Vers la fin de l'université de proximité ?

Le 7-9 Mercredi 02 octobre 2013

Réécoute
Vers la fin de l'université de proximité?
La Présidente de l'Université de Montpellier menace de fermer l'antenne de Béziers à la fin de l'année faute de moyens suffisants. Anne Fraïsse entend alerter l'opinion sur les dysfonctionnement de la loi LRU. Mais le ministère se veut rassurant.

 

Le pavé dans la mare n'est pas passé inaperçu. Le 17 septembre en pleine rentrée universitaire, Anne Fraïsse, Présidente de l’université de Montpellier annonce la fermeture probable de l'antenne de Béziers en 2014. Une antenne en déficit chronique depuis trois ans.

Je dois, cette année trouver 3,5 millions d'euros pour équilibrer le budget. Et comme les étudiants du campus de Béziers sont les plus coûteux, j'ai proposé de fermer les huit licences, en étant bien consciente que nous trahissons notre mission sociale.


Anne Fraïsse / DR
 
Si ce scénario se réalise, les 700 étudiants de Béziers devront s'exporter à Montpellier, à 60 km, dès la rentrée 2014. Double peine : ils seraient choisi par tirage au sort, l'effectif enseignant de Montpellier ne permettant pas d'accueillir un tel surplus d'étudiants.
 
 
Geneviève Fioraso © Epicureweb




Deux jours plus trad, Geneviève Fioraso tente d'éteindre l'incendie. La Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche évoque une dotation en hausse et 13 créations de postes à  Montpellier.

Et renvoie la balle aux gestionnaires de l'Université :





J'observe que, dans les universités en difficultés, ce sont toujours les mêmes causes qui produisent un déficit : trop de recrutements [...] et une offre de formations trop foisonnante : il y a, par exemple, 160 masters à Montpellier 3 [...] Si les universités se débrouillent bien, elles peuvent faire des économies. Les moyens sont là.


Question de gestion ?

A travers cette annonce, Anne Fraïsse met l'accent sur les difficultés générées par la loi LRU sur l'autonomie des universités. Depuis 2007, les présidents d'universités sont seuls gestionnaires de leur budget, jusqu’alors géré par l’Etat.

Mais à l'heure des premiers bilans, il semblerait que cette nouvelle donne nuise à l'offre de formation. Chaque année, les présidents cummulent les déficits. Conséquence depuis 2012, la rigueur s’installe avec des fermetures de formations, le non-renouvellement de postes, la mutualisation de cours. Et pour la première fois, une menace de fermeture à Béziers.

ann Bisiou, vice-président de l'Université de Montpellier, face aux étudiants de Béziers © Pierre Saliba

 
Ces antennes universitaires locales permettent pourtant une offre plus variée et un meilleur maillage territorial : 20% des étudiants français y sont inscrits. Les taux de réussites sont supérieurs de 10 à 15% à la moyenne nationale.

La rigueur sonne t-elle le glas de l'université de proximité ? La loi LRU est-elle contre productive ?

Pour répondre à ces questions, Benoit Bouscarel reçoit :

  • Marie-Pierre Amblat, président de l’Iliade, association des étudiants de Béziers
  • Sarah Bouvard, présidente de l’UNEF Chambéry
  • Antoine Sénaux, président de l’UNEF Artois de Douai
  • Loïc Grard, professeur de droit à l’université de Bordeaux

 

Retrouvez tous les jours la Matinale du Mouv', de 7h à 9h, présentée par Benoît Bouscarel, et laissez vos commentaires en direct sur Facebook et Twitter (@matmouv).

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