Yes we code !

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 05 novembre 2013

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YES WE CODE !
Dans la Silicon Valley, l'ingénieur de la tech' est souvent jeune, surdiplômé et blanc ! La diversité est l'un des gros problèmes des entreprises du net. Pour corriger le tir, un "hackathon" destiné en particulier aux jeunes afro-américains était organisé dans la ville d'Oakland, berceau des Black Panthers !

 

C'était en décembre dernier. Barack Obama, conscient des inégalités liées au secteur de la haute technologie, adressait un message à la nation. Et en particulier aux jeunes Afro-américains. "Apprenez à coder", leur conseille le président américain :

 

 

© Olivier Mirguet/Agence Vu

 

Les inégalités dans la Silicon Valley, liées à l'origine sociale ou à la couleur de peau sont une réalité. Selon les chiffres de la société à capital risque CB Insights, à peine 1 % des start-ups sont créées par des Afro-américains.

 

 

La raison ? Essentiellement, une question d'accès à l'éducation, aux outils et aux réseaux professionnels selon plusieurs associations. A Oakland par exemple, en banlieue de San Francisco, un jeune noir qui n'a pas suivi de cours à Stanford aura plus de mal à décrocher un poste chez Google ou Facebook.

Pour tenter d'ouvrir des portes à ceux qui les trouvent trop souvent fermées, un "hackathon" était organisé récemment dans la ville qui a vu naître les Black Panthers. 

 

 

Le reportage de Benjamin Illy au "Hackathon" d'Oakland :

Séance de brainstorming au hackathon d'Oakland © Olivier Mirguet/Agence Vu

 

Pendant trois jours, Oakland se transforme en boîte à cogiter. Des centaines de jeunes (notamment afro-américains) ont pu phosporer sur une idée d'application mobile, ou un éventuel site web, aidés dans leur cheminement par des mentors, souvent des ingénieurs confirmés travaillant pour les plus grandes entreprises de la Silicon Valley.

Dans de grandes cubes vitrés, noircis de post-it, ces geeks programment nuit et jour. Ils gribouillent sur les murs, font et défont leur projet. Certains ont l'air crevé, et complètement happé. Un bout de pizza, et ça repart !

 

Génération YES WE CODE © Olivier Mirguet/Agence Vu

 

Parmi ces geeks en baggy, il y a Brandon Greene, 31 ans. Il tente de finaliser une application nommée Second Chance, destinée aux anciens détenus en voie de réinsertion. Il s'agit d'une carte interactive affichant les noms et adresses des entreprises qui se déclarent prêtes à embaucher une personne avec casier. Le hackathon est la bonne occasion pour lui d'accéder à des ressources inespérées :

J'ai beaucoup d'idées, mais je n'ai pas les outils pour les développer moi-même et c'est très frustrant, car la plupart du temps je ne sais pas où aller pour trouver les personnes compétentes, sans avoir à payer.


 

Brothers of code ! © Olivier Mirguet/Agence Vu

 

Parmi les associations partenaires de l'événement d'Oakland, il y a Black Girl Code. Kimberly Bryant, la présidente de cette ONG fondée à San Francisco, veut former d'ici 2040 un million de jeunes collégiennes afro-américaines au maniement du code informatique :

Moins de 1 % des starts-ups sont actuellement dirigées par des femmes de couleurs. Souvent on dit que la Silicon Valley fonctionne à la méritocratie. Cela peut paraître correct mais la méritocratie concerne les gens qui ont déjà les outils ou les réseaux pour ouvrir des portes. Je suis complètement d'accord avec ce qui dit le président Obama. Notre objectif est énorme, mais si on y arrive, on sera capable de changer le visage de la haute technologie !


 

Kimberly Bryant, présidente de Black Girl Code © Olivier Mirguet/Agence Vu

 

Les autres reportages de la série "Ma Silicon Valley va craquer", à écouter ICI


Reportage : Benjamin Illy, Le Mouv'  -  Photo de couverture © Olivier Mirguet / Agence Vu


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