Varsovie #3: Razem, l'engagement politique des jeunes Polonais

Mouv'In Europe (2014-2015) Mercredi 19 août 2015

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Varsovie#3: Razem, l'engagement politique des jeunes polonais
Qui a dit que les jeunes polonais ne s’intéressaient pas à la politique ? A Varsovie, nous avons rencontré une jeunesse qui s'engage. Kinga, Radoslaw et Maciej ont choisi de militer pour un tout nouveau parti : RAZEM. Ils veulent changer la politique de leur pays.

Razem - qui signifie "ensemble" en polonais - a été créé en mai dernier. Tendance : gauche contestataire. Pour Maciej, le gouvernement polonais n'est pas légitime :

Nous n'avons pas confiance en ce pays et ce gouvernement. Il n'y pas de représentants des travailleurs dans notre parlement. Les politiciens ne travaillent que pour leurs profits et pas pour les gens qui les ont élus.


 

 

Maciej, jeune militant de Razem, par Farida Nouar

 

Pour les partisans de Razem, la victoire surprise de la droite conservatrice aux présidentielles il y a quatre mois a été un signal. Les Polonais ont sanctionné le parti Plateforme civique (PO), au pouvoir depuis presque huit ans parce qu'ils veulent du changement. De plus, la gauche polonaise est en déclin.

Kinga, 26 ans, fait partie des militants qui ont créé RAZEM. Pour elle il y a une place à prendre :

Nous pensons que c'est un moment unique dans l'histoire de la Pologne. C'est la première fois depuis la chute du communisme qu'il y a un tel vide à gauche. Elle n'a jamais vraiment été forte mais nous croyons que c'est maintenant qu'il faut recréer quelque chose à gauche.


 

 

Kinga, 26 ans, fait partie de ceux qui ont crée Razem / Farida Nouar

 

300 membres actifs à varsovie, 10 000 dans tout le pays. Les militants de Razem sont de plus en plus nombreux. Des étudiants, des professeurs, des chômeurs... Leurs revendications : plus de services publics, l'accès à la santé, au logement. Pour Kinga, le système politique polonais n'est pas en phase avec la société.

 

Dans les années 90, l'inflation qui a suivi la chute du communisme était trop forte et les gens ne pouvaient même pas s'acheter à manger. Donc, le gouvernement, au lieu de penser à des politiques publiques, a investi  des millions de zlotys dans des magasins discount au lieu de donner aux gens du travail et une sécurité sociale. Ils n'ont jamais résolu les problèmes pour de bon mais seulement trouvé des solutions temporaires.


 

Pourtant la Pologne connait une croissance continue, le chômage est en baisse. Mais les jeunes sont les plus touchés avec plus de 20% d'entre eux sans emploi. Conséquence : beaucoup choisissent de quitter le pays pour trouver du travail à l'étranger et éviter de signer des "umowy smieciowe" , des contrats précaires très répandus et mal payés. Radoslaw, 24 ans, les connait bien:

En fait c'est les seuls contrats que je connais. On les appelle "les contrats poubelles" parce qu'on n'a aucun droit à la sécurité sociale.

Je ne peux pas aller chez le médecin, je n'ai pas d'emploi fixe et je pense que ma situation est la même pour beaucoup de jeunes de ma génération. En fait le droit des travailleurs est vraiment limité.


 

Radoslaw, 24 ans veut plus de protection sociale / Farida Nouar

 

Prochain objectif pour RAZEM : obtenir un maximum de signatures pour présenter une liste pour les élections législatives cet automne.

 

 


 

Crédit photo : Facebook Razem

 

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