Victor Pavy

Rodéo sur Le Mouv' Mardi 07 mai 2013

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Victor Pavy
Aujourd'hui Rodéo reçoit Victor Pavy en session acoustique, l'un des secrets les mieux gardés de la scène indie-rock parisienne !

 

Victor Pavy


Ayant acquis au cours des dernières années une riche expérience en groupe et en solo, ayant écumé de nombreuses salles parisiennes (l’Élysée-Montmartre, la Fleche D’or, la Maroquinerie, etc.) mais aussi en province et aux Etats-Unis (Nashville, la Californie), Victor Pavy a construit peu à peu son style et affuté ses formidables chansons pendant de nombreuses années avant de les fixer définitivement sur bande sur ce qui constitue aujourd’hui son premier album.

Comment définir la musique de Victor Pavy pour ceux qui ne l’auraient pas encore écoutée ? Le premier mot qui vient à l’esprit est « classicisme ». Alors que nombreux sont les groupes qui cherchent à coller à l’air du temps, à donner à leurs chansons des arrangements à la mode, gorgés d’effets de réverbération et de délais, faignant de sonner « lo fi » ou « garage », Victor Pavy aime les lignes claires, les guitares boisées, les respirations et les arrangements subtils qui soulignent les mélodies et ne viennent jamais les percuter sans une bonne raison pour cela. Il rappelle en ce sens une époque désormais révolue où le rock indépendant ne portait ce nom que parce qu’il disposait de moyens limités et se faisait dans un enthousiasme non entamé par la recherche du succès ou l’envie d’être cool en se complaisant dans une stratégie de niche. Si Victor Pavy avait enregistré ses chansons en 1973, il aurait certainement voulu être signé sur Asylum, le label de Joni Mitchell, de Tom Waits et du sublime Planet Waves de Bob Dylan, témoignage d’une époque où la qualité musicale n’empêchait pas la réussite commerciale. En fait s’il fallait ne citer parmi les nombreuses influences de Victor Pavy qu’une figure tutélaire, il faudrait citer Luke Haines, le leader des Auteurs, avec lequel il partagea un soir la scène de la Maroquinerie – Haines, l’un des plus grands songwriters des années 90, qui n’a eu de cesse de décrire dans des chansons sincères et habitées les dérives de la célébrité et du star system, tout en décrivant la réalité sociale de son pays.

Toutefois, cette profession de foi aurait moins d’intérêt si les morceaux de Victor Pavy n’étaient pas avant toute chose de très bonnes chansons. « Awake » et « Silver Into Gold » transportent au gré de mélodies lumineuses et entêtantes une mélancolie douce-amère. Ailleurs, sur « Greek Garden », la voix se fait profonde, le discours plus grave. Le caractère épique de « Waves » et « Waiting for the Fall » sonne comme une évidence. Ces chansons semblaient exister quelque part dans leur propre univers et Victor Pavy ne semble pas tant les avoir composées que les avoir exhumées d’un recueil regroupant les classiques de l’histoire de la musique pop. Nous avions furieusement besoin de les entendre et nous le savions même pas. Tout à tour britannique ou américaines dans leurs influences, les chansons de Victor Pavy charrient avant tout des émotions personnelles, nourries par une éducation sentimentale que l’on imagine chaotique et une sensibilité à fleur de peau, que sa voix communique avec fragilité et sans maniérisme. Elles vous toucheront sans doute comme elles ont déjà bouleversé les quelques chanceux qui les ont déjà entendues. Bonne écoute.

Source : A Quick One Records

 

En concerts :

Mercredi 8 mai – L’International (Paris)

 

 

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