Visa for music, une autre idée de l'Afrique

La Pop au carré Lundi 17 novembre 2014

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Visa for music, une autre idée de l'Afrique
Comment permettre aux musiques africaines de mieux s'exporter dans un contexte de crise économique, sécuritaire et d'instabilité politique ? C'est l'ambition de Visa For Music à Rabat au Maroc. Quatre jours de rencontres entre artistes, producteurs et directeurs de festivals.

Youssou N'Dour, Ali Farka Touré, Salif Keita... Vous avez forcément un disque ou deux de ces artistes estampillés world music. Propulsés sur le devant de la scène dans les années 90, ils sont aujourd'hui moins présents.

Nouvelles tendances, fin de l'effet de mode, le recul des musiques africaines a aussi des raisons plus prosaïques.

Abou Diarra, bluesman malien et son N’Goni © Sébastien Sabiron


D'une part la crise économique contraint les organisateurs de concerts et de festivals à rogner sur les frais de transport. Dès lors, vu le prix des billets d'avions, difficille de faire venir jouer à Paris tout un groupe de musiciens gnawa ou nigériens.

Pas de visa, pas de musique

D'autre part, l'instabilité de certains Etats africains rend la circulation des musiciens de plus en plus compliquée. Nombreux sont ceux qui doivent payer pour obtenir ne serait-ce qu'un visa de sortie de leur pays. D'où le choix du nom de l'événement : Visa for Music, qui vise à rapprocher les artistes africains et les diffuseurs du monde entier

Le Théâtre Mohammed V, qui accueillait Visa for Music © Sébastien Sabiron


Pour cette première édition, soutenue par le gouvernement marocain, tout ce beau monde s'est retrouvé du 13 au 15 novembre dans le centre ville de Rabat, notamment pour des "speed meetings". Dix minutes pour convaincre et échanger ses cartes de visite.

Luís Fernandes (à gauche), de l'association portuguaise d'Orfeu, en plein meeting © Sébastien Sabiron

    
Bernard Aubert est le fondateur de la Fiesta des Suds et de Babel Med Music à Marseille. En grand connaisseur des musiques du monde, il déplore les difficultés administratives qui empêchent les scènes africaines de rayonner au delà de leurs frontières.

Pour lui, ces scènes sont à l'avant-garde et le stéréotype du "bon sauvage qui fait de la musique en pagne"  est à bannir définitivement :


Bernard Aubert © Sébastien Sabiron


Face aux difficultés à s'exporter en occident, les nouvelles générations de musiciens africains se tournent de plus en plus vers leur propre continent. Ils rêvent de conquérir un marché encore embryonnaire, mais potentiellement énorme (450 millions d'auditeurs potentiels).

Figure tutélaire du hip hop congolais, le rappeur Lexxus Legal milite pour la structuration du marché, la libre circulation des musiciens et la mise en place d'un véritable modèle économique. Il se décrit comme un "rappeur campagnard" et se refuse à singer le rap occidental.

Selon lui, la jeune génération a tout à gagner à affirmer son identité et ses racines africaines :

Lexxus Legal © Sébastien Sabiron


Reportage, photos : Sébastien Sabiron

 



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