Y'en a marre

Le 12-13 Vendredi 31 mai 2013

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Y'en a marre
Philippe Dana et Laurent Kramer reçoivent Audrey Gallet pour son documentaire Boy Saloum: la révolte des y'en a marre, diffusé sur France Ô.

Boy Saloum: la révolte des y en a marre, un documentaire d'Audrey Gallet diffusé sur France Ô à 21h50 le vendredi 31 mai.

Las de la corruption, du chômage, des petits boulots et des fausses promesses, Thiat et Kilifeu, deux adolescents sénégalais comme tant d'autres, décident d'exprimer leur colère par la musique. En 1996, au moment des révoltes étudiantes, ils fondent à Kaolack, dans leur cité natale, un groupe de rap qu'ils baptisent «Keurgui», la maison en wolof, et s'appuient sur leur notoriété pour porter le flambeau de la contestation politique. Avec leur amie Denise Safiatou et le journaliste d'investigation Fadel Barro, lui aussi originaire de Kaolack, les deux «frères» fondent en 2011 le mouvement Y'en a marre. Leur objectif : barrer la route à Abdoulaye Wade, qui brigue un troisième mandat au mépris de la Constitution. Quelque mois plus tard, le mouvement, suivi par la majorité de la population, obtient la défaite du président.

La critique du documentaire par Le nouvel observateur.

Au départ, ce n'est jamais que l'histoire de deux jeunes Sénégalais qui trouvent dans le rap un bon moyen d'échapper au carcan familial, de scander leur mécontentement, de soulager à l'unisson leurs coeurs des souffrances jusque-là enfouies. Ainsi, courant 1996, Thiat et Kilifeu fondent le groupe Keurgui (qui signifie « la maison ») dans la ville de Kaolack, la deuxième du Sénégal. Une ville qui, en apparence, vit paisiblement du commerce du sel et de l'arachide. En apparence seulement, parce qu'ici les habitants ont la contestation dans le sang.

Thiat et Kilifeu en sont les exemples. Leurs morceaux dénoncent les inégalités, les injustices et, plus globalement, tout ce qui cloche dans la société sénégalaise. Au bout d'un moment, parce que le seul public de Kaolack ne leur suffit plus, ils montent à la capitale, comme on dit. Dakar, nous voici ! Les deux compères continuent de répandre leurs paroles assassines qui fustigent le pouvoir : « A qui confier notre Sénégal ? / On cherche depuis longtemps mais les dirigeants continuent de nous terroriser / Alors, le pays se lève et dit ça va mal. » La personne qu'ils visent se trouve au sommet de l'Etat. Ils l'appellent « le vieux », plus rarement Abdoulaye Wade. La jeunesse du pays l'a pourtant élu, en 2000, à la tête du pays, pour se débarrasser de son prédécesseur, Abdou Diouf. Le changement, c'est maintenant leur avait-il promis en substance. Leurs espoirs, comme la plupart des espoirs, ont été vite déçus. A partir de 2011, « le vieux » est l'homme à abattre. Le groupe Keurgui, qui depuis trois ans déjà se fait largement entendre, rencontre Fadel, journaliste d'investigation à l'hebdomadaire « la Gazette », qui dénonce la corruption de Wade et de son gouvernement. On n'imagine pas à quel point la rencontre entre ces deux rappeurs et le journaliste va être explosive. (Lire la suite sur le site du Nouvel Obs).

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