche de la détestation. Par moments, j'en suis saoulé ! "


Une passion des créateurs et des vêtements que partage Catherine Deneuve, prestigieuse interprète qui va dire certaines de ses " petites perles " dans une série de 22 épisodes de deux minutes diffusée prochainement diffusée sur Arte.

"Sublime ne suffit pas, il faut être sublissime"

Âgé de 43 ans, il a grandi bien loin des podiums et des flashes : il est originaire d'un milieu " méga-rural " en Bretagne, avec des parents " paysans " qui avaient toujours les " mains dans la terre ". À l'âge de 20 ans, il a découvert Paris, à l'occasion d'un stage dans l'édition puis plonge dans le milieu de la mode. Depuis une quinzaine d'années, il a réalisé plusieurs documentaires remarqués sur les coulisses de grandes maisons de création et signe avec Mademoiselle Agnès la série décalée Habillées pour... sur Canal+. Avant même la naissance de Twitter, Loïc Prigent s'est fait une spécialité des " pépiements ", publiés dans des " fanzines " ou Libé, dans les années 1990, évoquant " le clubbing et les Parisiens " et ensuite les défilés, sa vraie passion : " C'est télégénique, c'est le show, le pinacle. "

" Je continue de débarquer, on débarque tout le temps ", assure-t-il, cultivant une distanciation par rapport à un milieu dont il sait relever les excès - " il faut être en -issime, sublime ne suffit pas, il faut être sublimissime " -, tout en restant fasciné : " Le monde marche à l'envers et, comme la mode va dans le sens inverse du monde, peut-être qu'elle va à l'endroit ", fait-il valoir. " C'est un truc auquel je crois assez. "

 


Source : AFP

Commentaires