Varsovie #4: Matan Shefi, portrait d'un Israélien-polonais

Mouv'In Europe (2014-2015) Jeudi 20 août 2015

Réécoute
Varsovie#4: Matan Shefi : portrait d'un Israélien-polonais
La Pologne est pour beaucoup synonyme de camps d'exterminations, de la persécution des Juifs par les nazis. Pourtant, malgré l'histoire, et c'est rare, un jeune Israélien a décidé de venir vivre dans le pays où une grande partie de sa famille a été tuée. Il s’appelle Matan Shefi.

Matan Shefi, 30 ans, se débrouille maintenant plutôt bien en polonais. Cela fait deux ans qu'il habite à Varsovie. Il fait partie des 1700 membres de la communauté juive de la ville. Ils étaient 350 000 avant la Seconde Guerre Mondiale. 

Mon grand-père et ma grand-mère sont nés à Varsovie. Du côté de mon grand père, personne n'a survécu à la Seconde Guerre Mondiale et celui de ma grand mère, une seule soeur a survécu à l'holocauste...



Après la guerre, les Juifs encore en vie ont choisi de quitter le pays pour émigrer vers Israël. C'est ce qu'ont fait les grands-parents de Matan avec sa mère, toute petite à l'époque. Lui, a décidé de revenir.

Mais comment peut-on vivre à l'endroit où sa famille a été exterminée ? 

 Pour les Juifs en général, la Pologne est le pays que l'on associe à l'holocauste, donc quand on pense à ce pays on y pense en mal. Mais je voulais me faire mon propre avis, mon propre ressenti.

L'holocauste est une tragédie oui , mais ce sont les Allemands qui ont commis ces crimes et c'est contre eux qu'on doit être en colère, pas contre la Pologne. De toute façon ce n'est pas à moi de juger.


 

Il avait déjà fait un premier voyage quand il était à la fac :

Quand je suis venu ici en Pologne pour la première fois, c'était dans le cadre d'une rencontre entre étudiants allemands, ukrainiens, juifs et polonais. J'avais ce sentiment d'être un peu chez moi à la maison car je connaissais déjà quelques phrases, la mélodie de la langue, la cuisine mais en même temps je savais que je n'étais pas chez moi 


 

C'est sa petite amie qui a insisté pour travailler et rester vivre en Pologne. Au début Matan n'était donc pas en quête de son identité:

Je ne me suis pas posé de questions mais après c'est devenu intéressant de découvrir mes racines, ma culture pour comprendre ce que veut dire "venir" de Pologne.



Aujourd'hui, c'est lui qui aide des personnes à la recherche de leurs origines. Matan travaille à l'institut historique juif dans le département de généalogie. La communauté est encore très petite mais de plus en plus de jeunes Polonais découvrent qu'ils sont juifs. Souvent un secret révélé par leurs grands-parents sur leur lit de mort.

 Les gens font des recherches sur ce qu'était la vie de leurs ancêtres avant la guerre. Moi, je les aide à trouver des traces de leur famille, leurs origines.


 

Pour ça, ils peuvent aussi se rendre au musée de l'histoire des juifs polonais sur l'ancien ghetto de varsovie. Ou encore aller manger au hummous bar ou au Tel Aviv Café. Et pourquoi pas s'inscrire au "Makabi Warsaw" le club de foot juif d'avant-guerre ressucité par des jeunes Polonais il y a un an. 

 

 


 

Un reportage par Farida Nouar

Crédit photo : Farida Nouar 

Commentaires