" Fashion Cities Africa " : la première exposition contemporaine de mode africaine

la leçon de S(tyle) (2015-2016) Jeudi 05 mai 2016

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Depuis quelques jours la ville de Brighton, en Angleterre, abrite la première exposition contemporaine consacrée à la mode africaine : c'est déjà pas mal.

MODE - Le magazine I-D nous apprend que le Brighton Museum & Art Gallery a inauguré, il y a quelques jours, l'exposition "Fashion Cities Africa". Cette exposition consacre les styles et les choix vestimentaires des acteurs influents de la mode en Afrique. Oui ! Oui ! Oui ! La mode africaine contemporaine a le droit à sa première exposition. Qu’on soit d’accord, on ne parle pas des habits traditionnels kabyles ou soniké présentés au Quai Branly mais de bien de mode actuelle.

Cette initiative, pilotée par deux créatrices Hannah Azieb Pool et Helen Jenning, raconte le style de quatre villes africaines  : CasablancaNairobiLagos et Johannesburg. Les deux spécialistes de la mode africaine ont également  rencontré des créateurs et spécialistes pour exposer cette large gamme de vêtements venus d'ailleurs. Hannah explique dans le catalogue d'exposition :

Afin de célébrer les créateurs et artistes comme il se doit, j'ai tout fait pour souligner le fait qu'il n'existe pas une seule et même mode africaine, pas plus qu'il n'existe une mode européenne. Certaines villes africaines bougent et vibrent en ce moment, chacune répond à des influences et des esthétiques différentes, ce que reflètent les créateurs présentés. Nous avons retrouvés des thèmes récurrents chers aux créateurs, stylistes et journalistes mode qui nous ont raconté leurs frustrations, leur joie face à cette industrie grandissante… la mode est un des piliers de l'identité, une manière de prendre des risques et d'incarner une époque et une énergie


 


La mode actuelle

Vous pourrez y découvrir des tissus, des matières, des photographies, des peintures et des films. C'est le cas des tenues d’Adebayo Oke-Lawal, à Lagos, avec sa marque Orange Culture. Cette marque est destinée aux hommes et s’inspire de la culture nomade. Ses pièces commencent à s'exporter en dehors des frontières africaines.

Ce nom ne vous dit rien mais ça va peut-être bientôt changer parce qu’il a été sélectionné pour le prix LVMH. Le lauréat du Prix LVMH se voit offrir une bourse de 300 000 euros et une aide personnalisée au développement de son entreprise par une équipe d’experts dédiée au sein du Groupe de luxe pendant un an.

A Nairobi, faites place à la récupération. En Europe, on ne sait pas quoi faire de nos vêtements usés et souvent on les met dans des bennes. La majorité de ces vêtements débarquent au Kenya ou ailleurs en Afrique et sont récupérés pour créer d’autres fringues. Cette pratique, est celle du Mitumba (comprendre la récupération ). Deux blogueurs Velma Rossa et Papa Petit, plus connus sous le nom de 2ManySiblings ont transformé cette pratique de la récupération de fringues en une forme d'art. 

Et pour Casablanca, le caftan ou la tenue traditionnelle est à l’honneur.

Un secteur voué à exploser

Depuis près de dix ans, l’industrie de la mode africaine ne fait que grossir. Ajoutez à cela la mondialisation et les réseaux sociaux et vous obtenez un marché de la création en Afrique en pleine expansion. En Afrique subsaharienne, le marché de la chaussure rapporterait près de 31 milliards de livres sterling (selon Euromonitor). Lorsque l'on sait que plus de 70% de la population du continent a moins de 30 ans, le futur de la création semble particulièrement bien parti pour exploser.

Pour profiter de cette exposition, mettant à l’honneur la culture africaine, il va falloir prendre votre petit billet direction l’Angleterre ou pourquoi pas aller direct à Lagos, Nairobi, Casablanca ou Johannesburg car le moins que l'on puisse c'est que l'Afrique, c'est le futur. 


Sources : I-D et Hafed El Puma

Crédits photos : " Fashion Cities Africa"

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