La manie des logos

la leçon de S(tyle) (2015-2016) Mardi 01 mars 2016

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La manie des logos
Après New York Londres, Milan, la Fashion Week Haute couture débute à Paris. Je vous le donne en 1000, vous allez encore apercevoir des logos sur les podiums. Les marques font le forcing pour l'imposer à vos dressings, dès le printemps et l'été prochain.

Quand on parle de logo, on ne parle pas de la petite virgule qu’on aperçoit sur un t-shirt, ni du blason de votre équipe favorite en NBA mais plutôt de la grosse composition figurée massive qu’on aperçoit sur une tenue quotidienne.

Les marques de luxe ont décidé que le logo était le nouveau it du printemps et de l’été 2016. Chez Lanvin on retrouve le logo sur une robe du soir. Chez Loewe, le logo s'affiche sur un sweat ou sur un sac en cuir.

Chez Lacoste, le crocodile est supplanté par un gros lettrage soulignant la tenue.

Le Maître du logo : Dapper Dan

Porter des gros logos est un héritage des années 90. La décennie où le logo s’étale sur les sweat ou sur les t-shirts. Néanmoins, le maître hip hop inconstesté du logo reste Dapper Dan, le styliste de Harlem. Dans les années 80, le créateur a détourné les logos (et les imprimés) des plus grandes marques de luxe. Pour les rappeurs, le logo devient une manière d'afficher son blaze comme une marque.

 

LL Cool J, Les Fats Boys ou encore Salt-N-Pepa tous ces artistes hip hop ont acheté les tenues de Dapper Dan. Sur le site Internet Clique, Julien Gangnet rappelle que :

Certifiées Harlem, mélange d’imprimés Louis Vuitton, Gucci, Fendi et MCM et de vison, autruche, crocodile ou python, les créations de Dan sont un exemple de réappropriation, tirant vers le ready-made des surréalistes. Ses pièces sont à apprécier avec la même considération que les empilements Brillo boxes d’Andy Warhol.



On l’oublie assez vite mais le logo est une publicité, c’est l’essence même de la marque. Toutes les marques de vêtements -et plus largement celles à vocation commerciale- ont un logo, sans exception, c’est même à cela qu’on les identifie. Certaines marques, comme Nike ont même un nom "Le Swoosh".

Les années 90

Aujourd'hui, le logo est plutôt une référence à peine voilée aux années 90. Pendant les nineties, le logo devient omniprésent au même moment où la tendance streetwear explose comme le souligne le site Internet Yard :

Les entrepreneurs flairent le filon et dégainent une flopée de marques streetwear. Karl Kani, Rocawear (Jay-Z), G-Unit (50 Cent), Sean John (Puff Daddy) (...) Wrung, Bullrot, Com8 (Joey Starr), 2 High (Kool Shen) ou Royal Wear (Sully Sefil) du côté de l’hexagone. La coupe est oversize, le logo criard, le tissu moelleux. Et ça cartonne.


 


La marque FUBU a été crée en 1992 par l'entrepreneur Daymond John. FUBU a été porté par les plus grandes stars du Hip Hop comme Dr Dre (à droite sur la photo).

Dans les années 90, le logo était assumé pour deux raisons :

- Les marques sportwear et streetwear, portés quasi exclusivement par les catégories populaires, n’étaient pas aussi créatives qu’aujourd’hui. Elles prospéraient juste avec le gros logo qu’elles faisaient imprimer sur des vêtements basics.
- Porter un vêtement avec un gros logo c’était pour se la raconter parce qu’il fallait rentabiliser son investissement… enfin l’investissement de ses parents.

Qu'on se le dise, porter un vêtement avec un gros logo c’est pour se la raconter. Selon moi, c’est inutile, dénué de personnalité et surtout il n'y a aucune vision comme on dit donc dans l’absolu personne et je dis bien personne ne devrait avoir à porter un vêtement avec des logos massifs ou en trop grand nombre.

Le logo, un pari risqué

Le logo est souvent une composition graphique qu’on reconnait immédiatement - pour rappel, le logo peut aussi être une composiition sonore - il n’y a donc pas de petites touches possible sauf si évidemment il figure sur un sac par exemple.

Quoiqu'il en soit, si vous tenez absolument à en porter : ne portez pas des logos de la tête aux pieds car personne ne veut ressembler à un panneau publicitaire. La règle est simple avec un motif graphique fort, la sobriété reste de mise. Ainsi, contentez-vous de le portez avec des couleurs unies et des pièces classiques comme le jean brut ou le t-shirt blanc.


Le mélange du logo avec un autre imprimé est possible mais il reste audacieux. Une chose est sûre, si vous voulez être discret avec le logo, c’est foutu. Si vous souhaitez éviter la crise d’épilepsie, ne succombez pas à la manie des logos.

 


Crédits photos : Pochette de Salt-N-Pepa

 

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