Journée nationale de l'abolition de l'esclavage : les habits de l'esclave

la leçon de S(tyle) (2015-2016) Mardi 10 mai 2016

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Journée nationale
Aujourd’hui 10 mai, journée nationale de l'abolition de l'esclavage, revenons sur des dispositions d’un code juridique particulier…

...Ce code juridique, c’est le code noir : le code qui réglemente juridiquement, en 1685, le trafic d’esclave..On le sait moins mais ce texte juridique impose des droit et devoir à ce qu'on appellait les " propriétaires ".

Dans ce code, il y a un article qui m’a interpellé c’est l’article 25. Dans cet article on peut lire 

Seront tenus les maîtres de fournir à chaque esclave, par chacun  un, deux habits de toile ou quatre aunes de toile, au gré des maîtres 


 

Cela signifie que le Code Noir attribue au vêtement " ces deux habits de toile " une fonction sociale. L'article concerne les hommes et les femmes adultes. Les vêtements émettent des signaux, sur notre histoire, sur notre rôle social, notre situation socio-économique.

"Nous ne sommes pas né habillé " 

" Nous ne sommes pas né habillés ! " Cela parait évident mais comme le rappelle le sociologue Etienne Weber, ça signifie qu’à l’origine primitive. L'Homme a créé le vêtement comme pour avoir une seconde peau pour affronter les rigueurs de l’environnement qui nous entourent (nature hostile, variation thermique) pour l’esclave : le climat tropical.

Avec ces vêtements, l’habit de l’esclave est renvoyé à sa fonction utilitaire. Cette toile, renvoie à cet origine primitive : l’Homme noir, pas considéré, a seulement besoin d’un vêtement fonctionnant comme une seconde peau. L’Homme noir est une chose au sens où le déclare l’article 44,  cet article donne officiellement le statut de «  CHOSE » ou d’objet si vous préférez aux Hommes (avec un grand H) noirs originaires d’Afrique et déportés dans les colonies (aux Antilles, à Saint Domingue, aux îles Maurice et de la Réunion La Guyane).

Imposer ces vêtements, ces toiles c’est aussi faire fi du fastes vestimentaires des différents empires africains avant qu’ils ne soient englués dans le commerce triangulaire : on pense aux Empires égyptiens, du Ghana, du Mali, au Royaume du Bénin et évidemment aux différents peuples indigènes etc.

Avec cette règle et plus largement avec le Code Noir, il s’agissait à l’époque d’offrir un meilleur contrôle des activités et du commerce de canne à sucre. Evidemment, pour ce qui est du vêtement, la chose donna toujours lieu à moins de contestations que la nourriture ou les différentes traitements inhumains dont ont été  victimes les esclaves mais ce minimum, beaucoup de planteurs trouvaient encore le moyen de ne pas l' appliquer. 

Aujourd’hui, le vêtement à un rôle de confort, on s’habille pour être stylé. Mais rappelez-vous quand un régime, une doctrine ou quelqu’un tente de vous imposer un habit, un vêtement et bien quelque part on cherche à modifier votre position sociale dans une société car un vêtement a aussi une fonction sociale.

 



 

Crédit photo : Sénégal-online

 

 

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