Lagos Fashion Week : être stylé avec des déchets, c'est possible !

la leçon de S(tyle) (2015-2016) Lundi 25 juillet 2016

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Lagos Fashion Week : être stylé avec des déchets, c'est possible !
Prenez le mot trash, prenez le mot fashion et vous obtenez la " trashion " : la récupération des déchets dans la production des vêtements.

Le mouvement "trashion" cartonne au Nigéria…  une fusion excentrique entre "trash" (déchet) et "fashion" (mode). Ce cocktail bizarre, repéré par Le Monde, s’installe entre la capitale, Abuja, et la mégapole Lagos. Cette mode a débarqué sur les podiums lors de la Fashion Week comme dans les rues.

Ces créations sont 100% issues du recyclage viennent concurrencer la haute couture et le prêt-à-porter. Pour les audacieux stylistes nigérians, le papier journal, les sacs de riz, les cannettes à boissons, tout est prétexte pour réinventer les vêtements.

Au-delà de la mode il y a un autre objectif à la trashion : sensibiliser à la question de l’environnement. Le mouvement « trashion » a fait ses débuts au milieu des années 2000 à New York. L’objectif : créer des produits issus dans des matières recyclées afin de lutter contre une industrie très polluante. Au Nigeria, où la mode est aussi sacrée qu’à New York ou Paris, le phénomène a encore plus de sens car Lagos est la ville la plus polluée du monde !


Les stylistes nigérians ont une sorte de prise de conscience écologiste. Ils souhaitent sensibiliser les Nigérians pour ensuite passer à l’étape supérieure : les créatrices espèrent obtenir le soutien du gouvernement pour que le recyclage soit introduit de manière organisée dans tout le pays car, même si des structures commencent à se développer : le recyclage mais ne suscite pas un intérêt massif au Nigéria. Au Nigéria, la grosse majorité des déchets est soit brûlée, soit entreposée dans des décharges, parfois récupérée au marché noir pour être alors recyclée de façon hasardeuse. 

Pour l’heure, les 180 millions de Nigérians qui forment le pays le plus peuplé d’Afrique produisent bien plus de déchets que leurs infrastructures ne sont capables de gérer. Selon un rapport de l’OMS datant mai, la métropole la plus polluée du monde est Onitsha, une ville portuaire sur la rive gauche du fleuve mais qui sait d’ici quelques temps la mode changera le monde.


  

Crédit photo : Le Monde

Article publié initialement sur Le Monde

 

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