Le Genderless Kei envahit le Japon

la leçon de S(tyle) (2015-2016) Mardi 02 février 2016

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Le Genderless Kei envahit le Japon
Mais qu'est-ce donc ce style venu d'ailleurs ? Kei signifie "style" alors que Genderless signifie "asexué", Le Genderless Kei est à traduire par le "style asexué". Un style excentrique voué à disparaître. Enfin, on l'espère...

Le Genderless Kei est un style découvert à l’édition 2015 du Tokyo Girls Collection , une sorte de Fashion Week qui a lieu deux fois dans l’année. Cette tendance repérée par le site Brain rappelle le style Kawaii (mignon) destiné aux filles.

Comme pour le style Kawaii, on y retrouve des vêtements et accessoires très enfantins : de la dentelle, des couleurs pastels (avec une domination sans partage du rose) et de la superposition de matières. Ces éléments sont liés à l’univers du manga. Néanmoins, le Genderless Kei étant par définition asexué : les hommes l’ont adopté sans problème.

Des codes vestimentaires mélangés

Dans le Genderless Kei, les codes vestimentaires classiques des hommes et des femmes sont mélangés. C’est pourquoi, les garçons se teignent les cheveux, usent du maquillage à outrance quand ils ne portent pas des lentilles de contact colorées, portent des vêtements flashy et il n’est pas rare qu’ils s’appliquent du vernis à ongles.

Toman est une star Genderless Kei avec près de 23 000 abonnés sur Instagram.


En regardant cette photo, il est difficile de savoir si on a affaire à un homme ou une femme. Et cela d’autant plus lorsque les garçons, souvent pré-pubères, sont efféminés. On s’y perd complètement lorsque ces adolescents prennent des poses kawaii.

Ce style n’a rien de gay. Il s’agit de garçons qui rejettent les codes traditionnels de la société japonaise en adoptant un look androgyne extrême. Les adolescents attirent davantage l’attention des médias japonais que les femmes. L'une des stars du genre, Toman raconte sur le site Medium :

Ce que nous garçons asexués avons en commun, ce sont les cheveux flamboyants, le fait qu'on porte des couleurs, des vêtements pour dames et des chaussures à plate-forme. Il y a aussi notre esthétique sophistiquée et le fait que nous portons du maquillage. Cependant ... je ne pense pas être "un garçon asexué". Nous aimons simplement porter un style qui nous plait, c'est juste qu'il se propage.

   Quand je suis à Sendai (une métropole japonaise), les gens me regardent et se demande si je suis gay. Je pense qu'il ya des avantages et des inconvénients à cela, même aujourd'hui, mais le style est devenu si répandu maintenant qu'il va être considéré comme normal.


 


À 24 ans, Yohdi Kondo a déjà posé pour l'un plus grands magazines de mode japonais Zipper ainsi que pour WEGO. Yodhi Kohndo a fortement contribué a popularisé le style asexué. Il a même sorti un single qui je l’espère ne va pas sortir en France…

 

Le transgénérisme des podiums débarquent dans la rue

Le style Genderless va dans le sens d’une tendance qu’on observe depuis de nombreuses saisons sur les podiums : le transgénérisme. Le transgénérisme, c’est la tendance à gommer les frontières entre les genres masculins et féminins. Rappelez-vous, il y a quelques semaines,  nous abordions la jupe de Jaden Smith, le fils des acteurs Will Smith et Jada Pinkett, devenu la nouvelle égérie de la campagne femme de Louis Vuitton.


Avec cette campagne, Jaden Smith prouve qu’il est un adepte du cross-dressing.
Cross-dressing, c’est le mot anglais pour  "travestissement". C’est le fait pour un homme ou pour une femme d’emprunter au vestiaire de l’autre des vêtements "qu’il n’aurait pas le droit" de porter (on ne sait pas qui a inventé cette règle). Tu aimes porter le sweat de ton mec ? Cross-dressing. Tu aimes porter le smoking de ton mec ? Cross-dressing. Comme Jaden, tu aimes porter des jupes ? C’est du cross-dressing ou autrement dit une manière de gommer les frontières entre les genres.


Les podiums se rappellent aussi des mannequins transgenres comme Hari Nef,  un mannequin de 22 ans né homme qui défilent pour les femmes via l’une des plus grosses agences de mannequin IMG models. L’inverse est aussi possible, les exemples ne manquent pas : Casey Legler, la première femme à défiler pour les hommes ou encore Eliott Sailor qui s’est rasé la tête pour pouvoir défiler chez les Hommes

En 2016, des mannequins jouent sur les deux tableaux : on les appelle les mannequins XY et c’est le cas des japonais Genderless Kei.


Crédit photos : Medium

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